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Après 23 années de service au Mali, aussi bien dans les paroisses de campagne qu’auprès du monde étudiant, père Aldo, quitte notre pays pour son Italie natale. Le Centre d’étude et de culture Mgr Luc Sangaré dont il est le directeur depuis son ouverture il y a bientôt 4 ans lui a organisé samedi une cérémonie d’au revoir. C’était en présence des acteurs du monde scolaire et universitaire.

« Aujourd’hui, nous constatons que la culture a sérieusement baissé. Quand les jeunes sont soutenus, ils sont capables de récupérer le niveau. En cela, je suis confiant », a toujours pensé père Aldo Giannasi.

Il a servi 23 ans au Mali dont 15 dans les paroisses de campagne pour répondre aux besoins des hommes et des femmes et 8 ans auprès du monde étudiant comme professeur de philosophie au lycée Prosper Kamara et au Grand séminaire de Samaya. Il a toujours démarché les élèves et étudiants pour les inciter à étudier.

Malgré le poids des ans, il s’est engagé pendant longtemps dans un combat de revitalisation de l’école malienne.

Vu sa détermination à sauver notre école, les responsables de l’Eglise lui ont confié en décembre 2006 le Centre d’étude et de culture pour jeunes Mgr Luc Sangaré, qui a pour but de permettre aux élèves, aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs d’avoir accès aux documents indispensables pour leur formation et leur recherche personnelle.

« Bien que directeur, le père Aldo a pleinement assumé un rôle d’éducateur. Un éducateur qui a le souci de l’avenir de la jeunesse malienne. Malgré le poids de l’âge, le père était prêt à partir visiter les écoles, les lycées, les Facultés à la rencontre non seulement des élèves et étudiants mais aussi des professeurs pour leur parler du Centre, pour leur faire connaître ce Centre d’étude et de culture, qui est construit pour eux et qui n’a de raison d’être que quand il leur est utile.

Il a sillonné malgré son âge au moins 50 écoles de la rive gauche pendant ces trois ans », a expliqué sœur Rosalie Somboro, un personnel du Centre.

« Père Aldo était très content lorsqu’il voyait beaucoup d’élèves et étudiants au Centre. Il faisait le tour pour voir ce que chacun fait. Il était heureux quand il avait beaucoup de cartes à signer, quand le nombre des inscrits montait de façon remarquable », a-t-elle encore témoigné.


Douloureuse séparation

Les derniers mots de père Aldo étaient encore basés sur le Centre. « Ce n’est pas la première fois que je prends la parole devant vous, depuis que le Centre Luc Sangaré existe, mais cette fois-ci c’est la dernière. Oui, comme vous le savez je vais quitter le Mali pour continuer mon travail en Italie ».

Le Centre, actuellement, dispose d’une documentation bien fournie. Il met à la disposition des élèves et étudiants des salles d’étude bien éclairées et aérées et une bibliothèque scolaire où ils peuvent trouver les documents dont ils ont besoin pour approfondir et élargir ce qu’ils reçoivent en classe.

Le Centre est aujourd’hui un exemple. Il a pu réaliser cette prouesse en l’espace de trois ans grâce à l’engagement du père Aldo.

Le proviseur du lycée Mamadou Sarr a dit que « le père Aldo est un audacieux. Il aime ce qu’il fait et tient à réussir. Il m’a toujours démarché, sans se décourager, pour qu’on parle de la pédagogie, d’école et de la jeunesse. J’ai beaucoup d’élèves dans le Centre, ils apprennent bien.

Ces élèves ont l’habitude de me demander si le père a un secret qui leur permet d’apprendre vite. Tout le monde a démissionné de sa responsabilité de mettre l’école sur la bonne voie. Le père Aldo s’est engagé et il a pu faire quelque chose ».

Pour Salif Berthé, le doyen de la Flash, il ne s’agit plus de parler mais agir pour sortir l’école malienne de la crise actuelle qu’elle traverse. « Cela a été bien compris par père Aldo. J’ai compris que père Aldo connaît le grand problème que nous avons à la Flash quand il est allé me demander la liste des livres dont les étudiants ont besoin. Il a voulu apporter sa petite pierre à l’éducation malienne », a ajouté le doyen.

« Les conseils du père Aldo nous ont été précieux pour le bon déroulement de nos activités, afin d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Nous le laissons partir malgré nous », a regretté la représentante du Club de réflexion scientifique de l’Ecole de médecine.

A la fin de la cérémonie, plusieurs cadeaux ont été offerts au père Aldo par des étudiants et ses collaborateurs.


Sidiki Doumbia

(stagiaire)

09 Juin 2008