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Le Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, a reçu hier, en présence de Mme Diallo M’Bodji Sène, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, le directoire du cadre de concertation des femmes des
partis politiques.

Selon Mme Mariko Korotoumou Théra, porte-parole du
directoire, la visite de courtoisie au Premier ministre a été organisée pour réitérer la gratitude des femmes à l’endroit du gouvernement qui a proposé et soutenu, dans le projet de la nouvelle loi électorale, des
dispositions favorables à une participation plus accrue des femmes à la vie publique de notre pays.

Entre autres dispositions favorables à la femme, le gouvernement avait prévu dans l’alinéa 3 de l’article 67 qui dispose « dans le cadre d’un scrutin direct qu’une liste ne doit comporter plus de 70 % de l’un ou de l’autre sexe« .

Malheureusement, le 15 août 2006, malgré une forte mobilisation des associations féminines du Mali,
l’Assemblée nationale a voté la nouvelle loi électorale sans l’alinéa 3 de l’article 67. « Cette disposition rejetée par les députés marque la volonté du gouvernement à légiférer pour réparer l’inégalité dont sont victimes
les femmes sur le terrain politique et c’est cette volonté politique que nous sommes venues saluer
« , a indiqué Mme Mariko.

La porte-parole du directoire du cadre de concertation des femmes des partis politiques a rappelé que la participation de façon générale des femmes au développement
de notre pays est une exigence reconnue par tous.

Mais, elle a estimé que cette participation n’est pas à hauteur de souhait en particulier dans la
sphère politique.

« C’est pourquoi, les femmes des partis politiques ont décidé de conjuguer leurs efforts avec le soutien du NDI et en accord avec les états-majors des partis politiques pour créer, le premier novembre
2003, un cadre de concertation des femmes des partis politiques »
.

Mme Mariko Korotoumou Théra a aussi levé le voile sur la mission principale du cadre de concertation des femmes des partis politiques.

Selon elle, ce cadre a pour mission d’organiser et de renforcer la solidarité des femmes
des partis politiques autour de leurs préoccupations communes et de les rendre plus fortes dans la construction au Mali d’une démocratie plus inclusive et plus intégrale.

Elle a ensuite procédé à la présentation des
membres chargés d’animer le directoire : Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye, RPM ; Mme Bernadette Kéïta, Bara ; Mme Théra Korotoumou Théra, PIDS ; Mme Goudo Diallo, RDP ; Mme Diakité Djénéba Sangaré, FAMA ; Mme Mariko Korotoumou
Théra de SADI…

De son côté, Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye a indiqué au premier ministre que les femmes du Mali ont apprécié l’initiative du gouvernement. « Votre initiative a suscité beaucoup d’espoir, mais les députés n’ont pas suivi
et nous pensons que le combat ne fait que commencer. Nous souhaitons que le gouvernement continue sur sa lancée
« , a-t-elle indiqué.

Mieux, elle a suggéré que le moment est arrivé que le gouvernement réfléchisse dans son domaine pour prendre des dispositions pour épauler les femmes dont la
compétence ne souffre d’aucun doute.

Pour sa part, le Premier ministre a indiqué que la proposition dans le projet de la nouvelle loi électorale marquait une attitude volontariste du gouvernement à mettre des dispositions en place pour que la femme puisse rattraper son retard.

Selon lui, quarante six ans après l’indépendance de notre pays, le gouvernement a estimé qu’il fallait encourager la femme malienne à jouer son rôle dans le développement du pays.

« Pour nous, c’était un moyen pour favoriser
positivement la promotion des femmes
« , a-t-il déclaré. Il a ensuite indiqué aux femmes que le véritable combat est à mener dans leurs formations politiques afin que les responsables acceptent de leur faire
plus de place.

« Le combat sera long et difficile, mais il doit se faire dans vos formations politiques« , a-t-il déclaré. Mieux, il a estimé que les hommes et les femmes doivent travailler à faire avancer nos lois positivement. Selon lui, le gouvernement a fait ce qu’il devait faire en
proposant cette disposition.

Mme Mariko a ensuite indiqué que les femmes sont conscientes que le combat se fera dans les partis politiques et que les femmes sont en train de s’organiser pour le réussir avec les hommes des partis politiques.

Leur combat n’est pas dirigé contre les hommes,
mais pour un développement accéléré du pays en mettant à contribution la majorité de la population.

« Nous allons nous battre pour avoir pendant les
élections à l’avenir plus que ce que les députés nous ont refusé
« , a-t-elle indiqué.

Tout en saluant l’initiative de la création du cadre de concertation des femmes des partis politiques, le Premier ministre a rassuré les femmes des partis politiques que toutes les fois que des
propositions féminines seront en compétition avec des propositions masculines à compétences égales, il y a de fortes chances que le poste soit octroyé à une femme.

Mais pour cela, il pense que les femmes doivent convaincre leurs camarades politiques dans les états majors pour qu’elles soient désignées.

Assane Koné

29 septembre 2006.