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jpg_une-20.jpgIl a aussi relevé que la modernité et la progressive libération de la gent féminine sonnaient l’heure de la révolte, et que bon nombre d’Etats africains avaient déjà aboli cette forme de mariage qu’est la polygamie. Mais pour finir, il a fait remarquer que s’il est vrai que la polygamie est majoritairement désavouée en Afrique, il ne faut surtout pas croire, au regard des multiples “bureaux” qu’entretiennent les hommes, que la monogamie est synonyme de bonheur. Pour beaucoup de gens, la polygamie a plus d’inconvénients que d’avantages, voire qu’elle est synonyme d’aliénation de la femme et que, de ce fait, il faudrait voter des lois pour l’abolir partout dans le monde. Ce discours est surtout celui des “grands” de ce monde que sont les Occidentaux. Mais, regardons de plus près la vie que mènent les Occidentaux !

Très vite, nous comprendrons que s’il est vrai qu’ils ont beaucoup à nous apprendre en matière de sciences et technologie (parce qu’ils s’y investissent plus que nous), en revanche, sur le plan de la morale, ce sont plutôt eux qui doivent nous écouter. C’est bien beau de dénoncer aussi énergiquement des abus avérés de la polygamie, mais demandons-nous par quoi ils ont remplacé la polygamie. Ça se voit ! En lieu et place de la polygamie, ce sont le jeu de cache-cache sexuel, les maîtresses et la prostitution qui ont pris le dessus.

Examinons de plus près les conséquences de certaines dérives graves comme le mariage homosexuel, qui est cautionné en Occident ! Examinons également les inconvénients et les souffrances de tous ordres liés à la généralisation du divorce et de la famille monoparentale. Examinons aussi les avantages qu’il y a à mentir à sa femme en lui disant que c’est elle ou rien, de même que les avantages qu’il y a à être le énième “bureau” d’un homme…

Allons-nous être tentés de le remplacer par le mariage homosexuel et le vagabondage sexuel ? Non, ce ne serait pas raisonnable de le faire. Il y en a aussi qui se demandent : “Pourquoi pas aussi la polyandrie ?” S’ils en voient la nécessité, qu’ils argumentent alors pour convaincre les législateurs. Pour ma part, je note qu’autoriser la polygamie dans un pays ne signifie aucunement obliger les citoyens à s’y engager, et encore moins les empêcher d’en ressortir si l’un ou l’autre des mariés venait à ne pas y trouver son compte. Je ne dirai pas que la supériorité numérique des femmes peut justifier la polygamie, car même dans le cas de figure de leur infériorité numérique, la polygamie peut néanmoins se justifier.

La polygamie, malgré son côté difficile, si elle est moins diabolisée, permet d’amoindrir l’impact négatif de certaines difficultés sociales telles que l’infidélité, le recours à la drogue, à la prostitution masculine comme féminine, à l’homosexualité, etc. Dans ces conditions, la société gagne davantage en quiétude et les populations ont moins de raisons légitimes de recourir aux pratiques peu recommandables que nous connaissons aujourd’hui. Pour étouffer la polygamie, on lui fait porter le chapeau de tous les maux. Or la plupart de ces maux ne sont pas le monopole de la polygamie. Il existe des guerres fratricides dans des foyers monogames, ne serait-ce qu’entre enfants légitimes et enfants nés hors mariage ou encore entre enfants nés de mariages successifs.

Il existe aussi des femmes et enfants maltraités dans les foyers monogames. Des meurtres d’époux et d’épouses existent également dans la monogamie. Par ailleurs, il nous arrive souvent d’insister et d’exhorter au calme lorsqu’à la mise en œuvre de certaines solutions nous sommes confrontés à de réelles difficultés.

Il y a des hommes et des femmes qui sont contre la polygamie alors que dans le même temps, ils se livrent à des pratiques malsaines. Bien comprise et mieux exploitée, la polygamie est incontestablement un début de solution pour certains maux comme l’hypocrisie, la malhonnêteté, la drogue et la prostitution. Parlant de la prostitution, je vous invite à réécouter la série Média d’Afrique (RFI). On en déduira peut-être que combattre la polygamie rend beaucoup service à ce «plus vieux métier du monde», qui n’épargne plus aucune catégorie sociale et qui gagne de plus en plus des adeptes au sein de nos innocents mineurs, de nos internautes souvent naïfs, de nos valeureux élèves et étudiants, ainsi qu’au sein de nos très respectables célibataires endurcis.

Rendons-nous compte qu’en nous acharnant maladroitement sur la polygamie, consciemment ou inconsciemment, nous refusons une alternative acceptable à nos filles, à nos sœurs, à nos mères, et les livrons pieds et poings liés à ces fléaux de notre époque «moderne» où seule la force de frappe financière compte. Réfléchissons bien et ne refusons pas d’emblée de vivre dans un endroit où il nous arrivera de marcher sur des excréments, pour préférer finalement se résoudre à vivre en plein milieu de déchets, dans les WC.

La clairvoyance, la sagesse et le courage de nos autorités politiques d’Afrique qui, avec bravoure, ont massivement et majoritairement refusé de fermer cette porte d’accès à la polygamie est à saluer. Ainsi que les forces morales de nos pays, à ne pas faire le choix du suivisme et de l’imitation aveugle. Qu’elles gardent leur bon sens et continuent à dire : «Non au mariage forcé ! Non à l’abolition de la polygamie !»
Sensibilisons les polygames sur leurs devoirs et punissons sévèrement ceux d’entre eux qui se livreraient à des abus avérés.

Gnimadi Destin

Le Républicain du 16 septembre 2008