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Au cours d’une assemblée générale jeudi au Centre islamique d’Hamdallaye, la Coordination syndicale des enseignants du secondaire (Coses), tout en fulminant l’attitude non orthodoxe de l’Etat, a réitéré sa position de non évaluation jusqu’à la satisfaction de ses doléances.

Les enseignants du secondaire de Bamako et de Kati ont pris d’assaut hier le Centre islamique d’Hamdallaye avec comme préoccupation le verdict de l’instance dirigeante de la Coordination, derrière laquelle ils ont formé un bloc uni. L’objectif de la rencontre était donc de mettre tout le monde au même niveau d’information, y compris l’opinion internationale et de déterminer la position de la Coses par rapport à son mot d’ordre de non évaluation.

Le secrétaire général de la Coses, Tiémoko Dao, n’est pas passé par quatre chemins pour dire qu’« à ce jour, la position de la Coses est la même. Dans la mesure où il n’y a pas eu d’avancée dans le traitement de nos doléances, nous maintenons notre mot d’ordre de non évaluation jusqu’à leur satisfaction ». Ce qui aura certainement, dans l’immédiat, des répercussions sur la bonne tenue du baccalauréat prévu ce 23 juin.

La Coses est bien consciente du fait qu’elle a son « arme de pression », car, insiste-t-elle, il ne peut y avoir de « véritables évaluations sans nous ». La preuve, selon elle, est l’organisation bâclée des uniques évaluations des élèves des 10e et 11e des lycées publics. « Ce ne sont pas des évaluations, à moins que nous soyons dans un autre domaine que la connaissance. Les élèves ont copié, traité les sujets en petits groupes, rentraient et sortaient librement des salles de classes », a répété Tiémoko Dao.

Ce dernier a par ailleurs indexé de nouveau le fait que ces évaluations ont eu lieu en « violation des textes en la matière dans la mesure où les élèves ne peuvent et ne doivent être évalués sans les enseignants qui leur ont dispensé des cours pendant 9 mois ». A cet effet, la Coses enverra un document à qui de droit au plan national et international « pour dire qu’on a fait faire à d’autres personnes notre mission ».

S’agissant des 7 points de doléances, M. Dao a précisé que seulement deux ont connu une avancée, à savoir la relecture de l’article 60 de la Loi d’orientation de l’éducation et le paiement avec rappel de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des enseignants contractuels déjà entré en vigueur.


Réplique à ATT

Les autres points sont toujours en souffrance, surtout l’octroi d’une indemnité de logement, qui avait fait, à en croire M. Dao, l’objet d’un accord le 17 juillet 2007 entre le gouvernement dirigé à l’époque par Ousmane Issoufi Maïga et la Coses, mais qui est ignoré aujourd’hui même malgré que l’Etat soit une continuité.

La Coses n’a pas mâché ses mots vis-à-vis des autorités sur la pertinence de ses revendications. « Que l’on comprenne que nous sommes des Maliens réclamant leurs droits. Et la Constitution nous l’autorise. La méthode musclée n’est pas la solution et nous sommes ouverts au dialogue ».

Concernant l’argument de l’incapacité de l’Etat à prendre en charge les demandes des enseignants, faute de moyens, Tiémoko Dao n’est pas allé avec le dos de la cuillère.
« Ils soutiennent que le pays n’a pas les moyens, mais qu’est-ce qui a changé dans le train de vie de l’Etat ? On dit seulement aux enseignants qu’il n’y a pas de moyens alors qu’à la veille des élections, on a accordé des primes importantes à certains commis.

Il faut que cela soit désormais révolu et les enseignants ne doivent plus être considérés comme des parias, du n’importe quoi. Nous avons besoin de relever le niveau de vie de nos militants », s’est-t-il défendu.

La Coordination, par le biais de son secrétaire général, a tourné en dérision les propos du chef de l’Etat qui a récemment indiqué que nul n’est indispensable et que les évaluations se feront sans la Coses.

« C’est vrai que personne n’est indispensable. Mais si vous prenez un plombier pour faire le travail d’un électricien, il est évident qu’il va se faire brûler. De même, si vous prenez d’autres gens que des policiers pour réglementer la circulation, il y aura beaucoup d’accidents. Nous avons des enfants à l’école et sommes aussi soucieux du devenir de ce pays ».

L’apaisement ne sera pas de sitôt si l’on en croit Tiémoko Dao, car la porte de sortie espérée par le gouvernement à travers l’organisation d’un Forum national sur l’éducation en août, pourrait enregistrer l’absence de la Coses. « Notre participation au Forum n’est pas évidente et les uns et les autres sont engagés derrière nous.

Quand nous avons rencontré le Premier ministre Modibo Sidibé, nous lui avons dit que notre participation était conditionnée à l’harmonisation des accords conclus avec l’Etat. Il avait même répondu que l’Etat exécuterait tous les engagements auxquels il avait souscrit, mais… ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

13 Juin 2008