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Les Maliens qui voulaient se rendre à l’étranger par voie aérienne en fin décembre 2008 ont vécu un véritable calvaire. Ils n’ont en effet pu prendre leur vol à cause dit-on d’un manque criard de Kérosène dans notre pays. Le Kérosène, il faut le rappeler, est un liquide pétrolier incolore ou jaune pâle, distillé entre 175 et 250°C principalement utilisé comme carburant d’aviation.

Selon nos sources, la pénurie de ce carburant des vols internationaux a provoqué la colère de toutes les compagnies aériennes qui desservent notre capitale. C’est surtout celle de la Compagnie Aérienne Air France et celle de la Royal Air Maroc qui ont été les plus ressenties par les passagers maliens. Est-il en effet besoin de rappeler que chacune de ces compagnies aériennes assurent quotidiennement la navette entre le Mali et les principales capitales occidentales.

Par manque de Kérosène, ces deux compagnies ont alors décidé de revoir leur calendrier de vol en direction du Mali. Après avoir annulé certains vols, annulation qui a causé beaucoup de désagréments aux passagers maliens en partance pour l’extérieur et en provenance de l’extérieur, les deux compagnies aériennes (Air France et Royal Air Maroc) ont finalement décidé de reprendre du service.

Mais, le comble est que le transport du Fret a été considérablement revu à la baisse. Il ressort de nos enquêtes menées auprès du bureau des douanes de l’aéroport de Bamako-Sénou que le transport des Frets ne reviendra à la normale que le 6 janvier 2009. Une décision qui priverait beaucoup ce bureau de recettes douanières, nous indique-t-on en outre.

Pour le chef du bureau des produits pétroliers, l’inspecteur des douanes Soumana Mody Coulibaly que nous avons pu joindre au téléphone «il n’y a jamais eu de pénurie de Kérosène au Mali».

Cependant, tiendra-t-il à ajouter, le manque de Kérosène qui a été observé vers la fin de l’année 2008 a été provoqué par la fréquence de rotations des pèlerins de retour de la Mecque et surtout les fêtes de fin d’année dans certains pays côtiers (le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana entre autres).

Ces pays, à cause de ces fêtes, peuvent observer un arrêt de travail de 3 voire 4 jours. Toutes choses qui empêchent nos camions-citernes de se ravitailler correctement et de rallier le Mali.

Selon lui, «un avion qui se pose, s’il n‘est pas sûr d’être ravitaillé ne prendra jamais de risque». C’est ce qui explique l’attitude de la Compagnie Air France qui consomme à elle seule près de 30 000 litres de Kérosène par jour.

Quant à celle de la Royal Air Maroc, affirme en outre le chef du bureau des produits pétroliers des douanes du Mali, sa position peut s’expliquer par le volume actuel de Kérosène existant au moment des faits. Ce volume qui est normalement de 300 000 litres pour le ravitaillement de 15 à 20 avions était loin du compte. En fin décembre 2008, le volume de Kérosène existant au Mali était largement en dessous du ravitaillement de 15 à 20 avions.


C’est ce qui explique pourquoi les compagnies aériennes se plaignent aujourd’hui.

Mais du côté des autorités, cette colère desdites compagnies aériennes ne se justifie point. D’abord parce qu’il n’y a jamais eu de problème de Kérosène. Le chef du bureau des produits pétroliers des douanes du Mali, affirme que même la nuit des avions sont ravitaillés.

Ensuite au Mali, il y a une exemption des droits des carburants des vols internationaux. Ce qui veut dire en clair, qu’aucune compagnie aérienne ne paie un franc sur l’essence avion.

Ce qui est sûr, cette pénurie de Kérosène que vient de vivre notre pays prouve que nos autorités n’ont pas le sens de l’anticipation. Ne dit-on pas d’ailleurs que «gouverner c’est prévoir».

Les désagréments dûs au retour des pèlerins à Bamako et aux fêtes de fin d’année dans les pays côtiers n’étaient-ils pas prévisibles ? Pourquoi attendre que le problème se pose pour chercher une solution ? Ce sont là autant de questions qui interpellent aujourd’hui nos autorités.

Birama Fall

07 Janvier 2009