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A moins d’un report de dernière minute, le tribunal de la commune IV devra trancher qui de Mamadou Sinsy Coulibaly ou d’Amadou Sankaré s’installera dans le fauteuil très convoité de président du Conseil national du patronat.

Tous les regards sont désormais tournés vers le tribunal de grande instance de la commune IV. Après moult recours introduits, l’audience de demain déterminera qui des deux protagonistes prendra les rênes de l’organisation patronale, à moins d’un report de dernière minute.

Le 12 octobre, Amadou Sankaré gagnait une première manche. Le tribunal lui délivrait  une « ordonnance gracieuse », l’autorisant à occuper les locaux du CNPM. Déferlante a été la réaction du camp adverse qui s’est fendu le lendemain d’un recours en annulation de la décision. Au terme de plusieurs reports la décision autorisant Amadou Sangaré à s’accouder au siège de l’organisation est annulée le 30 octobre. Laissant la porte ouverte à une interprétation du style qu’elle ne donne pas droit à une expulsion des locaux.

Le verdict de demain, s’il est rendu, ne signifie pas ipso facto la fin de la bataille judiciaire. Loisible au perdant, conformément l’exercice à son droit, de se pourvoir en appel et par la suite devant la Cour suprême. L’épilogue à cette crise n’est pas pour demain. A moins que les parties décident de commun accord de se retrouver autour d’une table de négociation et dégager une solution acceptable et acceptée. Un compromis difficile, à l’heure où les faucons des deux camps ont pris de l’ascendance sur les modérés.  Difficile, mais pas impossible, puisque que le pays regorge de médiateurs traditionnels  – notamment les griots qui n’ont jamais baissé les bras chaque que quelque part les frictions naissent.

Chacun revendique la victoire

Non circonscrites les querelles de leadership pourraient rapidement dégénérer et conduire à terme à une scission du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). L’histoire des grandes organisations sous nos cieux est jonchée d’excroissances y compris dans les milieux politiques.

En guise de rappel, les doublons sur les listes de candidatures transmises ont justifié le report du vote sensé se tenir le 26 septembre dernier. Contre l’avis du secrétaire général, une assemblée générale est convoquée par Sankaré. Le matin, devant les portes closes les délégués ont siégé dans la rue. Au terme du scrutin, Amadou Sankaré est sorti vainqueur : 89 voix contre une seul suffrage accordé à Mamadou Sinsy Coulibaly et 17 votes blancs.

L’affaire a connu un rebondissement. Ne s’avouant pas vaincu, Mamadou Sinsy Coulibaly réunissait les délégués le 8 octobre à l’effet d’élire le bureau.  D’après le décompte effectué, sur un  total de 107 délégués présents,  il  raflait la mise avec 102 voix.

Georges François Traoré  

Source: L’Informateur