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A moins d’une année d’exercice de son mandat constitutionnel, de nombreux hommes politiques, d’acteurs de la société civile s’élèvent pour mettre en garde le Président IBK. Pour les gaffes et les grandes imperfections qui entourent la gestion de l’avenir de notre pays.

Conscient de l’état piteux ou très piteux de la patrie, le jeune Premier ministre, à l’opposé de son mentor, demande un sursaut national. Il invite toutes et tous à se donner la main pour mettre le Mali qui tangue en marche. Une réalité plausible qui se manifeste au niveau de toutes les sphères de notre nation.

C’est face à ce constat très patent que les partis politiques de l’opposition ont entrepris des actions de dénonciation et de proposition. Aux prises de positions de Soumaïla Cissé de l’Urd, de Modibo Sidibé des Fare, le Parena de Tiébilé Dramé est venu mettre le pied dans le plat. Le parti du bélier blanc a fait une sortie majestueuse avec un document d’information du peuple de la réalité de la gestion du pouvoir et d’appel aux maîtres du jour à éclairer la lanterne du peuple. Au mieux à se ressaisir.

Dos au mur et allergique aux critiques, le pouvoir s’est mis à dandiner, à proférer des menaces. Pour autant, il lui était plausible de se taire et d’apporter par occasion des réponses adéquates et réfléchies aux différentes préoccupations. Pour sa propre crédibilité mais il en a rajouté. Comment sauver le Mali avec IBK ?

L’objectif premier de tous les occupants de la pinasse est d’arriver à bon port. Alors, majorité et opposition ont certainement les mêmes objectifs avec seulement des approches qui peuvent différer. Elu avec plus de 77% des votants, IBK ne veut écouter personne. Un grand défaut. Pour autant, l’état actuel du pays exige une véritable synergie d’actions.

C’est conscient de cet état de fait que l’opposition s’agite et entend aider la majorité à relever le défi de la reconstruction du pays. Il est alors important que même les partis de la majorité de la trempe de l’Adéma Pasj ne demeurent point des partis d’accompagnement mais des partis de gouvernement. Puisqu’il est aujourd’hui clair et net que plus de 70% (pratiquement 3 maliens sur 4) de la population malienne vit en dessous du seuil de pauvreté absolue.

A cet effet, ceux à qui les maliens ont confié leur destin doivent obligatoirement changer de comportement notamment vis-à-vis des caisses et d’autres biens de l’Etat. Car, les maliens ont avalé suffisamment de couleuvres. Ils veulent aujourd’hui des femmes et des hommes politiques qui leur disent la vérité et qui travaillent pour le bonheur commun et la fierté du pays. D’autant plus qu’il est indécent voire inadmissible qu’après plus de 50 ans d’indépendance que le pouvoir d’achat des maliens n’a pas évolué d’un iota, en dehors de quelques privilégiés. Il a au contraire baissé.

Alors, il est impérieux aujourd’hui de changer de politique et de rythme de développement, cesser de récriminer sur le manque de ressources et aller chercher les moyens où ils se trouvent. D’ores et déjà, il faut bien gérer nos ressources propres. Au rythme où vont les choses avec un avion uniquement pour le président à 20 milliards, des marchés de gré à gré d’à peu près 70 milliards et de la gestion patrimoniale des affaires de l’État, nous ne sommes point sortis de l’auberge.

« Gouverner c’est prévoir et anticiper. En politique il n’y a d’excuse que pour les cas de force majeure et d’imprévisibilité. » A la lumière de cette missive, la DPG que vient de présenter et défendre le jeune Premier ministre Moussa Mara a besoin de beaucoup de corrections. Afin que le Mali revienne dans le concert des nations. Alors, Monsieur le président, il faut réhabiliter le Mali qui souffre d’une gestion clanique d’amis, de famille depuis votre prise de pouvoir.

Boubacar DABO

SOURCE: Zénith Balé du 05 Mai 2014.