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Le passage de témoin hier à la Primature entre le Premier ministre sortant et son successeur consacre la fin des hautes fonctions exercées pendant plus de 3 ans par Ousmane Issoufi Maïga.

L’instant était à la fois solennel et émouvant lundi à la Primature puisqu’il s’agissait, pour Ousmane Issoufi Maïga, de s’adresser pour la dernière fois à ses collaborateurs à la faveur de la passation de services entre lui et Modibo Sidibé. Il était exactement 11 h 45 lorsque le Premier sortant et celui entrant, tous deux vêtus de costume noir, ont fait leur apparition dans l’imposante salle aménagée pour la circonstance.

Décontracté l’ex-Premier ministre l’était. L’homme dont le parcours exemplaire a fait de lui un connaisseur avisé de tous les rouages de l’Etat a, du 29 avril 2004 au 27 septembre 2007, contribué par des initiatives heureuses au bien-être du peuple et à l’accélération du développement de notre pays.

Animé par la seule volonté d’œuvrer à la construction d’un Mali meilleur, Ousmane Issoufi Maïga a, pendant 3 ans et 5 mois, mis sa grande expérience au service du pays et aidé, du mieux qu’il a pu, à la concrétisation de la vision du président de la République par le Mali.

Sous son autorité, des actions ont été menées par les départements ministériels et par le Commissariat à la sécurité alimentaire dans des domaines comme la santé, la gouvernance, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures, etc.

S’adressant à son successeur, M. Maïga dira que le choix du président de la République sur Modibo Sidibé n’est pas anodin. Il procède, selon lui, de ses éminentes qualités. Au nouveau chef du gouvernement, l’ancien a réitéré ses vives et chaleureuses félicitations. « Vous prenez les rênes du gouvernement à l’entame du 2e quinquennat du président de la République ».

Concrètement, il s’agira, pour le nouveau PM, de réaliser, dans l’étape de l’action gouvernementale qui commence, l’ambition du chef de l’Etat pour le Mali à travers le Programme de développement économique et social. Ce programme vise à permettre à tous les Maliens d’ici 2012, de manger à leur faim, d’avoir accès à l’eau portable, de pouvoir bénéficier des soins de base dans un rayon de 5 km, de pouvoir envoyer tous leurs enfants à l’école primaire, de créer les conditions d’emploi pour la majorité des jeunes du pays et les conditions d’accès à un logement décent.

Mesurant l’ampleur et la lourdeur de la tâche qu’impose, de servir au plus haut sommet de l’Etat, dans un contexte où tout est prioritaire, le nouveau PM a déclaré que la nouvelle étape de l’action gouvernementale qui commence est de consolider, d’amplifier l’élan imprimé et d’ouvrir les chantiers pour créer les conditions d’un meilleur avenir pour les Maliens à l’horizon 2012.

« Si le Programme de développement économique et social balise la voie pour l’action du gouvernement, j’ai pleinement conscience qu’il ne sera possible de réussir le challenge de sa réalisation qu’en bénéficiant de l’accompagnement de toutes les compétences et de tous les talents où qu’ils se trouvent, dans le cadre du renouveau de l’action publique », a fait valoir Modibo Sidibé. Il a rendu hommage à Ousmane I. Maïga pour l’immense travail réalisé.

C’est avec émotion, voir avec un brin de nostalgie que les anciens collaborateurs ont vu partir de la Primature l’enfant de Bentia qui va certainement entamer de nouvelles activités.

Mohamed Daou

Des excuses

Avant de passer le témoin à son cadet, Ousmane Issoufi Maïga avait reçu le témoignage de sympathie et de considération de ses collaborateurs par la voix de Django Sissoko. « Tous vos efforts méritent les reconnaissances du président de la République. Vos collaborateurs affirment avoir beaucoup appris à vos côtés. Ils vous présentent leurs excuses pour les attitudes et agissements dans l’exécution des tâches quotidiennes. Mais, il n’y a jamais eu de volonté délibérée de ne pas exécuter strictement et scrupuleusement vos instructions », a soutenu M. Sissoko.

En réponse au directeur de cabinet de la Primature, l’ancien Premier ministre a également présenté ses excuses les plus sincères à ses anciens collaborateurs. « Je voudrais que vous acceptiez mes excuses pour les propos, les gestes et les coups de colère que j’ai eus par moments et qui n’étaient motivés que par le souci de bien faire et nullement, loin s’en faut, par le mépris ou la méchanceté ».

En reconnaissance à l’engagement, à la loyauté et à la rigueur de l’homme, le personnel de la Primature lui a offert le Ciwara du Nord.

M. D .

02 octobre 2007.