Partager

A peine le président Amadou Toumani Touré commence son second mandat, certaines composantes de la classe politique entrent en effervescence. Le motif commun pour ceux-ci est, semble-t-il, la conquête du pouvoir politique en 2012. Faut-il comprendre par là que les acteurs politiques qui animent ces partis sont indifférents aux problèmes qui se posent aujourd’hui en terme de gestion des affaires publiques?

Cela serait surprenant en tout cas, étant donné que l’Etat est une continuité. C’est en cela que nous devons tous être intéressés par ce qui se passe aujourd’hui, en bien comme en mal. En effet, celui qui espère avoir l’opportunité d’être aux affaires dans les années à venir doit avoir un intérêt particulier pour le bien-être des populations, toutes sensibilités confondues.

Mais, certains acteurs politiques dont les partis manifestent ces temps-ci une détermination persistante à conquérir ou reconquérir le pouvor politique en 2012 s’agitent un peu trop. En plus, il y a le fait qu’aucun parti ne sait exactement quelle est sa situation, ce qui l’attend dans les mois à venir, d’où la confusion au sein de l’échiquier politique.

L’interet personnel par dessus tout

Le comble, c’est quand ils se dédisent. Dès lors, on comprend qu’ils ne défendent que des intérêts personneles ou de leurs partis et non ceux du pays. De là, n’y a-t-il pas lieu de se demander si ces acteurs politiques aiment vraiment le Mali comme ils ont tendance à le faire croire?

Sont-ils réellement intéressés à déployer les efforts devant contribuer à la consolidation de notre processus démocratique? Ces questions ont toute leur importance aujourd’hui, dans la mesure où les acteurs politiques dont il s’agit n’ont en réalité d’autre ambition que de semer la zizanie dans l’opinion afin d’y tirer profit.

A en croire qu’ils se moquent de cette même opinion qu’ils considèrent comme ayant la faculté d’oublier tout ce qu’ils ont dit ou fait il y a seulement quelques années.


Le saut dans l’inconnu

Mais, malheureusement aujourd’hui, au fur et à mesure que la situation évolue, que surgissent des difficultés, de plus en plus certains prennent du recul par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. Ils se projettent donc dans l’avenir, mais avec quelles armes de lutte politique?

Ne s’agit-il pas d’un saut dans l’inconnu, quand on sait que rien n’est certain aujourd’hui en cette période de tapage et d’agitation politique dont l’issue n’est pas bien perçue par ceux-là mêmes qu s’y adonnent? C’est le temps qui nous en dira. Ce qui est sûr, c’est que parmi le lot, il y en a qui ont des remors, parce qu’ils auront fait le constat d’avoir perdu leur temps par orgueil.

Maintemant ils n’ont dautre alternative que de revenir à la case de départ. Mais là encore, ils ne sont sûrs de rien. Dans leur situation, ils sont en train de faire le choix entre le mal et le pire. Le mal, c’est à travers le retour à l’Adéma et le pire, c’est semble-t-il poursuivre les efforts avec les moyens de bord envers et contre tout.


Une formule qui ne fait plus bonne recette

En effet, au lieu d’analyser objectivement la situation et de proposer des solutions de sortie de crise, il y en a qui ne font que poser des actes tendant à remettre tout ce que les autorités du pays prennent comme initiatives pour juguler les crises. Le comble, c’est que ce faisant, ils n’ont pas d’arguments qui soutiennent leur position, puisque leur souci n’est pas l’objectivité.

Obnibulés par les perspectives des prochaines échéances électorales, il semble ue certains sont même déjà à la recherche d’arguments de campagne. Un exercice prématuré, d’autant plus qu’au moment où il sera question d’élections générales de 2012, la situation socio-économique va considérablement changer.

Ainsi, il y a bien des problèmes dont on fait aujourd’hui une exploitation politicienne qui ne seront plus à l’ordre du jour. Dans ce cas, les uns et les autres ne vont-ils pas être obligés de rechercher d’autres arguments de campagne?

