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Cette carrière est l’une des principales sources d’approvisionnement du District en pierres et moellons. Le département « Projet d’insertion dans la vie professionnelle à travers les investissements à haute intensité de main-d’oeuvre » (PEJIMO) de l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) y a fait extraire les matériaux qui ont servi au pavage de rues de la capitale notamment au Badialan I et au Dibida.

La carrière de Kognoumani fournit aux professionnels du bâtiment des moellons, des briques, des dalles, des pavés, des carreaux et des pierres concassées, etc. La mine est gérée par un groupement d’intérêt économique avec l’assistance technique du PEJIMO.

7 MILLIARDS DE FCFA. Il y a quelques semaines, les ministres Ibrahima N’Diaye, de l’Emploi et la Formation Professionnelle, Ahmed Diané Séméga de l’Équipement et des Transports et Mme Gakou Salamata Fofana du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme ont visité en compagnie du directeur général de l’APEJ, Modibo Gadjiko, la carrière de Kognoumani pour mesurer les conditions de travail des exploitants.

Le coordinateur du PEJIMO, Joseph Marie Diarra, a estimé à cette occasion que la construction des routes avec les matériaux locaux est le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté et le chômage des jeunes. La création du PEJIMO procède de ce raisonnement. Le projet est une action conjointe de notre pays, du Bureau international de travail (BIT) et du Grand Duché de Luxembourg.

Son coût financier s’élève à un million de dollar, environ 430 millions de Fcfa. Le gouvernement apporte, à travers les fonds PPTE, 7 milliards de Fcfa pour le financement des infrastructures.
Après sa mise en place, a indiqué Joseph Marie Diarra, le PEJIMO a fait le tour de toutes les carrières pour évaluer la production de pavés dans le District.

Il a ensuite aidé les exploitants à s’organiser en GIE. Ainsi 7 groupement ont été formés, dont celui de Kognoumani pour que les producteurs puissent bénéficier de l’assistance technique nécessaire au développement du créneau. Les membres des GIE ont d’abord été alphabétisés, puis formés par un expert belge et ceux du PEJIMO, en technique de fabrication de pavés et en gestion d’une petite entreprise. Ils ont aussi été formés au calcul de coût.

Le PEJIMO entend par le développement de petites et moyennes entreprises (PME), accroître les possibilités de création d’emplois pour les jeunes au Mali et la distribution de ressources en milieu rural. Le projet va aussi s’attacher à promouvoir les travaux à haute intensité de main-d’oeuvre dans le secteur des infrastructures, la formation de PME, l’implication et le renforcement des collectivités territoriales, l’utilisation des ressources locales, ainsi que la valorisation et l’organisation de la société civile.

Kognoumani est géré par 20 exploitants regroupés dans un GIE appelé « Kankeletigui ». Ils emploient à leur tour, environ 200 ouvriers, la main-d’oeuvre variant en fonction de l’intensité du travail. Chaque exploitant exerce un droit de propriété sur une partie de la carrière. La répartition des rochers est faite de commun accord. Seul les propriétaires sont habilités à poser les explosifs pour briser le roc.

Quant aux ouvriers, ils travaillent sous contrat avec les patrons de l’exploitations. Chaque ouvrier est payé selon sa spécialité. Les émoluments varient de la profondeur des excavations : 1500 Fcfa pour un trou de 1m ; 2250 Fcfa pour 1,5m et 3000 Fcfa pour 2m. Les tailleurs perçoivent 75 Fcfa par pierre taillée sauf le moellon. Là, ils sont payés à la journée de travail. La salaire journalier varie entre 2500 et 3000 Fcfa. Les pavés qui ne sont vendus qu’à l’APEJ, sont écoulés à 200 Fcfa l’unité.

Pour les autres produits, il n’y a pas de prix fixe, c’est selon les possibilités du client. Mais la mise à prix est de 200 Fcfa, voire plus.

La rédevence municipale :

L’exploitation de Kognoumani a été ouverte après la fermeture de la carrière de Fadjiguila, il y a près d’une décennie, explique Boubacar Coulibaly un habitant du quartier. Avant le démarrage des travaux de construction du château d’eau de Fadjiguila, les autorités communales ont notifié aux exploitants la fermeture de la carrière pour cause d’utilité publique.

Cette annonce a plongé dans le stress les exploitants qui se sont dispersés dans les différentes carrières de Bamako et banlieues. C’est ainsi que deux d’entre eux, Moussa Coulibaly et Mamby Traoré, ont ouvert la carrière de Kognoumani en 1998. Dix ans après son ouverture, la carrière figure parmi les plus fréquentées de la capitale du fait de la qualité de la pierre qui en est extraite.
Un succès qui ne fait pas sourire le maire Oumar Guindo et ses conseillers, lesquels reprochent aux exploitants leur refus de s’acquitter de la redevance municipale de 1000 Fcfa par exploitant.

L’édile a rencontré les exploitants pour leur parler des innovations qu’il veut introduire dans l’organisation de la filière à Kognoumani. Il a ensuite procédé à leur recensement avant d’ouvrir à leur intention un cahier de consultation médicale au Centre de santé de la commune. Mais, toutes ces initiatives risquent de rester vaines faute d’adhésion des bénéficiaires.

Les impayés des redevances s’accumulent et les consultations au Centre de santé ne se font pas, a regretté Oumar Guindo. Faux, répliquent en choeur les exploitants qui indexent le mauvais comportement des agents municipaux qui refusent de leur délivrer des quittances après paiement des redevances. Les exploitants ont décidé de ne plus payer un sou sans la quittance correspondante.

Joseph Marie Diarra décrit les expériences du Badialan I et du Marché Dibida comme la première phase d’un projet appelé à s’étendre au reste du pays pour des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre. La phase test qui n’avait concerné que Bamako et Ségou, a duré deux ans. Les conclusions ont été jugées satisfaisantes.

En outre, le ministre du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme et son homologue de l’Équipement et des transports ont passé commande pour aménager le tronçon reliant les facultés des Sciences juridiques et politiques et des Sciences économique et de gestion à la route de l’aéroport ainsi que la bretelle reliant la cite administrative au pont de la rivière Woyowayanko.

A.O. DIALLO

06 Mai 2008