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C’est au total une quatorzaine de pays africains qui ont supprimé de leur loi pénale la peine de mort. Le Mali est en voie d’agrandir le cercle des pays abolitionnistes. C’est ce qui ressort, en tout cas, du communiqué du Conseil des ministres du mercredi 17 octobre.

L’occasion était bonne pour le nouveau ministre de la Justice Marafa Traoré, de donner son point de vue sur la question. C’est environ une soixantaine de personnes qui sont aujourd’hui condamnées à morts qui vont bénéficier de la prison à perpétuité, lorsque l’assemblée adoptera le projet de loi.

C’est lors du Conseil des ministres du mercredi 17 octobre, qu’il a été adopté un projet de loi portant abolition de la peine de mort. La question que l’on est en droit de se poser est de savoir si l’abolition de la peine de mort ne va pas accroître la criminalité dans notre pays.

Mais, aux dires de Marafa Traoré, le nouveau ministre de la Justice qui n’a pas voulu citer le nom d’un quelconque pays, que malgré l’application de la peine de mort, la criminalité n’a pas baissé. Toute chose qui fera dire au ministre que la peine à perpétuité est une sanction qui va remplacer désormais la peine de mort.

Il notera que le Mali faisait partie des pays abolitionnistes dans la pratique dans la mesure où depuis 1980 ce sont seulement deux condamnés à mort pour meurtre et vol à main armée qui ont été passés par les armes.

Et depuis cette date, les peines de mort prononcées sont commuées en réclusion criminelle à perpétuité par grâce présidentielle. C’est pour cela qu’il a soutenu que les plus hautes autorités de notre pays, profondément imprégnées des valeurs d’humanisme, ont fait le choix de ne pas ôter la vie à un être.

En supprimant la peine de mort, le Mali met en accord ses principes et ses règles avec la disposition de sa loi fondamentale dont l’article 1er prescrit que « la personne humaine est sacrée et inviolable. Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne » et, d’autre part, avec des engagements internationaux auxquels il a souscrit.

Il faut noter que la peine de mort constitue la peine suprême dans l’échelle des sanctions pénales prévues par la législation pénale de notre pays. L’article 4 de la loi du 20 août 2001 portant code pénal qui a repris les termes de la loi du 3 août 1961 dispose que les peines criminelles sont, entre autres, la mort, la réclusion à perpétuité, la réclusion de 5 à 20 ans.

Cependant, dans la note il est écrit qu’à l’échelle mondiale, les idées abolitionnistes ont connu une avancée remarquable au cours des dernières décennies.
Ainsi, on compte aujourd’hui 112 pays abolitionnistes en droit ou en pratique sur 192 pays membres des Nations Unies.

Ramata TEMBELY

26 octobre 2007.