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Depuis un certain temps, et cela, après les élections législsatives et presidentielle de 2007, on assiste à un farouche combat de clans au sein du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME). Surtout quand on sait que comme le stipule la Constitution actuelle, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, ne peut plus se présenter une troisième fois.

Ce qui laisse, du coup, laisse entrevoir de rudes batailles de positionnement entre les partis politiques et les associations, chacun tenant à ratisser large pour les présidentielle et législatives de 2012. Ainsi, tous les moyens et stratégies sont bons pour gagner le plus grand nombre d’électeurs à sa faveur.

Toutes les associations de l’intérieur et de l’extérieur sont donc sollicitées pour la cause. Parmi ces associations de l’extérieur, c’est le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur qui se trouve au centre du débât. Cela n’est guère une surprise quand on sait qu’il existe une importante colonie de Maliens à l’étranger, qui constitue un solide soutien électoral.

Rappelons que pour resencer le nombre exact des Maliens de l’extérieur, les autorités maliennes avaient décidé de créer une association qui les regroupe. Ainsi, l’idée fut émise, nourrie et débattue pour aboutir à la création du H.C.M.E. Avec son caractère consultatif, mais apolitique, cette association a permis une gestion plus fluide et non contraignante de tous les Maliens vivant à l’extérieur. Ce qui a permis à ces derniers de participer activement au développement du pays.

Avec l’avènement démocratique, le vote a été ouvert aux Maliens de l’étranger aussi. C’est ainsi que des bureaux régionaux ont été été installés dans 66 pays de l’extérieur. Parmi ces pays, il existe des pays à forte concentration d’une colonie malienne. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, de la France et des Etats Unis. Ce qui fait qu’à chaque renouvellement des instances de base, on assiste à d’énormes difficultés.


La politisation du H.C.M.E.

Déclaré non politique, le HautConseil des Maliens de l’Extérieur est en passe de devenir un fournisseur d’électeurs pour les partis politiques. Surtout qu selon nos sources, en 2012, ces partis entendaient venir au pouvoir en présentant leurs candidats. A moins qu’un indépendant ne surgisse à la dernière minute.

Du coup, la crise actuelle qui règne au sein du H.C.M.E n’est plus une surprise, surtout que les deux parties en conflit sont en train de s’accuser mutuellement. Pour les uns, la plus grande partie du camp adverse milite dans les partis politiques au Mali.

Selon eux, ces gens veulent s’accaparer le HCME à des fins électorales pour gagner les législatives et présidentielle de 2012. Une manière, pour eux, d’obtenir des places et fonctions juteuses, pour leurs propres intérêts. Aussi accusent-ils le camp d’en face de refuser de quitter les instances du H.C.M.E. alors qu’ils ont fini leur mandat.

Ainsi les deux camps -le premier dirigé par Abderhamane Chérif Haïdara, et le second camp, par Makan Sidibé se disputent aujourd’hui la légitimité du H.C.M.E. Et chaque camp y est allé de ses arguments et explications pour tenter de convaincre l’opinion malienne, ainsi que la diaspora. C’est ainsi que les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité de la mauvaise gestion des fonds du Haut Conseil, ainsi que du mauvais fonctionnement de l’association.

Pourtant, les textes et les objectifs sont clairs, depuis la création du H.C.M.E. en 1991. L’association avait pour mission de cultiver et d’entretenir l’esprit de solidarité et d’entraide entre tous les Maliens de l’extérieur, sans distinction de race ou d’appartenance politique. Ce qui fait que tous ses membres sont soumis à l’achat de cartes de membres avec des montants fixes.


L’Etat doit prendre ses responsabilités

Face au cafouillage qui se dessine, l’Etat doit intervenir pour ramener les deux camps à la réalité et au respect des textes du Haut Conseil. Selon les textes, on ne peut prétendre diriger les Maliens de l’extérieur étant installé à Bamako, et surtout, en n’ayant pas été élu par la base d’un quelconque pays de l’extérieur. Surtout que le Haut Conseil est composé de tous les Maliens appartenant ou non à des partis politiques.

Afin d’être fidèle à la recommandation de l’esprit du H.C.M.E., il s’agit d’exhorter tous les Maliens de l’étranger à penser à la mère patrie, en épargnant et en investissant dans leur pays. Et surtout, en participant à l’élaboration d’une politique adéquate de retour, d’insertion et de réinsertion des Maliens de la diaspora. L’Etat doit pousser les deux camps au respect des statuts et règlements de l’association , et ne pas permettre aux uns et aux autres d’utiliser le H.C.M.E. comme un instrument politique.

L’unité et la concorde doivent donc revenir au sein du H.C.M.E. afin que l’organisation puisse être reconnue comme une association d’intérêt public, et que cette maison dite “Maison des Maliens de l’extérieur” puisse être mis en place pour le bonheur de tous les Maliens de la diaspora.

Sadou BOCOUM

14 Juillet 2008