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une-103.jpgL’homme sortait chaque matin pour se rendre au centre-ville où il était supposé travailler et ne revenait que le soir. Il s’isolait presque aussitôt dans la chambre qu’il occupait et qui donnait sur une grande cour, entourées d’autres bâtiments donnés en location. Dans cette même concession vivait une famille modeste, mais au sein de laquelle les parents s’étaient employés à donner une éducation stricte à leurs enfants. Ces derniers n’osaient même pas mettre le nez dehors sans la permission de leur mère. Cette dernière partait chaque jour au marché pour vendre des condiments et revenait aux environs de 10 heures pour faire la cuisine.

Quelque chose d’intéressant

Comme à l’accoutumée, le 8 août dernier, la brave dame s’en était allée à son petit commerce, laissant ses quatre enfants dans le modeste salon de son logement. Le père était lui aussi sorti très tôt le matin à la recherche d’un travail journalier. Ce jour là, Diarra n’avait pas quitté sa chambre. Il avait dit à un voisin avec lequel il avait l’habitude d’échanger quelques mots le soir à son retour de la ville qu’il restait à la maison pour regarder la cérémonie d’ouverture des Olympiades de Beijing. Il s’était donc confortablement installé devant son téléviseur qu’il avait mis en marche.

Aux environs de 9 heures, il ne restait d’autres adultes dans la concession que Diarra et une vieille femme dont le logis était contigu à celui de l’homme. Cette dernière était très occupée à faire sa cuisine et n’avait donc pas remarqué que la petite D.D., la fille de ses voisins, était sortie du salon de sa famille. La fillette avait été attirée par le son du téléviseur de Malamine qui regardait des dessins animés sur une chaîne étrangère. L’enfant qui avait reconnu le générique de l’émission vint frapper à la porte de l’homme. Ce dernier l’autorisa à entrer et l’installa tout contre lui sur la chaise qu’il occupait. Pressés l’un contre l’autre, ils se mirent à regarder l’émission pendant quelques instants avant que le gaillard ne s’enhardisse et ne commence ses premiers attouchements. Il constata que la petite ne s’effarouchait pas, interprétant certainement ces gestes comme des manifestations de tendresse paternelle.

La passivité de l’enfant a dû convaincre le pervers qu’il pouvait agir sans que la petite ne cherche à lui échapper. Il fit asseoir alors l’enfant sur ses genoux et lui annonça qu’il allait lui apprendre quelque chose d’intéressant. Mais, ajouta-t-il, la petite ne devait en parler à personne, même pas à son père et à sa mère. La fillette fit signe qu’elle avait bien compris et l’homme se jeta alors brutalement sur elle. L’enfant ne put s’empêcher de pousser un cri de douleur qui se perdit dans le son du téléviseur que Malamine avait pris le soin de pousser à fond. Le pédophile put donc continuer à martyriser à son aise la gamine qui pleurait et gémissait sans que personne ne l’entende.

Un cri déchirant

Lorsque Malamine eut satisfait sa libido, il s’employa à calmer sa victime. Il essuya ses larmes et essaya de faire disparaître le sang qui coulait entre ses jambes. Après qu’il eut rendu l’enfant aussi présentable que possible, il la fit asseoir quelques minutes, le temps que les douleurs diminuent. Il lui donna également un bonbon et une pièce de 10 francs. Ensuite il réitéra ses consignes à la fillette de ne pas parler de ce qui s’était passé ni à ses parents, ni à personne d’autre. L’enfant essaya de se lever pour aller chez elle, mais la douleur restait encore trop forte. Elle ne parvint pas à tenir sur ses frêles jambes et s’effondra au sol. Mais son bourreau avait hâte de l’éloigner du lieu de son forfait. Il empoigna donc la fillette par le bras pour l’aider à tenir debout et entrouvrit la porte pour voir si tous deux pouvaient se risquer dans la cour.

La vieille femme était toujours occupée à la cuisine et la mère de l’enfant n’était pas encore de retour du marché. Diarra assura donc sa prise sur l’enfant et l’aida à marcher jusqu’à la porte de l’appartement occupé par ses parents. Il voulut la laisser faire seule les derniers mètres qui lui permettraient de regagner son logis. Mais à peine eut-il lâché le bras de la petite que cette dernière tomba à nouveau à terre, en poussant un cri déchirant. Ce fut ce cri qui fit sortir la vieille femme de sa cuisine. La brave dame ne put retenir un gémissement horrifié devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux. Puis elle se mit à crier de toutes ses forces pour essayer d’alerter les voisins. Personne ne l’entendit.

Malamine Diarra mit à profit la surprise et le désarroi de la femme pour courir boucler la porte de sa chambre avant de se ruer en catastrophe hors de la concession. Peu de temps après, la mère de la fillette arriva et constata l’inimaginable drame. Elle emmena son enfant dans un centre de santé privé où la petite reçut les premiers soins. A son retour, tout le quartier qui avait appris son malheur se mobilisa pour rechercher le pédophile. Mais sans arriver à débusquer l’individu. Les parents se résolurent alors à faire une déclaration à la police. Les éléments de la BR du 11e Arrondissement entamèrent à leur tour la traque de l’homme qu’ils finirent par débusquer lundi dernier.

Diarra s’était installé dans les alentours de Sénou et pensait avoir ainsi mis assez de distance entre le lieu de son délit et lui. Amené au commissariat, il tenta dans un premier temps de nier en bloc les faits. Puis il craqua brutalement. Fondant en larmes, il mit tout à la charge de Satan qui l’aurait poussé à commettre cet acte ignoble. Hier encore, il était entendu par l’inspecteur Maky Sissoko qui l’enverra sûrement aujourd’hui au parquet de la Commune VI. L’avenir nous dira si Malamine a cédée à un instant d’irrépressible folie. Ou s’il est un coutumier de ce genre d’agression. Le soin qu’il a mis pour essayer de camoufler son acte ne milite pas beaucoup en faveur d’une pulsion irraisonnée et que l’auteur regretterait juste après.

G. A. DICKO

Essor du 13 aout 2008