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Aménagé en 1983, avec comme objectif l’amélioration des conditions de vie des populations de la zone, l’ODRS (Office de développement rural de Sélingué) fait aujourd’hui face à d’énormes difficultés. C’est dans le but de recueillir les préoccupations des producteurs et des officiels en charge de cette importante structure qu’une caravane de presse a visité ses différentes infrastructures, le dimanche 30 octobre dernier.

En effet, arrivés tôt dans la matinée du 30 octobre à Sélingué, les journalistes ont tout d’abord eu droit à une séance de travail, dans la salle de conférences de l’ODRS, avec les travailleurs de l’Office et les producteurs de la zone.
Celle-ci s’est ouverte sur une note d’information présentée par le Directeur général adjoint, Mamadou Diabré Camara, qui a déclaré d’emblée: «la campagne agricole 2011 – 2012 a été mauvaise et la crise politique est venue s’y greffer. Cependant, la présente campagne bénéficie de conditions hydrologiques suffisante, avec des hauteurs de pluie supérieures et une cuvée au rendez-vous».

Ce qui selon lui, fait espérer une campagne hivernale et une contre campagne très bonnes, avec une production moyenne de 5,5 tonnes à l’hectare. Malheureusement, à cause de l’insuffisance de la quantité des semences et de la restriction, au niveau national, des engrais, la production va baisser, puisque, après 28 années d’exploitation, les sols sont pauvres. L’aspect général des cultures est bon, a-t-il fait remarquer, à part quelques cas de noyade de plants.

Certes l’ODRS fait face à d’énormes difficultés, en commençant par un personnel insuffisant, des carences dans l’entretien des canaux et des drains tertiaires de la part des producteurs, l’insuffisance des moyens de l’Etat, les régulations défaillantes et le faible niveau de des ressources propres, notamment une redevance d’environ 50 millions FCFA qui ne permet pas à l’ODRS de répondre correctement aux besoins d’entretien du périmètre.
Aujourd’hui, la situation du périmètre agricole est caractérisée par l’état vétuste de la prise d’eau et la dégradation avancée de l’ensemble du réseau d’irrigation et du réseau de drainage, sans compter plusieurs ouvrages hydromécaniques qui ne jouent plus leurs rôles.

Il faut donc impérativement réaliser rapidement certains travaux de réhabilitation des infrastructures du périmètre de Sélingué, à savoir la prise d’irrigation, le bassin de dissipation, le réseau d’irrigation, le réseau de drainage, la digue de protection et la station de pompage. Le coût total des travaux est estimé à 3 milliards 382 millions de FCFA.

Les infrastructures du périmètre de Maninkoura, à 40 km de Sélingué, sont elles aussi dans un état de dégradation avancée. Ici, on cultive le riz, la banane et les spéculations maraîchères. La principale difficulté est la mobilisation de l’eau du fleuve. Les travaux de réhabilitation de cet important ouvrage sont estimés à 3,734 milliards de FCFA.

Pour sa contribution, le représentant des producteurs au Conseil d’administration de l’ODRS a déploré le fait que le gouvernement n’ait décidé de subventionner les intrants qu’a hauteur de 40%, au lieu de 100%, pour la culture du maïs hybride. Car selon lui, après tant d’années d’exploitation, les sols sont pauvres et toutes les infrastructures sont vieilles. «Nous sollicitons la réhabilitation du périmètre dans l’immédiat. D’autant plus que toutes les décisions ont déjà été discutées par le Comité et le cahier des charges révisé», a-t-il conclu.

Concernant la signature de la Convention, les officiels de l’ODRS ont affirmé que tous les cas litigieux ont été pris en charge. L’ORDS entend désormais intensifier la sensibilisation pour faire respecter le cahier des charges.
Pour conclure, Mamadou Diabré Camara déclarera: «nous voulons poursuivre la mise en œuvre de l’expertise chinoise en matière d’intensification de la culture de riz, du maraîchage et de la pisciculture, dans le cadre de la coopération Sud – Sud».

Pierre Fo’o Medjo

04 Octobre 2012