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Un possible « génocide » en Centrafrique? Un haut responsable des Nations unies a parlé de « signes avant-coureurs », sucitant les réserves d’experts consultés par l’AFP, qui y voient une tentative d’attirer l’attention alors que l’ONU doit bientôt se prononcer sur l’avenir de sa force dans ce pays ravagé par les groupes armés. Début août face à la presse, puis le 23 devant le Conseil de sécurité, Stephen O’Brien, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires, a mis en garde contre des « signes avant-coureurs de génocide » en Centrafrique, en revenant de ce pays de 4,5 millions d’habitants où les massacres de civils se multiplient depuis quelques mois (Bria, Bangassou, Gambo) malgré la présence de 12.500 Casques bleus. Aucune autre source aux Nations unies n’a repris ce terme historiquement et juridiquement chargé, 23 ans après le dernier génocide reconnu, le massacre de 800.000 Tutsis au Rwanda en trois mois. Mais M. O’Brien s’est justifié lundi dans un entretien au quotidien français Libération: « J’ai senti qu’il était important d’évoquer devant le Conseil de sécurité ces indices émergents, plutôt que d’attendre les preuves. Car si nous attendons les preuves, il sera trop tard ». Il a pris l’exemple des 2.000 musulmans de Bangassou (sud-est) qui « ont trouvé refuge dans l’église catholique de la ville » parce que des miliciens anti-balaka majoritairement chrétiens « les attendaient dehors, dans les arbres ou dans la jungle, pour les tuer ». « Mais dans d’autres régions de la Centrafrique, les miliciens musulmans de l’ex-Séléka ont pris pour cible des groupes chrétiens », a-t-il ajouté.AFP