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Mohamed El Béchir Singaré, coordinateur de la peine de mort à Amnesty international Mali a indiqué que la question de la peine de mort est revêtue d’un tabou religieux et culturel. « Notre objectif est de la déshabiller de son harnachement suranné de tabou culturel ou religieux pour l’embellir de vrais arguments juridiques et réalistes« , a-t-il déclaré.

Il a ensuite défini la peine de mort avant de lever le voile sur les éléments qui militent en faveur de son abolition. Selon M. Singaré, la peine de mort est une condamnation résultant d’une décision de justice rendue par un tribunal, régulièrement constitué, appliquant les règles de procédure pénale.
« La peine de mort est donc un homicide volontaire, un crime de l’Etat« , a-t-il soutenu.

Dans son argumentaire sur l’abolition de la peine de mort, d’entrée de jeu, M. Singaré a cité l’article 3 de la déclaration universelle des droits de l’Homme qui stipule que : « tout individu a droit à la vie et à la sûreté de sa personne« .

Il dira que la peine de mort est donc la négation absolue de la dignité et de la valeur de l’être humain telles que proclamées dans le préambule de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. « Il faut abolir la peine de mort parce qu’elle est le traitement le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. Elle est discriminatoire car elle concerne surtout les populations vulnérables, démunies et de faible niveau d’éducation« , a-t-il indiqué.

Il a aussi rappelé qu’il y a toujours un risque d’exécution d’innocents, ce qui représente un danger de par son caractère irréversible. Il a estimé qu’il n’y a aucune preuve de son effet dissuasif. « L’utilisation de la peine de mort quels que soient les procédures, les recours, se heurte à l’injustice et à l’arbitraire qui entoure la pratique de cette peine« , a-t-il déclaré.

Le conférencier a en outre estimé qu’une exécution judiciaire n’est pas un acte de légitime défense de la société mais un meurtre prémédité perpétré à titre de châtiment. Or, selon lui, ce châtiment pouvait être atteint par d’autres moyens moins définitifs qui ne violeraient pas de droit à la vie.

Pou tout cela, il dira que la commission des Nations Unies pour les droits de l’Homme a demandé à tous les Etats d’abolir la peine de mort et à défaut d’instituer des moratoires sur toutes les exécutions. « Le Mali avait un moratoire entre 2002 et 2004, mais depuis que ce moratoire a pris fin, nos démarches auprès des autorités pour l’adoption d’un nouveau sont restées vaines« , a-t-il conclu.

Assane Koné

12 octobre 2006.