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Après avoir visité les stands d’exposition de la 5ème édition du Salon international de l’agriculture de Bamako (Siagri) le mercredi, 23 avril 2014, au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, pour s’imprégner du travail abattu par le monde rural, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, non moins président des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (Fare-Anka Wuli), a revêtu son manteau d’homme politique samedi dernier pour aller à la rencontre des militants et sympathisants en Commune I du District de Bamako. Une rencontre qui rentre dans une vaste série de prises de contact avec les structures à la base tant dans le District de Bamako qu’à l’intérieur du pays.

Lors de cette rencontre, la salle de réunion sise à Sotuba en Commune I du District de Bamako a refusé du monde. Et pour cause, militants et sympathisants du jeune parti des Fare-Anka Wuli s’étaient fortement mobilisés pour réserver un accueil chaleureux à leur mentor, Modibo Sidibé, et écouter son message. Accompagné par les membres du bureau exécutif national de son parti, l’ex-Premier ministre a été accueilli sous un tonnerre d’ovations.

Après les mots de bienvenue, Alfousseyni Abba Maïga, 4ème Vice-président des Fare (ex-président du parti Panafrik dont la fusion a été faite avec les Fare), a fait un exposé sur le : «Premier Congrès ordinaire des 15 et 16 mars 2014 des Fare-Anka Wuli : contexte et justification». Il a rappelé que le parti Fare-Anka Wuli prône la Social démocratie et se veut une opposition républicaine et modérée.

Parlant des résolutions du Congrès, il a cité, entre autres, l’élaboration des statuts et règlement intérieur, du Manifeste, du Guide du militant. Des visites et échanges sont en cours avec les autres partis politiques sur la préservation des valeurs républicaines (laïcité de l’Etat, intégrité territoriale..) ; sur la neutralité de l’administration, de l’armée, de la religion…

Prenant la parole à son tour, le président du parti des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (Fare-Anka Wuli), Modibo Sidibé, n’a pas fait de la dentelle. Il a passé en revue certaines grandes questions. Ainsi, parlant de l’Initiative riz, il a indiqué que c’était à peu près 36 milliards de FCfa, au lieu de 45 milliards FCfa. Et à l’en croire, sur les 36 milliards, 22 milliards appartenaient aux agriculteurs.

L’Etat n’a apporté qu’à peu près 13 milliards et sur les 13 milliards, 5 milliards ont été donnés par les partenaires techniques et financiers. «Ni les agriculteurs, ni les partenaires techniques et financiers n’ont jamais dis que leur argent a été détourné. Les agriculteurs n’ont jamais aussi dit que l’Initiative n’a pas été une réussite. La preuve est que le projet s’est poursuivi avec d’autres Premiers ministres après moi. Un rond de l’Initiative riz n’a passé à la Primature», a-t-il déclaré.

Ce, avant d’aborder le plat de résistance : Mouvance présidentielle-Opposition. «L’opposition ne se taira pas parce qu’on la menace ou parce qu’on lui répond par des attaques personnelles. Le jeu démocratique doit être respecté. L’opposition est républicaine et démocratique. La majorité doit respecter l’opposition. Elle doit cesser de la diaboliser et en retour, l’opposition doit respecter la majorité.

Elle ne doit pas être là pour empêcher le programme de la majorité sur lequel le peuple a élu le président de la République. Mais, elle sera vigilante et critique sur ce programme. Nous continuerons dans le respect du jeu démocratique à faire nos propositions. Les menaces ne suffiront pas. Les attaques personnelles ne suffiront pas. Aujourd’hui, le devenir du Mali requiert de chacune et chacun d’entre nous un courage politique, un courage moral et même un courage physique», a martelé l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé.

Selon lui, les Fare sont un parti de seconde génération et l’opposition doit être une opposition de seconde génération. Il ne doit pas y avoir de crainte. «Votre leader a été persécuté. Il a été arrêté combien de fois ? Qu’est-ce qu’on n’a pas dit sur lui ? Il a été obligé de prendre pendant plusieurs mois sa propre sécurité. Et qui a tenu le flambeau, c’est vous ! C’est vous qui avez fait avancer le parti au moment où certains avaient pensé qu’il était enterré. Vous vous êtes battu dans des conditions difficiles avec vos maigres moyens. Est-ce aujourd’hui que quelqu’un va vous faire peur ? Non», a-t-il lancé.

Puis d’exhorter : «Soyons une force politique qui convainc par ses arguments, par sa vision politique, et non pas par l’argent. Tout engagement que les Fare prendront, les Fare le respecteront. Soyons une force politique capable de faire campagne sur l’ensemble du territoire national du Mali, y compris Kidal. Les Maliens sont prêts, comme nous, à se mobiliser pour Kidal, car le Mali est Un et Indivisible».

Autre point évoqué : l’école. A en croire Modibo Sidibé, tous les concours de l’Ena qu’il a organisés, étant Premier ministre, étaient des concours les plus propres. «La première promotion, si vous la prenez, 60% de ceux qui étaient admis, sont des enfants des paysans, d’éleveurs, des chauffeurs… C’était le mérite et non l’achat des diplômes», a-t-il dit.

«Je voudrais vous indiquer que dans deux ou quatre mois, les élections communales auront lieu. Une maison, ce sont ses soubassements. Je vous demande de vous battre pour le développement de votre commune à travers des initiatives en vue de ces échéances électorales à venir.

Pour notre part, tout en continuant notre mission, nous vous demandons de mettre très rapidement en place les Mouvements des jeunes et des femmes», a conclu le président des Fare, Modibo Sidibé.

Bruno LOMA

01 Mai 2014