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Le congrès et la conférence nationale de l’Union des Forces Démocratiques (UFD), tenus les 4 et 5 mars, ont «analysé et choisi» une «option politique appropriée pour le développement du Mali».

Bâtir une société malienne à partir d’objectifs ciblés, c’est le créneau que défendra l’UFD qui a choisi, sans surprise, son président, le Pr. Chaka Diarra, comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. Comme tous les citoyens, la rébellion qui sévit dans le nord du pays agace l’UFD. «Cette guerre barbare sème la désolation dans toutes les régions du nord» s’indigne Chaka Diarra. «Leur revendication première qui est une supposée indépendance de l’Azawad est pour nous une chimère. Aucune partition du Mali n’est possible» a-t-il dit.

Sans doute aux yeux de l’UFD, le Mali a une priorité : le développement durable qui passe nécessairement par l’instauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. L’UFD qui se dit à l’avant-garde de la démocratie exprime nourrir une politique claire pour le développement du pays ; politique ayant pour socle, selon son président, un dialogue social inclusif sur les grands problèmes de la nation. Il faut un enthousiasme patriotique et le sacrifice de l’intérêt personnel pour mettre fin à la corruption, conseille-t-il.

jpg_parti-ufd.jpgLe parti se propose d’impulser un changement qualitatif dans la gouvernance du pays. Pour la politique étrangère, l’UFD envisage imprimer plus de vigueur et d’action à la diplomatie afin de conquérir des avantages économiques. Le renforcement des groupements économiques régionaux (OMVS, UEMOA, CILSS, CEDEAO, etc.), le respect de la charte de l’union africaine et de la déclaration universelle des droits de l’homme, la consolidation de l’engagement du pays dans le système des nations unis, seraient le socle de cette politique

Discipline aveugle

L’économie malienne comme celle de nombreux pays du monde est aujourd’hui assujettie à des bouleversements. Et l’Etat que promet l’UFD «est de type nouveau, un état qui dirige les activités économiques de la nation», explique le Pr. Diarra. Il s’agit, pour lui, d’appliquer une rigueur budgétaire afin que les finances soient sécurisées, de lutter contre la corruption qui gangrène l’économie, d’améliorer le climat des affaires et d’accroitre le rôle économique des régions dans l’économie nationale. L’UFD entend instaurer une fonction publique locale dans la dynamique du renforcement du processus de la décentralisation.

Par ailleurs, le parti veut exploiter l’énorme potentialité agro sylvo-pastorale du pays pour favoriser une production à la hauteur de la demande nationale. «Il faut extraire notre agriculture des caprices et aléas climatiques en mettant sur pied une politique réelle de maîtrise de l’eau et une mécanisation conséquente (du secteur), motiver les paysans à travers une politique d’encadrement et d’assistance financière» a-t-il insisté. Le crédit agricole est appelé à jouer pleinement son rôle pour une compétitivité du secteur.

Le programme politique de l’UFD accorde également une place de choix à l’industrialisation du pays. Ceci passe, selon Diarra, par la transformation des produits agricoles nationaux. «Il faut favoriser un code des investissements et favoriser une création d’emplois à travers des PME et PMI», a-t-il souligné. Le tourisme et l’artisanat, selon le parti, constituent d’importantes sources de devises et d’emplois qu’il faut protéger. L’éducation et la santé sont, dit-il, de réelles priorités. Sur le plan sécuritaire, le parti pense que «les forces montantes doivent créer une armée de type nouveau dont la force principale ne sera plus la discipline aveugle».

Seydou Coulibaly

07 Mars 2012

©AFRIBONE