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La période de soudure, qui se situe généralement au mois d’Août de chaque année, constitue une grande inquiétude, tant pour les populations urbaines que rurales. Et pour cause : c’est à partir de cette période que les prix des céréales montent en flèche et que les stocks s’épuisen… A quelques pas du mois d’Août, les Maliens doivent-ils continuer à vivre la peur au ventre ?

Cette question mérite d’être posée, eu égard à tous l’arsenal de mesures mis en place, cette année, par l’Etat et les opérateurs économiques, pour non seulement mieux approvisionner les marchés, mais aussi pour maintenir les prix des denrées alimentaires à un niveau raisonnable.

En effet, depuis quelques années, le marché se caractérise par une rareté des denrées alimentaires accentuée par une hausse généralisée des prix. Cette situation est due, entre autres, au manque de pluies, au déséquilibre entre l’offre et la demande… Mais jamais cette situation n’a retenu l’attention des autorités autant qu’elle l’a fait cette année !

On se rappelle que le gouvernement, dans le souci d’assurer l’approvisionnement du pays, a initié de nombreuses mesures au nombre desquelles on peut citer l’installation, il y a quelques mois, du Conseil National des Prix, la création de l’Initiative Riz, les exonérations sur l’importation du riz…

La première et la troisième mesure visent à maintenir le prix du riz à un niveau raisonnable. Quant à l’Initiative Riz, elle a pour objectif de produire, à l’issue de la campagne 2008-2009, 1.618.323 tonnes de paddy, soit 1 million tonnes de riz marchand et une hausse de 50% par rapport à la campagne précédente. Un tel résultat permet ainsi de couvrir les besoins de consommation interne (estimés à 900 000 tonnes) et d’exporter 100 000 tonnes.

En plus de ces mesures, les commerçants, convaincu, que cette situation ne concerne pas seulement le gouvernement, ont décidé de faire preuve de patriotisme en apportant leur aide. C’est ainsi que des opérateurs économiques – comme les PDG du GGB, Bakoré Sylla, du GDCA, Modibo Keïta, la Société Djigué SA, des établissements Kouma et fières et le Groupe Achka, ont mis, chacun, 1000 tonnes de riz à la disposition des commerçants détaillants du District de Bamako, à raison de 300 000 FCFA la tonne, soit 300 FCFA le Kilogramme.

A l’OPAM également, les préparatifs vont bon train pour minimiser, sinon éviter les conséquences de la période de soudure. Selon le Président Directeur Général de cette structure, M. Youssouf Touré, L’OPAM a inscrit 10 000 tonnes de céréales qu’il mettra sur les marchés dès que le besoin se fera sentir au mois d’Août.

Aussi a-t-il ajouté que suite au diagnostic du SAP et aux recommandations du comité technique de suivi de sécurité alimentaire au sein du PRMC, sa structure mettra bientôt 2 800 tonnes à la disposition de certaines banques de céréales, afin de les renforcer.


Moussa TOURE

23 Juin 2008