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La route est un véritable outil de développement. Mais, faudrait-il l’entretenir pour la préserver de la détérioration, voire même de la disparition. Le principe de péage-pésage, une sorte d’impôt des routes, imposé sur certains axes routiers est une des solutions trouvées par le gouvernement pour maintenir ces infrastructures en bon état.

Le Mali, dans le cadre de son développement économique et social, connaît un retard imputable à l’insuffisance des infrastructures routières. Le gouvernement, à travers le PDES, a fait de la construction et de la réfection des routes bitumées un vrai challenge.

« Dans la mise en œuvre du PDES, nous ne cesserons jamais de parler car, c’est par la construction de routes que nous gagnerons le pari de l’intégration sous régionale », a rappelé le président de la République, Amadou Toumani, à l’occasion de l’inauguration des routes Kati-Kita et Diéma-Djideni qui relie notre pays aux ports de Conakry et de Nouakchott.

Ces routes, dont la réalisation est toujours bien accueillie par les populations des localités desservies, n’en resteront pas moins des investissements sans lendemain si elles ne sont pas entretenues et rentabilisées.

Le gouvernement en a fait une exigence. Cette volonté s’est traduite par l’érection sur les plus importants axes routiers du pays, de postes de péage et de pesage. Ces postes qui sont aujourd’hui opérationnels sur certaines destinations comme Kayes, Kita, Diéma, Sikasso doivent être respectés par tous.


500.000 F CFA par jour

Outre le fait qu’elle permet de discipliner les usagers, la mesure du péage et du pesage est une stratégie permettant de ne plus attendre les partenaires financiers pour faire face aux charges de réparation des voies. Générant d’importantes ressources financières provenant des usagers eux-mêmes, il est désormais possible de faire face, à temps, aux coûts d’entretien des infrastructures routières.

D’où l’espoir que le ministre de l’équipement et des transports, Hamed Diane Sémega fonde sur cette nouvelle politique. A chaque fois qu’il a l’occasion de se rendre sur le terrain, le ministre Séméga se fait le devoir de rendre visite aux agents chargés du péage et du pesage sur les différents tronçons. Il donne des instructions, fait des remarques et, au besoin, donne des directives pour corriger les dysfonctionnements qu’il constate.

Ces postes se sont révélés, en si peu de temps, un moyen générateur de gros revenus. Par exemple, du seul poste de Diéma où opère actuellement une équipe de 11 agents (6 « barriéristes » et 5 péagistes), les recettes journalières sont estimées en moyenne à 500 000 F CFA.

Pourtant, le ministre Séméga qui y a effectué une visite surprise récemment a été très critique au vu de l’état de dégradation des installations. Selon, c’est une situation qui ne se justifie pas d’autant que le poste est opérationnel il y a seulement quatre mois.


Une volonté politique bien affichée

Malgré la sensibilisation faite par le département autour de l’initiative, il existe encore des « poches » de résistance au niveau des usagers. En effet, certains sont loin d’abandonner les mauvaises habitudes. Ils sont réticents à s’acquitter de la modique somme de 500 F exigée. A ceux-ci, le président de la République a dernièrement répondu en sa façon en s’arrêtant au niveau du poste de Kati pour payer, en personne, son droit de traversée.

Pour l’instant, le pesage n’a pas démarré. Cependant, il s’annonce comme la solution aux surcharges des camions de transports.

Au niveau du département en charge de l’équipement et des transports, l’on compte encore sur la dissuasion. « Si malgré tout, les habitudes ne changent pas, alors, on pourra mettre l’accent sur la fermeté », nous a-t-on confié.


OUMAR DIAMOYE

31 Juillet 2008