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Depuis quelques mois, les autorités maliennes en charge de la gestion du foncier, notamment le département du Logement des Affaires Foncières et de l’Urbanisme ont organisé la tenue des concertations sur le foncier. Première étape d’un processus devant aboutir à l’organisation des états généraux sur le foncier au Mali.

Au moment où se déroule la phase de concertations régionales sur le foncier, des conflits fonciers font rage çà et là sur l’étendue du territoire national. Ceux qui pensaient qu’il s’agissait de la situation des communes du seul District de Bamako doivent se détromper car, même dans le Mali profond il se produite des conflits parfois aux conséquences incalculables.

Les cas du conflit de Golougou

N’est-ce pas le cas de Golougou, un village du cercle de Badiangara? En tout cas, en ce moment, la situation n’est pas des plus reluisantes dans ce village où les habitants sont à couteaux tirés au sujet des convoitises de terres. Il ne s’agit pas de parcelles à usage d’habitation cette fois-ci, mais de querelles autour des champs.

Cette situation qui est en train de défrayer la chronique à travers le pays avec son corollaire de blessés et de personnes emprisonnées mérite que les autorités du pays au plus haut niveau s’impliquent afin d’éviter que la situation ne prenne des tournures plus dramatiques et pour éviter des abus dans les relations entre autorités administratives et populations. Il semble que ce soit le cas présentement à Golougou, cercle de Badiangara.


Les faits

Comme nous l’avions dit plus haut, il s’agit d’un litige entre les composantes de la population d’un même village : les autochtones et ceux qui sont venus s’y établir plus tard. Les seconds, selon nos sources, devenus plus nombreux que les autochtones, ont manifesté un plus grand besoin de terre cultivable. Malheureusement cela ne s’est pas passé dans le cadre de concertations pacifiques.

Puisqu’en la matière il ne faut pas s’attendre à ce que les premiers occupants de la localité se laissent faire, ils ont opposé résistance au retrait de leurs champs. Et depuis, rien ne va plus entre les deux parties. Il y a eu des accrochages à l’issue desquels on a enregistré des blessés et heureusement qu’il n’y a pas eu mort d’homme, sans doute à cause de la promptitude des autorités administratives.

Là encore, il y a problèmes, dans la mesure où les arrestations sont nombreuses dans les rangs des propriétaires de champs de Golougou qui s’étant de part et d’autre d’un cours d’eau. On dénombre au total, selon nos sources douze propriétaires de champs privés de leur liberté après un incident ayant fait des blessés graves.


Des arrestations

Par ailleurs, nos sources rapportent que même des ressortissants du village qui s’y rendent sont menacés d’arrestation par les autorités craignant qu’ils viennent envenimer la situation. Ceux qui ont été pris, ajoute-t-on, sont sommés de payer une somme importante pour recouvrir leur liberté. Pour certains, cette somme avoisine 5 00 000 francs CFA.

Toute chose qui explique que l’air est grave à Golougou et que les autorités prennent des mesures idoines pour mettre fin à cette situation dont les conséquences pourraient être plus grave si on traîne les pieds dans sa gestion.

En effet, tout est parti du fait que certains, les nouveaux arrivants, ont détruit les plants d’oignon dans les champs de certains autochtones qui n’entendent pa de cette oreille. Espérons que la raison l’emporte sur la passion.


Le cas de la commune i du district de Bamako

Dans le District de Bamako, s’il y a une situation qui préoccupe sur le plan de la gestion du foncier, c’est celle de la commune I relative à la gestion des 84 hectares, zone qui a fait l’objet de démolition de la part de l’actuelle maire Mme Konté Fatoumata Doumbia. Depuis l’arrivée de cela-là à la tête de la mairie de la commune I, les problèmes fonciers ne cessent de se multiplier.

Les victimes de cette casse ordonnée sont organisées en associations, puis en coordination et se battent par voie juridique pour être indemnisées des suites des ravages sous les ordres de la mairie de la commune qui est en train de faire des bornages avant de revendre les mêmes parcelles à d’autres personnes. Quel gâchis.

Si bien que ceux qui croyaient que les élus de la mairie de la commune I du District de Bamako allaient se consacrer à la gestion des problèmes laissés par leurs prédécesseurs doivent se détromper, puisqu’au contraire ils sont en train de créer d’autres situations explosives qui seront des objets de préoccupations pour ceux qui viendront après eux.

Comme pour démontrer à la face de l’opinion publique nationale qu’après eux, c’est le déluge. A ce rythme n’est-on pas en train de fouler aux pieds les textes fondateurs de la décentralisation, un processus dit pourtant irréversible par les plus hautes autorités du pays?

Toutes ces situations entre autres démontrent que les concertations sur le foncier viennent à point nommé. Espérons que les attentes des populations seront comblées.


Moussa SOW

26 Janvier 2009