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Après les 100 coups de fouet infligés à un jeune couple la semaine dernière en application de la charia, les islamistes viennent encore une fois de faire parler d’eux. Samedi dernier, au grand dam des Maliens et de la communauté internationale, ils viennent de saccager des biens figurant désormais sur la liste du Patrimoine mondial : des mausolées à Tombouctou, les tombeaux des Askia à Gao.

C’est sous le regard impuissant des Tombouctiens que les islamistes d’Ansar dine ont procédé à la destruction de trois tombeaux. Il s’agit du tombeau de Sidy Mahmoud (1546), celui d’Alpha Mogya (1593) et de Sidy Elmoctar. Pour accomplir leur sale besogne en toute quiétude les fanatiques ont aligné des Pik up lourdement armés, comme pour tenir la population en respect.

Pas plus tard que le jeudi, l’Unesco avait placé Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril, alertant la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur cette ville aux mains des islamistes depuis la fin mars. A près le forfait, le porte-parole d’Ansar Dine s’est exprimé directement à l’AFP sur ces destructions, en laissant entendre dans un français approximatif qu’il s’agit de représailles à la décision de l’Unesco, annoncée jeudi, de placer Tombouctou, ville du patrimoine mondial de l’humanité, sur la liste du patrimoine en péril.

L’acte de destruction des mausolées par les islamistes a été qualifié par le gouvernement du navigateur interplanétaire Cheick Modibo Diarra de « furie destructrice assimilable à des crimes de guerre ». Le communiqué qu’il a fait diffuser indique qu’il s’apprête à engager des poursuites contre leurs auteurs aussi bien au plan national qu’au plan international.

C’est dire que notre tout puissant Premier ministre doté de pleins pouvoirs doit plus que jamais arrêter de tergiverser quant à l’intervention militaire de la CEDEAO.

Ousmane Ballo


Destruction de Mausolées à Tombouctou : le Gouvernement s’indigne…

Le Gouvernement apprend avec indignation, ce samedi 30 juin 2012, que des groupes extrémistes armés s’en prennent aux mausolées et aux tombes dans la ville de Tombouctou. Le gouvernement condamne cette furie destructrice assimilable à des crimes de guerre et s’apprête à engager des poursuites contre leurs auteurs aussi bien au plan national qu’au plan international. Le gouvernement mettra tout en œuvre pour identifier les auteurs de telles attaques et les traduire devant les juridictions compétentes, conformément aux lois en vigueur.

Dans ce sens, le conseil des ministres a déjà approuvé le principe de la saisine de la Cour pénale internationale et un groupe de travail est à pied d’œuvre à cet effet.

Le gouvernement tient à attirer, encore une fois, l’attention de la communauté internationale sur ces pratiques qui n’ont rien à voir avec l’islam, religion de paix et de tolérance dont prétendent se réclamer des extrémistes sans foi ni loi.

Le peuple malien continuera de s’opposer à ces pratiques obscurantistes qui heurtent ses valeurs culturelles et la morale internationale.

…..L’ODHP condamne !

L’Observatoire des Droits Humains et de la Paix (ODHP) condamne fermement la destruction délibérée des mausolées de certains des 333 Saints vénérés de la Ville Sainte de Tombouctou par des groupes terroristes. La violation systématique de ces lieux de recueillement et de prières, qui représentent depuis des siècles une partie de l’âme de cette prestigieuse Cité sainte, constitue une atteinte grave à la liberté religieuse, un crime de guerre. Face à ces actes de violence gratuite et d’intolérance religieuse, l’Observatoire des Droits Humains et de la Paix (ODHP) tire la sonnette d’alarme et demande l’implication de la Communauté internationale pour la préservation de ces sanctuaires inscrits depuis 1998 par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

Le Challenger du 3 Juillet 2012