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Le conseil des ministres, en sa session du 6 septembre 2006, a approuvé le marché relatif à la phase II du projet d’extension du réseau de téléphonie mobile GSM de la Société des télécommunications du Mali (Sotelma). Cette volonté politique a été concrétisée vendredi dernier par la signature du contrat commercial et de la convention de financement entre la Sotelma, Siemens et un pool bancaire dont le chef de file est la BDM-SA. La cérémonie, qui a eu lieu à l’hôtel Salam, était présidée par le ministre de la Communication et de Nouvelles technologies qui, pour la circonstance, avait à ses côtés quatre de ses collègues.

Faire de Malitel l’un des opérateurs GSM les plus performants d’Afrique de l’Ouest voire de l’Afrique : est aujourd’hui l’ambition de la Sotelma et de ses partenaires comme Siemens et la BDM-SA.

L’opérateur historique veut aujourd’hui passer à la seconde phase d’extension de son réseau GSM avec la société Siemens et un pool bancaire national (BDM, BIM et Ecobank-Mali) et de Fortis Bank de la Belgique. Cette extension doit permettre à Malitel non seulement d’étoffer son offre, mais aussi et surtout d’attirer un plus grand nombre d’abonnés grâce à des services diversifiés, performants et moins chers.

Il s’agit donc de consolider les acquis de la première phase. Celle-ci visait, entre autres, à améliorer l’accès des populations et la mise en service des équipements pour 200 000 lignes, à augmenter la valeur marchande de la Sotelma en vue de sa privatisation, consolider sa place de leader dans le secteur des télécommunications et contribuer au développement économique et social du Mali.

Ces objectifs ont été pleinement atteints parce que Malitel compte aujourd’hui près de 300 000 abonnés contre 65 000 en fin 2003. Sans compter que la phase I a permis de créer 90 emplois directs et plus de 150 emplois indirects. Tout comme elle a favorisé une importante baisse des tarifs.

D’un coût évalué à près de 23,6 milliards de FCFA (hors taxes), la phase II permettra de mieux positionner Malitel dans un environnement concurrentiel et de démocratiser davantage l’accès au téléphone au Mali. Elle va lui permettre d’atteindre les 500 000 abonnés.

L’extension va aussi favoriser le déploiement de nouvelles capacités radio dans les principales capitales régionales, mais aussi dans de nouvelles localités non desservies par la phase I, l’introduction du GPRS/EDGE permettant de déployer et d’avoir accès à un réseau Internet haut débit qui peut aller jusqu’à 384 Kbits par seconde. Et l’introduction de nouvelles fonctionnalités du réseau intelligent, diversifie les prestations destinées à la clientèle.

En plus des emplois directement ou indirectement créés, Malitel va étendre sa desserte à 52 nouvelles localités et villages environnants. « La notion de villages environnants me paraît capitale, car elle prend en charge une réalité indéniable : ce qu’on appelle le pays profond évolue et se transforme à une vitesse étonnante. Il ne faut pas donc ni sous-estimer ses besoins en communication, ni négliger l’impact quasi immédiat du téléphone sur la vie économique des communautés rurales », a souligné Gaoussou Drabo, ministre de la Communication et des Nouvelles technologies.

Pour le PDG de la BDM-SA, Abdoulaye Daffé, « il est de notre devoir d’aider la Sotelma en raison de ce qu’elle représente pour notre pays en terme de désenclavement, d’appui aux activités socioéconomiques, de lutte contre la pauvreté… ».

Vice-président de Siemens, Robert Van Der Linden a indiqué que « le partenariat Sotelma/Malitel-Siemens représente plutôt un mariage de passion et de raison où deux groupes technologiques se sont unis dans un respect mutuel afin de donner au Mali et à son peuple l’un des réseaux les plus fiables en Afrique de l’Ouest et pourquoi pas de toute l’Afrique ».

Après avoir mis évidence tous les avantages technologiques et financiers que sa société va tirer de cette extension, Sidiki Konaté (PDG de la Sotelma) a assurer ses partenaires de toute la détermination de la direction et des agents de l’opérateur historique pour l’exécution efficiente de ce projet.

Bien inspirer, certainement moins éprouvé par le jeûne, le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies leur a rappelé l’importance des défis qui les attendent.
« Il ne s’agit pas seulement de faire grandir la société, il faut aussi grandir en même tant qu’elle. Il ne s’agit pas seulement de bien faire, il faut aussi bien faire. Il ne s’agit pas seulement d’expertise et de compétence, il faut aussi de l’implication et de la motivation », a-t-il averti.

M. Drabo s’est dit toutefois confiant par rapport aux capacités des agents de la Sotelma/Malitel à relever ce triple défi.

Moussa Bolly

09 octobre 2006.