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La recomposition du paysage politique est en marche à travers des opérations de charme des uns à l’endroit des autres, des adhésions, retours aux partis d’origine et fusions. Il s’agit notamment de l’Adéma, principal artisan de ce processus, qui occupe les devants de la scène politique depuis un certain temps.

Au même moment des partis sont hésitants, en raison de la faible lisibilité des rapports de forces, mais aussi de l’imprécision des ambitions des uns et des autres pour le futur.


La force de la pyramide

Ceci expliquerait cela, les ténors de certains partis comme le PARENA et l’UDD ont préféré la prudence pour ne pas commettre des erreurs qui pourraient se révéler fatales car, sait-on jamais ce qui pourrait arriver dans quelques années? Mais d’ici là au sein de l’opinion, on se demande ce que ceux de l’UDD et du PARENA sont en train de concocter.

Pour le moment, ils boudent tous leur partenaire traditionnel qui est l’Adéma. Mais à ce sujet, avant d’aller loin, les réactions du président de l’UDD ne se sont pas fait attendre. A travers elles, on se rend compte qu’il y a le souci de bien faire les choses dans les règles de l’art. Ainsi, entend-il ne rien entreprendre sans tenir compte de l’avis de la base et ce, à la différence d’autres partis dont les leaders ont engagé la base sans consultation préalable. Comme il fallait s’y attendre, certains commencent déjà à contester l’option de la direction de leur parti, comme pour rappeler que la force de la pyramide, c’est sa base.

La position de l’UDD

Pour Me Hassane Barry, la fusion ne fait pas partie de leur vocabulaire. Il a surtout déploré la manière dont l’information a été distillée au sein de l’opinion publique avant même que les intéressés soient officiellement contactés. Dans tous les cas, pour lui, il n’est pas question de renoncer à leur ambition majeure qui est la conquête du pouvoir, la raison d’être de tout parti politique.

Il s’est ainsi insurgé contre l’Adéma qui, selon lui, serait en train de tout mettre en oeuvre pour réunir autour de lui tous les partis qui ne sont pafortement implantés sur l’étendue du territpoire national. Ce qui l’amenera à demander pourquoi l’Adéma ne cherche pas à fusionner avec l’URD ou le RPM. Pour Me Barry, la direction de l’UDD n’envisagera rien sans consulter sa base.

L’UDD, un parti ambitieux

Certains pourraient penser que l’UDD entend souverainement sceller de nouveaux partenariats sur de nouvelles bases stratégiques, plus pragmatiques. Si c’était le cas, ne pourrait-on pas affirmer que les ténors du parti sont en train de chercher à connaitre la direction du vent? Ils sont sans doute les seuls à répondre à ces questions.

Par ailleurs, beaucoup de gens ont apprécié leur refus des responsables de l’UDD de fondre leur parti dans l’Adéma, en ce sens qu’ils ont fait par là preuve de maturité politique, mais surtout d’ambition pour le futur avec ou sans l’Adéma. On se rappelle que du côté de l’UDD par exemple, son président Me Hassan Barry a expliqué qu’ils sont tout aussi ambitieux et qu’un parti se crée pour conquérir le pouvoir.

Il n’a pas tort: il a même pris en exemple le sort du RPM qui est parti de 47 députés à 11. Qui l’eût cru? Ainsi, pour le président de l’UDD, il n’existe pas de petit parti. Il s’est dit confiant quant aux perspectives. En est-il le cas pour le PARENA?


Le parena

On pourrait décéler une ressemblance entre le PARENA et l’UDD dans les relations avec l’Adéma, un parti qui, depuis longtemps, fait des opérations de charme à l’endroit de ceux que ses ténors considèrent comme petits partis pour les avaler et se ragaillardir d’ici les prochaines élections.

Au PARENA comme à l’UDD, on se demande aujourd’hui à quelles fins les ténors de l’Adéma s’activent dans ce sens. Cela a paru surprenant pour ceux qui savent que le PARENA aussi bien que l’UDD sont des anciens compagnons de l’Adéma. Au PARENA, il y a une méfiance exprimée par son président au sujet du projet de l’Adéma qui consiste à absorber tous les partis qui sont moins implantés que lui.

Les ténors du PARENA ont senti en cela une odeur qui ne leur a pas paru agréable. Alors, ils ont tout aussi privilégié la prudence en attendant que les choses se précisent davantage. Mais, certains pourraient penser qu’ils ont déjà d’autres projets politiques en tête. A ce sujet, c’est le temps qui nous en dira.


L’ADEMA serait elle une poudrière?

En fait, avec le retour des anciens de l’Adéma et de plusieurs autres cadres et militants d’autres partis, en plus des partis entiers qui y ont deménagé avec armes et bagages, il va de soit que les choses se compliqueront davantage pour l’Adéma, à moins que ceux qui y viennent ne soient pas aussi ambitieux que leurs camarades qu’ils ont réjoints.

Or, cela est inimaginable quand on sait que tous viennent en attendant le moment ultime du partage de gâteau après la reconquête du pouvoir par l’Adéma. Alors, ce sont des cafouillages en perspective. Son président, Dioncounda Traoré, depuis la veille des élections générales de 2007, ne cesse de clamer haut et fort à qui veut l’entendre que son parti va reconquérir le pouvoir politique en 2012.

Dans cette logique, il a expliqué que le parti, depuis la veille des élections générales de 2007, avait un programme qu’il est en train de mettre en oeuvre avec succès, ce qui semble être depuis un stimulant pour les acteurs politiques qui sont convaincus que leur parti ne pourra atteindre les objectifs de la conquête du pouvoir en 2012.

Ainsi, au lieu de mourir, ils s’accrochent à l’Adéma dans l’espoir d’avoir l’opportunité de mieux implanter leurs partis respectifs pour le futur. On ne doit les juger ou condamner pour cette option, puisue la plupart des partis qui tiennent bon aujourd’hui ont soit géré les afaires publiques ou ont soutenu d’autres plus grands qui leur ont donné des opportunités de promotion. Consécutivement à cela, ils ont pu mieux implanter leurs partis sur l’étendue du territoire.

Moussa SOW

25 Juin 2008