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«Globalement la situation alimentaire est calme. On est en train de tester un plan de gestion de la période de soudure caractérisée par une hausse des prix, car la période de soudure, elle se sent et se vit au Mali» C’est par ces mots qu’à expliqué Mme la commissaire à la sécurité alimentaire la décision de son service de mettre sur le marché national quelque 30 000 tonnes de riz. En effet, malgré une production excédentaire au cours des deux dernières campagnes agricoles, la gestion de la période de soudure – allant du début de la saison des pluies aux premières récoltes – constitue un casse-tête pour bon nombre de familles à cause de la flambée des prix des céréales sèches et du riz. Pour faire face à cette situation, le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) a décidé de mettre sur le marché 30 000 tonnes de riz RM 40, dont 25 000 tonnes ont été acquises grâce à un prêt de 10 millions d’euros auprès de la BID et 5 000 tonnes de dons du gouvernement japonais. Ce riz sera reparti entre le District de Bamako (10 000 tonnes) et les autres régions. Cependant, le CSA passera par les commerçants détaillants affiliés aux centres de gestion agréés pour mettre ce produit sur le marché. Ainsi il sera cédé aux commerçants à raison de 235 F le kilogramme et ceux-ci devront le vendre à leur tour à 255 F aux consommateurs.
Cette mise en vente par la structure de Mme Lansry, est une stratégies d’accroissement de l’offre sur le marché et par conséquent provoquer une baisse du prix pratiqué actuellement. Car plus l’hivernage approche, plus on constate une insuffisance de l’offre.

Cependant, précise Mme la Commissaire, il n’y aura pas cette année de distribution gratuite de céréale. Parce que les informations fournies par le système d’alerte précoce ne font pas cas d’insécurité alimentaire qui nécessite cette procédure. «Le Commissariat à la sécurité alimentaire est une opportunité dans la facilitation de l’approvisionnement du pays. Le CSA n’est pas un commerçant, ni l’OPAM. Le riz a été acheté avec les commerçants et nous le mettons au marché à travers les mêmes commerçants. Pour éviter une baisse sauvage des prix nous avons choisi uniquement la période de soudure» a expliqué Mme Lansry Nana Yaya Haïdara pour rassurer les gros et semi-grossistes que cette opération n’est pas une concurrence.

Ces efforts font partie d’un schéma global de sécurité alimentaire matérialisé par la constitution du stock national de sécurité alimentaire de 35 000 tonnes, d’un fond financier de près de 5 milliards de FCFA et la constitution des banques de céréales dans toutes les communes pour un volume global de 12 000 tonnes
Elle a, par ailleurs, donné l’assurance qu’il en sera ainsi chaque année lorsque la situation l’exige. Néanmoins elle reste optimiste avec l’engagement du gouvernement de faire de l’agriculture le moteur de l’économie.
C’est pourquoi, elle est convaincue qu’avec la loi d’orientation agricole et d’autres initiatives en cours, le Mali sera dans quelques années une puissance exportatrice de céréales. En tout cas, les commerçants détaillants ont bien apprécié la démarche et le président de la CCIM, a exprimé toute l’assurance de l’institution consulaire d’accompagner ce projet qui va dans l’intérêt de tous.

Youssouf CAMARA

7 juin 07