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Bien que soupçonné de haute trahison et de malversations financières, le président du CNRDRE a laissé le général ATT, président déchu du Mali, partir en exil au Sénégal. Les internautes maliens donnent leur avis.

Harouna Diallo (Bouaké Côte d’Ivoire) :

« Les politiciens ont trahi le Mali et les Maliens. De 1960 à nos jours, les ancêtres, les défunts, les vivants, les nouveau-nés, les non-nés, si vous n’êtes pas jugé ici-bas, vous le serez dans l’Au-delà. Trahir tout un peuple à cause de son propre intérêt. Des soldats assassinés, abandonnés dans le désert. Ils ne seront pas enterrés dignement par leurs parents, non plus par vous, et vous êtes dans la belle vie, et on décide de vous laisser, vous en aller, soi-disant sur la base de l’accord de Ouaga.

Les grands de l’Histoire du Mali comme Biton Coulibaly, les frères Traoré, Dah Diarra, Kankou Moussa, Soundiata Kéita, Soni Aly ber, Fakoly, capitaine Seydou Traoré, et autres récemment au front, et tous les défunts maliens sont mécontents de vous et de vos actes. Fuir le Mali en pareille circonstance me pousse une fois de plus à croire aux putschistes ».

Adama Geundeba (footballeur en Espagne) :

« La déclaration du Premier ministre Diarra est vraiment forte et encourageante mais est-ce qu’il a songé comment remonter le moral de nos soldats, car c’est là tout le problème. Si les soldats doivent aller mourir pour la nation, ils ont forcément besoin de la confiance du commandement, de l’union de la nation derrière eux. Malheureusement on ne voit nulle part dans le comportement des protagonistes Sanogo, Dioncounda, la classe politique la volonté réelle de libérer le Nord.

Mais ils sont tous prêts à sacrifier les frères au combat et ainsi prendre la gloire d’un sauveur du Mali. Croyez-moi frères maliens, tous ces gens sont des opportunistes. Pour Sanogo, c’est un peu trop tôt. Mais pour la classe politique malienne, c’est grave. La gloire éternelle du peuple ne sourit qu’à ceux qui se sacrifient sans réserve à la cause de la nation. Que Dieu aide le Mali ! »

Aboubacrine Assadek Ag Hamahady (enseignant et chercheur à la Fast) :

« Le Mali ressemble à un vaste champ. On espère sur une bonne récolte sans couper au préalable les mauvaises herbes, sans lutter contre les oiseaux prédateurs et les criquets. En plus, ce champ foisonne de serpents au point de ne plus savoir où mettre les pieds.

Après chaque révolution dans le pays, nous faisons le plein du réservoir de la même vieille voiture, ayant procédé à de toutes petites retouches sur la carrosserie, en gardant toujours l’espoir que cette carcasse ira loin et qu’elle pourra rattraper les autres, voire décrocher le rallye Paris-Dakar. Certes la carcasse brille un peu, mais nous oublions que le moteur est pourri. Voilà pourquoi tous les 20 ans, plutôt sur chaque 20 km, la bagnole tombe en panne très grave.

Les hommes politiques que nous voyons toujours sur scène sont tous des mécaniciens. Ces derniers gagnent toujours gros en faisant semblant de la réparer. Ainsi donc, ils ne souhaitent jamais une nouvelle voiture sur la piste, car dans ce cas il y aura moins de réparations et beaucoup de mécaniciens seront en chômage. Laissez les fuyards partir ! Notre Mali retrouvera ce qui lui a toujours été précieux : la paix et la prospérité ».

Ngolo Diakité (Metz-France) :

« ATT n’a fait qu’aggraver sa situation. S’il était jugé au Mali, c’était mieux pour lui. Il existe des preuves pour qu’il soit pris par la Cour pénale internationale (CPI). C’est clair le Sénégal s’engagera à livrer dans les jours à venir tous les anciens présidents poursuivis. Il oublie que la terre appartient à Dieu. Il n’a aucun lieu pour se cacher à Dieu. Il fallait faire comme son ami Kadhafi. La terre sénégalaise ne le reconnaîtra pas s’il y meurt. Tant pis pour le faux général qui a été chassé par le capitaine ! »

Salikou Dramé (Hong Kong) :

« Les Maliens doivent purement et simplement mettre tous ces gens-là de côté pour le bien-être de notre pays, car ils sont les véritables ennemis de ce pays. La situation actuelle veut que les patriotes trouvent les voies et moyens en laissant les intérêts personnels en vue d’asseoir une autorité forte pour la libération du pays et non de jeter de l’huile sur le feu. ATT et ses acolytes politiques qu’ils aillent où ils veulent. Nous, dignes fils de ce pays voulons que l’unité nationale et la paix puissent revenir dans nos cœurs et dans notre pays ».

Karim Togola (juriste) :

« Préservons l’unité nationale, oublions les politiques partisanes, luttons pour la réconciliation nationale ! Arrêtons les propos incendiaires, faisons bloc derrière la transition pour un avenir meilleure pour notre Maliba du Nord au sud ! Oublions les clivages ethniques. Le Mali est un et indivisible, la paix dans les cœurs. Vive l’armée ! Vive la République ! Que Dieu protège le Maliba ! »

Omar Kéita (Paris-France) :

« L’ex-président égyptien Hosni Moubarak, n’a jamais voulu quitter son pays malgré toutes les possibilités et les moyens qu’il avait pour le quitter. Ce Monsieur a préféré rester et mourir pour l’amour de son pays et des Egyptiens. Voilà un général (ATT) qui nous disais il y a quelques jours plus précisément le jour de sa démission, qu’il plaçait le Mali au-dessus de tout et qu’il démissionnait pour l’amour du Mali. Je veux savoir M. ATT est parti pour l’amour du Mali, ou a-t-il pris la fuite comme il a déjà fait en fuyant son palais ?

Quoi qu’il en soit, il ne devait pas quitter le Mali, surtout pour aller dans un pays (Sénégal) où il disait à un ex-chef d’état de ce pays (Wade) de sortir par la grande porte, tout en préparant la plus petite des portes pour lui et sa famille. Quelle honte pour cet homme qui a vendu le Mali et qui a déshonoré tout le peuple. Surtout nous qui sommes à l’aventure. On a aujourd’hui honte d’être Malien tandis que autrefois c’était une grande fierté de l’être ».

Propos recueillis par

Sory I. Konaté

(stagiaire)

Le 23 Avril 2012