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Annoncée plusieurs fois, puis reportée, la mesure d’augmentation du prix du pain devait, en principe, entrer en application le 14 Novembre 2007, si l’on en croit les informations émanant des acteurs de la filière.

Cette augmentation pourrait bien se concrétiser, car déjà, une crise de pain sévit sur le marché, avec la décision des boulangers d’aller en grève, à cette date.

Dans la capitale, la colère des populations est montée de quelques crans, due à la rareté, sinon à l’absence de pain sur le marché. Si bien qu’aujourd’hui, c’est l’Etat que tous les consommateurs interpellent, surtout que personne ne prévoir les limites de cette colère.

Selon bon nombre de ces Maliens, l’Etat, ou tout au moins le département de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, ne devrait, en aucun cas, accepter de céder à l’extrêmisme de quelques opérateurs dont le principal souci est seulement d’engranger du profit, en pensant pouvoir mettre l’Etat sous pression.

Pourtant, depuis belle lurette, l’opérateur privé des Grands Moulins du Mali (GMM) s’était impliqué dans le problème, en tirant la sonnette d’alarme sur une possible augmentation du prix de son sac de farine de blé. Cette augmentation pourrait-elle se faire sans la complicité de certains opérateurs avides de gain facile ?

L’économie serait-elle prise en otage?

Les responsables de GMM auraient réuni quelques acteurs évoluant dans le secteur, dans un cadre dit de concertations des acteurs de la filière pain, une structure qui serait pilotée par M. Mamadou Lamine Haïdara.

Ce dernier aurait adressé, le 13 Novembre 2007, une correspondance à la ministre de tutelle, Mme BAH Fatoumata Néné Sy, pour lui rendre compte de l’assemblée générale tenue le 12 Novembre 2007, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM).

Au cours de cette assemblée, les membres dudit cadre de concertation de la filière ont du, selon eux, prendre acte de la décision prise par trois syndicats des boulangers : le Syndicat National des Boulangers, le Syndicat Patronal des Boulangers, et l’Alliance des Boulangers du Mali.

Ainsi, après cette décision d’augmentation, les bagettes de petit et de gros pain seront cédées à 150 et 300 FCFA. Rappelons pourtant que dans les boutiques, la miche de gros pain était vendue à 250 FCFA, et moins chez certains revendeurs au niveau des dépôts de la capitale.

La nouvelle mesure d’augmentation vise, indique-t-on, à assurer une vente exclusive au niveau des guichets. Ce qui revient alors à supprimer le coût de la commercialisation. Selon les acteurs déterminés à appliquer cette mesure, cette augmentation se fera, parce que l’Etat tarde à s’impliquer dans cette affaire très sensible.

Et pourtant, ces acteurs ne parlaient pas le même langage, lors de leur assemblée générale tenue au mois d’Août, à la CCIM. Aux dires de certains consommateurs, ce cadre ne dispose d’aucune légimité, mais soutient vouloir instaurer “un dialogue franc” avec le ministère de tutelle, afin de trouver les mesures d’accompagnement idoines, face au problème.

En créant de telles difficultés, les Grands Moulins du Mali veulent tout simplement affamer les Maliens, car ses responsables savent pertinemment que l’augmentation du prix de la farine aura des répercussions sur le prix de vente du pain, par conséquent sur le pouvoir d’achat du citoyen”, lance un consommateur.

Ce qui est navrant dans cette affaire, c’est qu’aux Grands Moulins, il est reproché et la qualité de leur farine, et la quantité de leur sac qui, selon certains acteurs, est en dessous du poids normal.

Aux dires d’autres acteurs évoluant dans la filière, ce sont les responsables de GMM qui manipulent aussi quelques individus se réclamant du cadre de concertation de la filière susmentionnée.

Les responsables dudit cadre n’aurait aucune légitimité, et il ne regrouperait pas les vrais acteurs de la filière, disent certains consommateurs. Aussi, la seule responsabilité qui vaille est celle que l’Etat doit désormais prendre, face au danger de la pénurie.


Laya DIARRA

15 novembre 2007.