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Pendant que les différentes composantes de la classe politique, au sortir des élections générales de 2007 doivent être dans la logique de revisiter leurs structures de base pour faire l’état des lieux d’ici les élections communales de 2009, une frange de l’opinion publique nationale et d’acteurs politiques sont dans une autre logique. En effet, ces derniers moments, il est beaucoup question des élections générales de 2012 çà et là.

Cela découle sans doute de l’impatience de certains acteurs politiques, voire des composantes de la société civile pour ces futures élections qui, selon eux, leur offrira davantage d’opportunités et sans doute en terme de promotions. Ainsi, chacun fait de son mieux en tentant de susciter d’éventuelles candidatures de ceux qui leur sont proches, en espérant à l’avenir en tirer profit. Mais bien entendu, à condition que ces candidatures se confirment et que le cheval sur lequel ils misent remporte la course.

Certains n’ont-ils pas raison de dire que les élections communales sont un passage qui rassure pour les futures compétitions électorales? En plus, au regard de l’évolution récente de la situation politique au Mali, certaines personnalités politiques du pays auront-elles encore des chances, surtout celles qui n’appartiennent pas à des partis solidement implantés? Le temps nous en dira.


LES COMMUNALES D’ABORD

Si bien qu’on a l’impression que les communales qui sont des élections de proximité présentent peu d’enjeux pour les uns et les autres. Pourtant, l’Adéma qui est majoritaire à l’Assemblée Nationale, avait développé une stratégie, sinon tout un programme politique prenant en compte les différentes étapes des élections qui présentent, selon ses ténors, des intérêts particuliers, parce que rassurant sur la bonne marche des différents processus électoraux.

En tout cas, pour l’Adéma, il s’agissait, dans sa stratégie électorale de 2007, de réélire le président de la République, de lui donner une majorité à l’Assemblée pour lui permettre de diriger sans difficultés majeures, puis de ratisser large lors des élections communales pour s’assurer qu’il dispose encore d’une base solide, avant d’engager les offensives pour les élections générales de 2012 qui doivent passer également par des efforts de récupération du maximum de cadres du parti qui avaient déserté pour diverses raisons.


LA CONSTANCE DE L’ADEMA

Ainsi, après l’atteinte des premier et deuxième objectifs, on peut dire que le parti est aujourd’hui au milieu de l’exécution du programme politique qu’il a élaboré. Pour confirmer sa constance dans cette programmation, des responsables du parti viennent de sillonner plusieurs localités pour s’enquérir de la situation sur le terrain. Toute chose qui leur permettra d’avoir une bonne visibilité en vue de l’élaboration d’une stratégie électorale aux communales conformément à leur ambition et aux perspectives. Dès lors, on comprend que les élections générales de 2012 se préparent dès celles qui pointent à l’horizon. En effet, il ne faut pas se faire des illusions, le processus doit être continu pour tous ceux qui misent gros pour les prochaines présidentielle et législatives.

En effet, on se rappelle que les ténors du parti de l’Abeille Solitaire avaient fait des projections même sur les élections communales de 2009. Pour ces compétitions qui pointent à l’horizon, ils viennent d’ailleurs récemment de déclarer avec certitude qu’ils vont ratisser large.

Face à cette assurance à l’Adéma, on se demande si, pour les autres partis le jeu en vaut la chandelle, s’ils ne misent pas déjà sur les élections présidentielle et législatives prochaines si lointaines. Mais, en se concentrant déjà sur ces élections ne sont-ils pas en train de perdre du temps, compromettant ainsi leur chance pour les perspectives électorales de 2012? C’est la question que l’on se pose aujourd’hui.

DES CANDIDATS POTENTIELS A LA PRESIDENTIELLE DE 2012?

Entre-temps, certains malins sont en train de fournir de gros efforts pour distiller au sein de l’opinion publique nationale que, pour les compétitions électorales de 2012, il y aurait déjà des potentiels candidats, notamment à l’élection du président de la République. C’est là qu’on dit qu’il y a des supputations, puisqu’on ne cesse de citer des noms de candidats potentiels.

Il semble d’ailleurs que ce sont certains hommes politiques qui soient en train de jauger l’opinion publique nationale pour connaitre sa réaction face à d’éventuelles candidatures. Cela fait aussi partie des habitudes des structures de sondage d’opinion qui se caractérisent par une parfaite discrétion en ce sens qu’elles n’émettent pas directement et officiellement leurs avis sur les situations qu’elles décèlent, les résultats de leurs sondages.

Dans tous les cas, aujourd’hui, certains vous parleront d’un possible retour de l’ancien président Alpha Oumar Konaré; d’autres présenteront la carte Adam Ba Konaré; d’autres encore exhiberont celle de l’ancien Premier ministre Soumana Sako. Tout cela est de nature à susciter des débats, des réactions, positives ou négatives selon le cas. En fait, ils sont en train de chercher à évaluer leur côte de popularité d’ici le moment ultime.

A COURS D’INSPIRATION ET D’ARGUMENTS

Mais, au stade actuel de l’évolution de la situation politique au Mali, cette gymnastique n’est pas de nature à faire avancer ni le débat politique, ni les partis par rapport à ce qui est essentiel pour eux aujourd’hui. Ces supputations sont aussi la preuve que nombre d’acteurs politiques ne savent plus où donner de la tête ou ce qu’ils doivent entreprendre. En effet, se projeter dans l’avenir au début d’un mandat est sans doute la preuve d’un échec cuisant de la part d’un acteur politique. A cela, il n’y a aucun doute.

En effet, il est regrettable de constater que les inspirations sont en train de tarir et cela n’est pas de nature à fortifier notre processus démocratique. A ces constats, on comprend qu’il y a la nécessité pour les composantes de la classe politique de se ressaisir en s’occupant de l’essentiel , au risque pour certains de tout perdre. Ce n’est par hasard que tous s’accordent à dire qu’au stade actuel, malgré les déclarations d’intention, il n’y a pas encore une opposition politique.

Ce qu’il ne faudra pas perdre de vue, c’est que l’heure du débat autour de la prochaine présidentielle sonnera, mais à un moment où les données relatives aux rapports de forces sur la scène politique seront considérablement modifiées à la faveur de la recomposition en marche de la classe politique. Quel sera le parti favori à cette date? Personne ne peut répondre sans ambiguïté à cette question.

Moussa SOW

11 Mars 2008.