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Pendant que les populations sont particulièrement préoccupées par les problèmes socioéconomiques dont la crise scolaire, la situation au nord et surtout la cherté de la vie, de nombreux acteurs politiques sont dans la logique des élections générales de 2012. Pourtant, nous ne sommes qu’au début du second mandat du président Amadou Toumani Touré. Alors, comment vont-ils se comporter d’ici la fin de ce mandat?

En plus, les élections communales se dérouleront en 2009; or on ne peut pas affirmer que les partis politiques ne sont pas intéressés par les compétitions communales, surtout quand on sait que les partis politiques, qu’ils soient grands ou petits savent que les élections communales de 2009 sont un moment d’évaluation de la capacité de mobilisation au niveau de la base.

POURQUOI DEJA UN CLIN D’OEIL POUR 2012?

On se demande ce qui amène certains partis politiques dès maintenant à des positionnements pour 2012. Cela semble être l’expression du fait que certains d’entre eux n’ont plus d’ambition, d’espoir pour le restant du mandat d’ATT, estimant que leur position actuelle ne leur permet pas de tirer profit de ce second mandat du président Amadou Toumani Touré.

Leur cas est sans doute compréhensible, on pourrait même considérer ces acteurs politiques comme ceux qui, par la force des choses, se retrouvent dans une situation désespérée. Leur salut, selon eux, réside dans des calculs sur le futur.

Ainsi, convaincus que le président Amadou Toumani Touré est à son second et dernier mandat, et qu’il ne présentera plus, conformément aux dispositions afférentes de la loi fondamentale en vigueur, certains acteurs politiques sont à la recherche d’alliés qui, selon eux, seraient sûrs pour les perspectives.

DES CALCULS PRAGMATIQUES

D’où des calculs pragmatiques dont l’objectif majeur est la conquête du pouvoir. Pourtant, au stade actuel de l’évolution de la situation politique et des partis, aucun d’eux, à lui seul, ne peut remporter l’élection présidentielle.

Partant de là, il est facile de comprendre que la classe politique est divisée en deux groupes principaux: ceux qui croient et espèrent que leur heure est venue d’être aux affaires et ceux qui sont convaincus que, quelle que soit l’évolution de la situation, il n’y a aucune probabilité qu’ils remportent une élection présidentielle au regard de la configuration politique actuelle.

Ceux-ci sont contraints, en tant que forces d’appoint, à fouiner çà et là à la recherche d’alliés qui, selon eux, aurait les chances de remporter les élections ou d’être parmi ceux qui ont la force nécessaire de mobilisation vers les urnes pour être, au finish vainqueurs de la compétition présidentielle.

LA POSITION DES POIDS LOURDS DE L’ECHIQUIER POLITIQUE

Naturellement, de l’autre côté, nous avons les ténors des partis les mieux implantés de l’échiquier politique national qui sont: l’Adéma, l’URD, le RPM. Ces trois grands seront, à l’occasion des élections de 2012, les distributeurs de cartes politiques, malgré qu’ils n’aient pas tous les mêmes relations avec le pouvoir.

En effet, le RPM est un parti de l’opposition, pendant que les deux autres partis l’Adéma et l’URD sont de la mouvance présidentielle. Et curieusement, on ne cesse de parler de la possibilité de retrouvailles Adéma-RPM pour le futur.

Comment les deux partis vont-ils pouvoir aplanir leurs contradictions d’ici là? C’est la question que beaucoup de gens se posent aujourd’hui. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce sont les cadres et militants des deux partis qui décideront de ce qui arrivera.

AU-DELA DES POIDS LOURDS

Le paysage politique se caractérise par un remue-ménage continuel, les acteurs politiques étant tous en train de chercher à quelle sauce ils seront mangés dans quelques années. Cela peut certes être considéré comme un pragmatisme, mais en réalité, ne s’agit-il pas là d’une fuite en avant?

En tout cas, la compétition la plus proche de la classe politique aujourd’hui est celle des élections communales de 2009. Ainsi, au rythme où certains vont, ils risquent gros, puisque leur réveil risquerait d’être brutal à l’issue des communales qu’ils négligeront et ils risqueront par conséquent de perdre un certain nombre d’acquis qu’ils avaient depuis longtemps.

Le constat fait aujourd’hui est que les militants de certains partis politiques sont en train de déménager ailleurs ; au même moment, ce sont des partis entiers qui sont en train d’opter pour la fusion dans d’autres partis plus grands pour avoir des perspectives politiques meilleures.

Sont-ils réalistes en agissant ainsi? Il semble que oui, quand on sait que nous allons inéluctablement vers la constitution de grands ensembles sur l’échiquier politique national. Ceux qui ne comprendront pas cela passeront à coup sûr à côté.

Moussa SOW

08 avril 2008.