Partager

Très actifs depuis quelques années dans la prise en charge des malades, les internes des hôpitaux maliens ne disposent pourtant d’aucun statut et travaillent souvent dans des conditions infra humaines. Pour manifester son ras-le-bol, la coordination nationale des internes, a décidé d’observer une grève de 48 h du 30 au 31 octobre 2006.

En décidant d’observer un arrêt de travail de 48 h entre le 30 et le 31 octobre 2006, les médecins internes du Mali entendent envoyer un signal fort aux plus hautes autorités sur leurs conditions précaires de travail qu’ils ne cessent pourtant de décrier depuis plus de 6 ans.

Les médecins internes sont fortement représentés dans les différentes structures sanitaires. Ils jouent un rôle de premier plan dans la prise en charge des malades dans les hôpitaux et autres centres de référence ou communautaires.

Les seuls hôpitaux du Point G et de Gabriel Touré, utilisent à eux seuls environ 500 internes, qui travaillent sans relâche nuit et jour.

Selon le coordonnateur national des internes du Mali, Chaka Kéita, les internes du Mali sont avant tout confrontés à un problème de statut. « Depuis environ 6 ans, nous les internes sommes confrontés à un problème de reconnaissance aussi bien au niveau de la Faculté qu’au niveau des hôpitaux ».

Payés à 13 000 F CFA par trimestre

Naguère privés de rémunération, ce n’est qu’en 2000 qu’un mémorandum, signé entre les administrations des hôpitaux et les internes a fixé un intéressement trimestriel.

Au début de l’année, la coordination a soumis un cahier de charges en neuf points aux administrations des hôpitaux. Il s’agit par exemple de la dotation en tenues. Mais à ce jour, affirme Chaka Kéita, les internes du Centre hospitalo-universitaire Gabriel Touré attendent les leurs.

Les internes revendiquent aussi la gratuité des examens complémentaires comme la goutte épaisse et d’autres analyses et leur vaccination contre l’hépatite B pour se prévenir contre cette maladie vu qu’ils sont très souvent en contact avec le sang. « Nous ne pouvons pas risquer nos vies en sauvant des vies », s’insurge le coordonnateur national.

Mais, la principale pomme de discorde reste la rémunération. Un interne gagne 120 F CFA par jour, soit approximativement la modique somme de 13 000 F CFA par trimestre. Dans le cahier de charges, les futurs grévistes réclament 500 F CFA/jour. « Cette somme va bien servir les internes, ne serait-ce que pour assurer leur transport pour se rendre à l’hôpital », reconnaît M. Kéita.

Les étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS), après six années d’études, sont déployés dans les hôpitaux dans le cadre de leur formation pratique.

Mais, aujourd’hui, il s’avère que ces futurs médecins constituent en réalité la cheville ouvrière des hôpitaux qui refusent de reconnaître leur contribution.

Amadou Waïgalo

26 octobre 2006.