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La faim dans le monde et l’impact croissant du changement climatique sont des symptômes dramatiques du problème persistant de la domination par la dette”. Cette assertion est fortement soutenue par les organisations de la société civile, qui voient dans les actions des institutions de Bretton wood une volonté délibérée de déstabiliser les pays du tiers-monde.

En effet, les institutions financières internationales comme le Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont une large part de responsabilité dans les dettes illégitimes, les politiques et les projets néfastes liés à des dettes. Chaque année, des centaines de millions de dollars de prêts sont utilisés pour financer des projets qui sont destructeurs de l’environnement et qui accélèrent le changement climatique.

Cela inclut les industries de pétrole, charbon, gaz et autres industries extractives, les projets d’infrastructures qui donnent lieu à une déforestation massive comme les barrages à grande échelle, le développement de routes dans les forêts tropicales et la production d’agrobiocarburant. Les prêts sont consentis par les gouvernements et son payés par des fonds publics mais les multinationales sont les principales bénéficiaires de ces projets.


Une politique dévastatrice pour l’environnement

La Banque Mondiale et les autres institutions financières internationales sont les principaux prêteurs pour des projets impliquant des industries fossiles. Depuis la signature de la convention sur le climat de 1992 et même après l’instauration de “politiques environnementales” issues de la conférence internationale sur le climat tenue à Rio au Brésil.

La Banque Mondiale a approuvé plus de 133 contrats financiers pour des projets d’extraction de pétrole, gaz et charbon. Le montant total est supérieur à 28 milliards de dollar US. Les banques régionales de développement et les agences de crédit à l’exploration ont aussi financé ces industries.

La Banque Mondiale est aussi un des principaux pionniers dans l’utilisation de prêts pour imposer des conditionnalités aux pays emprunteurs. Pendant plus de 3 décennies maintenant, les institutions financières internationales ont utilisé les prêts pour imposer des politiques qui renforcent la concentration de la richesse entre les mains des élites, qui perpétuent le pillage des pays du sud par les économies du nord et les multinationales, qui maintiennent le mouvement du sud vers le nord et qui se caractérisent par un paradigme du développement caractérisé par la surconsommation, la surproduction, la dépendance au pétrole et la poursuite de la croissance intensive par le charbon.


Liaison entre la crise alimentaire et la dette

Selon certaines organisations de la société civile, de grands paiements au titre du service de la dette tant extérieure qu’intérieures signifient que des ressources déjà rares sont déviées des investissements visant à assurer la souveraineté alimentaire et la protection contre le changement climatique. Cela fait partie de l’injustice de la dette et pour seule raison l’annulation de la dette, sa répudiation et d’autres formes de non paiement sont urgentes.

Cependant, les crises alimentaire et climatique actuelles doivent aussi être reliées aux politiques qui ont été imposées aux pays du sud pendant des décennies, à travers l’utilisation de la dette et de l’aide, l’accès au crédit, et même l’allègement de la dette comme des instruments de coercition.

On peut entre autres retenir primo: l’imposition de prescriptions universelles pour des stratégies de forte croissance économique orientée vers l’exportation qui a mené à la dépendance vis-à-vis d’importations chères de semences OGM, de fertilisants et de pesticides, a conduit à des changements massifs vers des cultures exportables non basiques et non alimentaires, incluant les biocombustibles, a mené à la conversion de terres agricoles en zones industrielles pour l’exportation , pour des logements de luxe et des centres touristiques, et a conduit à l’obligation de recevoir de l’aide alimentaire.

Secundo la libéralisation financière, commerciale et des investissements a conduit à la concurrence déloyale des produits alimentaires subventionnés depuis le nord, à des projets d’extraction abusive de minéraux et d’autres ressources naturelles, et à la privatisation des droits basiques de l’homme comme l’eau et l’électricité.


Malgré allégement le fléau persiste

Aussi, la société estime que malgré une décennie de promesses et d’initiatives d’allègement de la dette, le fléau de la servitude pour la dette continue à faire payer un lourd tribut.

De plus, les solutions avancées pour les crises alimentaire et climatique pour les institutions financières internationales, les pays du G8 et autres intérêt économiques et des entreprises du nord, incluant de nouveaux prêts et des concessions commerciales et financières additionnelles, sont par essence simplement encore la même chose que les vieilles politiques qui ont contribué si grandement à la création de ces désastres.


Le paradoxe des institutions financières internationales

Depuis les années 1980 l’une des politiques phares des institutions de Bretton Wood fut la privatisation tous azumuts des entreprises d’Etat. Et les pays qui refusaient d’appliquer cette règle bénéficiaient immédiatement d’une suspension de leur appui. Cette politique, malgré l’étouffement de l’économie des pays, a continué d’être prêchée.

Mais avec le déclenchement de la crise financière actuelle, les différents pays riches, au lieu de la privatisation, se sont penchés vers la nationalisation au nez et à la barbe de ces institutions financières internationales. Cette situation paradoxale soulève la politique de deux poids deux mesures prônée depuis quelques années par ces banques internationales.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

17 Novembre 2008