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Désormais, c’est Mme Théra Korotimy Théra, secrétaire aux relations extérieures du PIDS, qui est la porte parole du cadre de concertation des femmes des partis politiques. Elle a été élue à ce poste pour un mandat de six mois, en remplacement de Mme Mariko Korotoumou Théra, secrétaire à l’organisation du parti SADI, qui a eu le privilège exceptionnel de faire trois mandats à la tête de regroupement de femmes maliennes politiquement engagées.

Ce changement à la tête du cadre de concertation des femmes des partis politiques a été annoncé à la presse le 15 juillet 2008, pendant une conférence de presse organisée au centre Aoua Kéïta, au cours de laquelle les femmes des partis politiques ont dénoncé la faible représentativité de la gent féminine malienne dans les sphères de prise de décisions.

Mme Théra Korotimy Théra a indiqué que les femmes, avec 51%, constituent la majorité numérique de la population malienne estimée à 12 millions d’habitants. Selon elle, debout et omniprésente, la femme malienne est sur tous les fronts de l’édification nationale depuis la lutte anticoloniale jusqu’à l’avènement de la démocratie.

Mieux, elle dira que la Constitution malienne de l’indépendance, comme celle de 1992, donne une place de choix à la femme puisque, toutes interdisent toute discrimination basée sur le sexe et accordent à tous, les mêmes droits civiques. Elle a aussi rappelé que le Mali a ratifié la quasi-totalité des textes en faveur de la femme.

Malgré ce contexte favorable à la promotion de la femme malienne, Mme Théra est au regret de constater que les statistiques donnent des chiffres très décevants, de la 1ère à la 3e République, aussi bien pour les postes nominatifs qu’électifs.

Les derniers résultats des législatives ne sont guère encourageants. Dans la sphère politique, les femmes représentent à peine 1 % des maires, soit 7 maires sur 703 ; 6,53 % des conseillers municipaux, 10 % des députés, 8 % des conseillers au Haut conseil des collectivités territoriales par les mandatures”, a-t-elle déclaré.

Avant d’ajouter que ce sont ces constats qui ont amené les femmes des partis politiques, en accord avec les Etats-majors des principales coalitions et formations politiques du Mali avec l’appui technique du NDI, à créer le 1er novembre 2003, le cadre de concertations des femmes des partis politiques.

Elle a rappelé que ce cadre est un espace stratégique d’échange d’idées et d’expériences pour relever le défi de la participation politique des femmes.

Il a pour mission principale d’organiser et de renforcer la solidarité au sein des femmes des partis politiques autour de leurs préoccupations communes et les rendre plus fortes et plus présentes dans la construction d’une démocratie plus inclusive et plus intégrale”, a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter que le cadre de concertation mettra tout en oeuvre pour corriger l’image de notre démocratie qui se veut un modèle dans la sous-région et en Afrique et qui marginalise les femmes.

Déjà, pour les élections communales qui s’annoncent, le cadre de concertation des femmes des partis politiques compte organiser une grande campagne de plaidoyer lobbying afin que le représentation des femmes dans nos conseils soit proportionnelle à la représentation des femmes dans nos communes.

«Le Mali a besoin de toutes ses forces vives pour aller de l’avant sur le chemin de la démocratie et du développement durable» : tel est le message que le cadre de concertation des femmes des partis politiques veule faire comprendre aux responsables des partis politiques afin qu’ils se souviennent des femmes au moment de l’élaboration des listes de candidature.

Mme Théra a soutenu que ce message est aussi valable pour les décideurs au niveau de l’exécutif et au niveau de l’administration, afin que dans les nominations, l’on essaye de mettre en oeuvre la recommandation de la déclaration solennelle des chefs d’États et de gouvernement de l’Union africaine de juin 2004 qui préconise la parité dans toutes les instances de prise de décision. «Oui, construire une démocratie vraiment représentative est un grand défi et nous voulons le relever avec nos hommes, nos fils, nos maris, nos frères», a-t-elle conclu.

Assane Koné

18 Juillet 2008