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Le président rwandais, Paul Kagamé, s’en est une nouvelle fois pris à la Cour pénale internationale (CPI). Il a estimé, mardi, qu’elle représentait une justice « sélective » aux mains des puissants de « ce monde ».

Le président rwandais, Paul Kagamé, dont le pays n’a pas adhéré au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, est toujours aussi critique à l’égard de la justice internationale. « Il n’est pas possible d’avoir un système international qui est supposé offrir une justice et qui au final le fait de manière sélective ou politique », a-t-il déclaré, mardi 15 octobre lors d’une conférence de presse.

« Ce monde est divisé en catégories, il y a des gens qui ont le pouvoir d’utiliser la justice internationale ou le droit international pour juger les autres, mais ils ne se les appliquent pas », a poursuivi le président rwandais.

Kagamé a tenu à préciser que la position rwandaise à l’égard de la Cour pénale internationale n’était pas liée aux poursuites pour crimes contre l’humanité lancées depuis 2011 contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, élu en mars dernier. « Mais le (cas du) Kenya est un bon exemple des problèmes que nous avons eu avec la CPI », a-t-il précisé.

« Préjugés »

Fin septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président Kagamé avait déjà dénoncé les poursuites contre l’exécutif kenyan. « Les Nations unies et le Conseil de sécurité doivent étudier cette situation mais également la question plus large de la compétence universelle », avait-il déclaré.

« La CPI a fait preuve de préjugés à l’égard des Africains. Au lieu de promouvoir la justice et la paix, elle a négligé les efforts de réconciliation en humiliant les Africains et leurs leaders pour servir les intérêts politiques des puissants », avait ajouté Paul Kagamé.

Le président rwandais a également dans le passé critiqué le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), l’accusant d’être parfois trop clément vis-à-vis des responsables présumés du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, auquel le Front patriotique rwandais (FPR) de Kagame avait mis fin.

Mais il avait finalement admis qu’avoir ce tribunal onusien, également jugé parfois partial par des analystes pour n’avoir poursuivi aucun membre du FPR après leur arrivée au pouvoir, valait mieux que de n’avoir aucun mécanisme judiciaire international pour juger les génocidaires présumés.

16/10/2013 à 09:23 Par Jeune Afrique(avec AFP)