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Suspendue aux premières heures du coup d’Etat du 22 mars 2012, la France a repris depuis le lundi son aide au développement et sa coopération avec notre pays. L’information a été donnée mardi par Pascal Canfin, ministre français délégué en charge du Développement, à l’issue de sa visite de deux jours dans notre pays.

jpg_une-1558.jpgPascal Canfin a sanctionné sa visite de deux jours dans notre pays par un point de presse à l’ambassade de France. Le ministre français délégué en charge du Développement était arrivé au Mali le lundi 18 février. Il s’est rendu à Mopti et à Sévaré où il a visité l’hôpital de Sévaré (construit avec l’aide de la France et de l’Union européenne) et pris langue avec des autorités administratives et politiques de la ville au sujet du retour définitif de la paix et de la réhabilitation des infrastructures détruites. M. Canfin a placé son séjour malien sous le sceau de la reprise de la coopération au développement entre son pays et le nôtre. Une coopération selon lui, interrompue suite au coup d’Etat militaire du 22 mars et qui a vu geler 150 millions d’Euros de crédit.

Le redémarrage de l’aide au développement en direction de notre pays est aussi lié aux avancées de la feuille de route adoptée par le gouvernement de Diango Cissoko et surtout d’un agenda pour les élections prévues fin juillet 2013. Pascal Canfin a indiqué qu’il a rencontré au cours de son séjour, un certain nombre d’acteurs maliens que sont le président de la République Dioncounda Traoré et des élus locaux pour identifier des projets et axes de développement à financer en collaboration avec l’Union européenne et le reste de la communauté internationale.
Des interventions ciblées et listées

Les domaines d’intervention qui ont retenu l’attention du ministre français ont été ciblés et listés. Il s’agit de la réhabilitation des stations de pompage d’eau et des centrales électriques endommagées par les terroristes dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal, la reprise des travaux d’une station de pompage d’eau potable à Bamako qui avaient été arrêtés en même temps que l’aide bilatérale, l’accompagnement et le retour des réfugiés, le redémarrage des services sociaux de base (centres de santé, école), entre autres.

Le renforcement de la sécurité reste le point crucial de la présence française au Mali. Selon M. Canfin, « pas de développement sans sécurité et pas de sécurité sans développement ». La coopération décentralisée prend également son envol. Le ministre français a affirmé que plus de 160 communes françaises tissent des liens de coopération avec plus de 100 collectivités territoriales maliennes et celles-ci sont prêtes à reprendre leur coopération dans quelques jours.

Sous l’impulsion de la France, se réunira à Bruxelles à la mi-mai, une conférence des donateurs, avec la participation des ministres du Développement de l’Union européenne. L’objectif de la conférence sera d’explorer les voies et moyens d’aider le Mali.

« Après la victoire de la guerre, il faut consolider la paix et gagner la bataille du développement », a dit M. Canfin. Ce dernier a beaucoup insisté sur le dialogue politique et le respect des fondamentaux de la feuille de route. En réponse à une question relative aux soupçons d’exactions commises par l’armée malienne au Nord, il aussi fait savoir que l’armée française ne tolérerait aucune exaction sur le terrain en soutenant que cela remettrait en cause le « vivre ensemble » à moyen terme.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 21 Février 2013