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Cette opération va rapporter un pactole de 180 milliards de FCFA au Trésor public malien qui en a bien besoin par les temps qui courent. Il ne tiendrait qu’aux décideurs politiques pour que la dette intérieure de 104 milliards de FCFA, qui a fait, l’autre semaine, l’objet – entre autres sujets brûlants – d’une «question orale» adressée au ministre de l’économie et des finances à l’Assemblée nationale, soit effacée d’un seul coup.

Le rachat partiel de l’opérateur historique de téléphonie au Mali par la firme marocaine succède à deux autres opérations qui ont été tout bénéfice pour notre pays. La plus récente est l’acquisition des 49 % des actions de la BIM-SA par Attijariwafa Bank, le premier groupe bancaire au Maroc, au Maghreb et dans l’espace UEMOA depuis qu’il a pris le contrôle, outre la BIM-SA au Mali, de l’Union bancaire de l’Afrique de l’Ouest (UBAO) au Sénégal et d’une banque burkinabé. Elle a été saluée comme une belle réussite puisqu’elle a rapporté une quarantaine de milliards de FCFA au Trésor public du Mali. Chose inespérée pour une banque qui, deux ans plus tôt, touchait le fond.

Auparavant, c’est la BDM, alors propriété exclusive de l’Etat, qui avait été sauvée de la faillite par l’expertise marocaine avant que la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE) n’entre dans son capital à hauteur de 17 %. Ce qui se traduira par un apport d’argent frais. A l’heure actuelle, sous la férule de Abdoulaye Daffé, cette banque est devenue la première au Mali et l’une des plus performantes au sein de l’UEMOA, voire de la zone franc africaine.

Le partenariat maroco-malien s’est aussi développé, ces dernières années, dans les secteurs de la formation (de plus en plus nombreux sont les étudiants maliens inscrits dans les facultés et écoles privées du Royaume) et de la santé (beaucoup de nos compatriotes choisissent de se faire soigner dans les hôpitaux et cliniques du Maroc).

En réalité, le Mali pourrait tirer un plus grand profit de ce partenariat, l’expertise marocaine étant mondialement reconnue dans des domaines aussi divers que l’agriculture, l’artisanat, le tourisme, l’hôtellerie, l’habitat social, l’aménagement du territoire, les mines etc… Avec un peu plus d’audace et surtout de volonté, nos autorités pourraient frapper à la porte du Roi Mohammed VI afin non seulement d’obtenir cette expertise, mais de substantiels financements pour booster ces secteurs pourvoyeurs de richesses et d’emplois. Mais il leur faudrait, pour cela, se débarrasser du boulet que constitue la reconnaissance par le Mali de la fantomatique «république arabe sahraouie démocratique».

Une bêtise qui remonte à l’époque où la diplomatie malienne était amarrée au char de l’Algérie militaro-marxiste, défenseur autoproclamé des peuples du tiers-monde. Ne l’est-elle pas toujours un tout petit peu, même de nos jours ?

C’est ATT qui disait, dans sa dernière interview à «Jeune Afrique» s’agissant des relations maroco-maliennes : «Nous pourrions mieux faire».

La balle est dans son camp.

Avec la cession des 51 % du capital de la SOTELMA à Maroc Télécom, intervenue mardi 7 juillet dans la soirée, c’est une étape supplémentaire qui vient d’être franchie dans la consolidation du partenariat économique et financier entre le Mali et le Maroc.

Saouti Labass HAIDARA

09 Juillet 2009.