Les campagnes d’intoxication

Le pire, c’est que certains ont même commencé à se contredire. En effet, ils sont aujourd’hui contre ce qu’ils soutenaient hier, simplement parce qu’aujourd’hui ils ne sont pas au pouvoir. C’est aberrant cela, mais cela n’est-il pas déjà la preuve de l’absence d’objectivité dans leurs propos, faits et gestes?

En tout cas, on se rend compte qu’à la mauvaise foi de certains s’ajoute la passion démesurée des autres qui ne savent pas comment ils vont pouvoir conquérir le pouvoir sans mettre en cause les acquis de notre processus démocratique en termes de réalisations diverses.

Cela n’est ni plus ni moins que la manifestation d’un déficit de sentiment patriotique. En effet, malheureusement, il nous a été donné de constater que certains acteurs politiques, au mépris de l’intérêt collectif, mènent des campagnes d’intoxication de l’opinion publique au sujet de la pertinence des actions en cours destinées à la prise en compte des préoccupations socio-économiques.

L’effritement des idéaux dans certains partis

Les actes que ces acteurs politiques posent, ce qui est sûr, ne servent même pas leurs propres ambitions. Mais ils ne le savent pas en ce moment. Pour ainsi dire, les fusions sur la scène politique pour les perspectives des prochaines élections sont devenus aujourd’hui un effet de mode dans l’arêne politique. Ainsi, nous allons vers une crise identitaire des partis politiques.

Si avant les acteurs politiques disaient qu’ils se battaient pour défendre des idéaux, des programmes ou projets de sociétés en lesquels ils se reconnaissaient, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les idéaux de la plupart des partis sont en train de s’effondrer, simplement parce qu’au commencement, ils n’avaient fondé leurs structures sur rien de concret, de solide.

Constat d’erreur et d’echec

Au même moment, pour certains, c’est parce qu’ils ont eu la preuve que leur orgueil, programme et ambitions ne leur permettront plus d’atteindre leurs objectifs de conquête du pouvoir. D’ailleurs certains sont même convaincus qu’ils n’arriveront à rien en termes de résultats. Nombre de partis politiques sont aujourd’hui sur cette voie.

A cela, il n’y a rien de grave, à part le constat d’impuissance de eux qui, hier, avaient cru qu’ils étaient le centre du monde, qu’ils pouvaient réaliser des miracles en terme d’activité politique, surtout de conquête du pouvoir politique.

Pour ceux-ci, c’est surtout la désillusion. C’est pourquoi aujourd’hui, on se rend compte qu’ils sont nombreux à ne plus savoir ce qu’ils doivent faire. Ainsi, il semble que les flux de fusions dans les grands partis soient considérés comme la solution aux problèmes de survie des pétits partis.


La marché ineluctable vers la recomposition

Au stade actuel de l’évolution du processus démocratique au Mali, ils sont très nombreux aujourd’hui, puisque certains grands partis ou d’envergure moyenne sont devenus, avec la conjugaison de plusieurs facteurs, l’ombre d’eux mêmes. Ainsi, de ce constat, ne recomposition du paysage politique s’imposera.

Or, le RPM, de même que les nombreux partis de l’échiquier politique n’ont pas encore dit leur dernier mot. Jusqu’à la preuve du contraire, deux partis politiques : l’Adéma et l’URD sont les deux pôles d’attraction des partis, cadres et militants.

A ces deux niveaux, on est en train de se réjouïr et à juste titre des adhésions massives, mais ce qui reste important, ce n’est ni plus ni moins que la gestion harmonieuse des arrivants avec les anciens.

En tout cas, personne n’est au parti pour de la pure figuration. L’équation majeure à résoudre sera sans doute l’harmonisation des positions, afin d’éviter l’effondrement des édifices politiques.

Moussa SOW

13 Mai 2008