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Depuis le début de la semaine et même bien avant, la population bamakoise est tantôt privée d’eau, tantôt d’électricité. C’est dans ce cadre qu’hier au siège de EDM-SA, le quotidien d’information privé  » l’Indépendant «  est parti à la rencontre du Conseiller à la communication de la société de distribution d’eau et d’électricité, Tiona Mathieu Koné afin d’éclairer la lanterne du public.

Plusieurs secteurs de Bamako sont privés depuis 48 heures d’eau par la société EDM SA plongeant les habitants de ces secteurs dans un véritable calvaire. Ce ne sont pas ceux d’Hamdallaye ACI 2 000 – où se trouve le siège de votre quotidien préféré – qui diront le contraire. Au moment où nous mettions sous presse dans le secteur en question EDM SA n’avait pas encore envoyé le liquide précieux.

Les habitants n’ont le choix que de prendre leur mal en patience. Avec tout ce que cela comporte comme désagrément impossible de boire-on se croirait en plein désert du Sahara – encore moins faire du thé. Pour faire ses ablutions ou aller aux toilettes, force est de se rabattre sur les quelques rares puits du coin qui sont subitement devenus de véritables trésors.

Hamdallaye ACI n’est pas le seul secteur concerné par le manque d’eau imposé par EDM SA. A la Maison du Combattant où nous sommes passés hier dans la matinée, l’on était aussi abonné au régime sec. Idem pour certains vieux quartiers comme Médine. Pourquoi EDM SA s’amuse -t-elle à infliger un tel supplice à ses clients ?

Pour le Conseiller à la communication, Tiona Mathieu Koné, que nous avons approché hier, le problème se situe à deux niveaux. Le premier, c’est qu’en période hivernale, malgré une production suffisante d’électricité, EDM-SA rencontre des problèmes de distribution et de transport.

C’est-à-dire l’acheminement de l’électricité dans les centrales et sa distribution aux populations. Cela est dû aux orages qui sont les premiers ennemis de toute entreprise productrice d’électricité. Il y a les arbres et les toits des maisons qui coupent les fils, il y a les incendies de poteaux etc.

S’agissant de l’eau, le Directeur à la Communication d’EDM SA de laisser entendre que le problème se pose plus en termes de capacité de traitement de l’eau qu’en terme de sa disponibilité. Cette capacité de traitement engendre un déficit de près de 20 000 m3 d’eau. C’est dire que le Mali produit actuellement 180 000 m3 pour une demande de 200 000 m3.

 » Avec une bonne pluviométrie les agriculteurs et les éleveurs sont naturellement ravitaillés. Mais comment compenser les 20 000 m3 d’eau restants quand il y a, d’un côté, une mauvaise gestion de l’eau déjà insuffisante de la part de la population elle-même et, de l’autre, quand la seule et unique source de ravitaillement qu’est le fleuve Niger est polluée ou toxique « , a-t-il regretté.

Avant de révéler que le traitement de l’eau coûte excessivement cher

 » Raison pour laquelle nous préférons qu’il y ait pénurie d’eau plutôt que de mettre en danger la vie de nos populations avec de l’eau impropre à la consommation «  a-t-il poursuivi.

Moulaye H HAIDARA

L’Indépendant du 21 Juillet 2010.