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Le président de la République, dans sa lettre de cadrage adressée au Premier ministre, en octobre 2002, et actualisée en mai 2004, a défini les assises et repères de l’action gouvernementale, conformément à la vision qu’il a proposée à ses compatriotes à savoir : assurer le bien-être des Maliens et faire du Mali un modèle de bonne gouvernance.

On se rappelle que cette lettre de cadrage a servi de support pour l’élaboration de la Déclaration de Politique Générale que le gouvernement a présentée devant l’Assemblée Nationale au mois de juin 2004. Il s’agissait ensuite pour le Premier ministre, de traduire, en programmes d’action pour la période 2004-2007, cette Déclaration de politique générale.

C’est ainsi que l’action économique du gouvernement a été placée sous le signe du maintien du pays sur le sentier de la croissance économique, condition indispensable pour reculer les limites de la pauvreté dont souffre une frange importante de nos concitoyens.

Mais globalement, le déficit pluviométrique, l’invasion acridienne, les tensions sociopolitiques dans la sous-région (plus de 70% des marchandises maliennes transitaient par le port d’Abidjan), ont fait chuter le taux de croissance à 2,0% en 2004 contre une prévision initiale de 4,7%.

Les efforts du gouvernement

Pour juguler ces problèmes qui menaçaient dangereusement la stabilité économique du pays, le gouvernement a sorti la grosse artillerie.

S’agissant de l’invasion des criquets pèlerins, en rapport avec les partenaires techniques et financiers, le gouvernement a pu mobiliser 6,4 milliards de Fcfa dont 640 millions de contribution nationale.

Cette campagne, de l’avis des experts, a permis de limiter l’impact conjugué du déficit pluviométrique et de l’invasion acridienne sur la production céréalière.

Malgré cette intervention, le pays était sous menace de la famine. Ainsi, pour faire face au déficit céréalier, le gouvernement a procédé à des distributions alimentaires gratuites de 9,146 tonnes de mil-sorgho dans 83 communes en novembre 2004.

Une nouvelle campagne de distribution gratuite a été lancée le 9 mai dernier et concerne 20.993 tonnes. A ceux-ci s’ajoute la mise en place de banques de céréales pour 300 tonnes de riz.

Aussi, le gouvernement a autorisé l’importation de 60 000 tonnes de riz exonérés de TVA et la mise en place de 15 000 tonnes d’aliments bétail également exonérés de TVA. Ces opérations, faut-il le rappeler, ont coûté au budget national 1,4 milliard de Fcfa.

Face à la baisse subite des cours mondiaux, l’on remarquera que le gouvernement a maintenu les prix aux producteurs au niveau initialement fixé à 210 Fcfa le Kg. Cette marque de solidarité est supportée par le budget national à hauteur de 38 milliards de Fcfa.

Par rapport aux conséquences de la hausse des prix des hydrocarbures, l’Etat a pu éviter une spirale inflationniste du fait des efforts consentis sur la fiscalité à telle enseigne que le manque à gagner pour les finances publiques s’élève à 6,1 milliards de Fcfa en 2004 sans oublier la subvention au titre du gaz butane pour 600 millions de Fcfa.

Nonobstant ces handicaps, le gouvernement a atteint les objectifs en recettes fixés dans le cadre du programme économique et financier soutenu par les partenaires techniques et financiers et s’est acquitté de toutes ses obligations courantes (paiement de la dette extérieure, des salaires, amélioration des salaires revalorisation des pensions des travailleurs affiliés à la CRM (caisse des Retraites du Mali) avec une subvention qui est passée de 8 milliards de Fcfa (2003) à 17 milliards Fcfa (2004)).

A ceux-ci s’ajoutent certaines réalisations : aménagements hydro agricoles, création de la Compagnie Aérienne du Mali (CAM-SA), de la Société d’assistance aéroportuaire (ASAM-SA) et de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (AGEROUTE), extension du réseau TV-FM, 10 000 nouveaux abonnés raccordés au réseau électrique, extension de la fibre optique à certaines villes de l’intérieur.
Que nous réserve 2005 ?

Le gouvernement que dirige Ousmane Issoufi Maïga est conscient de la nécessité de mesures urgentes de relance. C’est pourquoi, il est déterminé à soutenir la consommation à travers l’amélioration du circuit de paiement des dépenses publiques, l’Etat étant un acteur important dans la demande globale de l’économie.

Selon nos informations proches de la Primature, du milieu économique et des experts, 2005 sera une année consacrée au regain de l’activité économique. Un taux de croissance de 6% est attendu.

L’inflation devrait être inférieure en 2005 à la norme de l’UEMOA qui est de 3%. Pour cela, le gouvernement espère sur le retour des conditions climatiques favorables, gage d’une augmentation de la production agricole ; de la relance de la production d’or en rapport avec le démarrage de deux mines d’or (SOMILO à Loulo dans la région de Sikasso et TAMICO à Tabakoto dans la région de Kayes) ; du démarrage d’un certain nombre d’unités industrielles telles que BATEX-CI (ex-ITEMA), Eurolait Mali ; de la poursuite du programme de modernisation et d’extension de la branche des télécommunications.

L’investissement privé ne sera pas en reste. C’est dans ce cadre que se situent les rencontres entre opérateurs économiques et institutions financières qui ont débouché sur un plan d’actions pour lever les principales contraintes de financement de l’investissement.

Pour Pinochet, il s’agira d’intensifier la mise en oeuvre des mesures macro-économiques et structurelles en vue de réduire la vulnérabilité de notre économie aux chocs exogènes.

En la matière, il doit poursuivre la mise en oeuvre des programmes économiques et financiers appuyés par les partenaires techniques et financiers au plan économique ; et au plan sectoriel, d’accélérer la réalisation des programmes d’aménagements hydro agricoles ainsi que le modernisation de notre agriculture, de poursuivre le désenclavement intérieur et extérieur du pays, de poursuivre la réduction des coûts des facteurs de production, d’assurer la disponibilité des services sociaux de base de qualité (santé, éducation, eau potable, logement décent, emploi, etc.) afin de répondre à la demande sociale latente.

Tout cela exige un climat de stabilité sociopolitique et de bonne gouvernance qui caractérise notre pays. C’est à ces deux aspects que Pinochet et ATT doivent s’atteler.

Issiaka Sidibé

1er juin 2005