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Le Fonds monétaire international (FMI) a rendu publique lundi l’édition d’avril 2009 du rapport « Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne ». Le Fonds appelle à « laisser les monnaies se déprécier ».


« La crise mondiale a un effet sensible sur la région, qui s’exerce par plusieurs canaux. La demande d’exportations africaines a diminué et les cours de la plupart des produits de base ont baissé. Le resserrement du crédit à l’échelle mondiale ainsi que l’aversion au risque des investisseurs ont entraîné l’inversion des flux d’investissements de portefeuille, découragé l’investissement étranger et rendu plus coûteux le financement du commerce.

En outre, un recul des envois de fonds des travailleurs émigrés est envisageable. Jusqu’à présent, l’impact de la crise sur les systèmes financiers de la région a été limité, mais le ralentissement économique va vraisemblablement accroître le risque de crédit et le volume des actifs improductifs, et fragiliser les bilans des institutions financières et des entreprises » , commente Mme Antoinette Monsio Sayeh, directrice du département Afrique du FMI.


Pour le FMI,
dans la conjoncture défavorable actuelle caractérisée par les effets d’engrenage de la dépression économique mondiale et l’aversion croissante des investisseurs au risque, l’assombrissement des perspectives de croissance économique dans toute la région consécutif à la chute de la demande et des cours des produits de base et au tarissement des ressources extérieures, « tous les pays (de la région d’Afrique au sud du Sahara, Ndlr) devront s’adapter au nouveau contexte extérieur »… Même s’il faut passer par une dévaluation de leur monnaie.

Pour le FMI, aucune mesure dans l’arsenal des instruments de gouvernance de crise ne serait à exclure pour préserver « la croissance qui est indispensable à la réduction éminemment souhaitable de la pauvreté ». Face donc à la diminution de la demande d’exportations africaines, à la baisse des cours des produits de base, au risque de fléchissement des envois de fonds des travailleurs émigrés, au resserrement mondial du crédit et à l’aversion des investisseurs pour le risque qui ont déjà provoqué une inversion des flux d’investissements de portefeuille, découragé l’investissement direct étranger (IDE) et rendu le financement des échanges plus coûteux ; ainsi qu’au ralentissement de l’activité économique avec pour corollaire un accroissement du risque de crédit et les créances improductives et, partant, un affaiblissement du bilan des institutions financières et des sociétés, le FMI conseille aux pouvoirs publics de la région une « riposte adaptée à la situation particulière de chaque pays ».


Limiter les effets de la crise

Leur prescrivant ce qui doit en être la priorité pour tous : limiter les effets négatifs de la crise sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté, tout en préservant les progrès accomplis ces dernières années au prix de grands efforts, notamment la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette.

La priorité doit être, pour tous les pays d’Afrique subsaharienne, de limiter les effets négatifs de la crise sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté, tout en préservant les progrès accomplis ces dernières années au prix de grands efforts, notamment la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette.

La riposte des pouvoirs publics doit être adaptée à la situation particulière de chaque pays. Face à la fragilisation des balances des paiements, il faut résister à la tentation de recourir au protectionnisme ou de rétablir les contrôles administratifs.

« En ces temps difficiles, la politique économique doit donc être guidée par les principes suivants : utiliser la marge de manœuvre budgétaire disponible autant que possible, assouplir la politique monétaire et laisser le taux de change s’adapter à la conjoncture externe ; surveiller de près les facteurs de vulnérabilité dans les institutions financières et être prêt à agir rapidement » .

Alexis Kalambry

28 Avril 2009