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Jeudi 30 novembre, plusieurs dizaines de manifestants se sont donnés rendez-vous devant l’hôtel de ville du 5 ème arrondissement de Paris, pour cause la dénonciation par un agent d’une femme en situation irrégulière.

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Venue inscrire son fils à l’école comme cela se doit à la mairie, la surprise de cet immigré d’origine équatorienne a été de constater qu’après avoir fourni tous les documents nécessaires, l’employé de la mairie du 5 ème arrondissement dont l’identité n’a pas été révelé a immédiatement informé les services de police sur le séjour irrégulier en France de cette mère de famille.

En effet, selon nos sources, l’agent aurait demandé le titre de séjour après avoir constaté l’absence de visas sur le passeport de la dame, ce qui, n’est pas nécessaire pour inscrire un enfant. Un acte qui selon un représentant associatif, rappelle une période sombre de l’histoire de la France ou les juifs étaient dénoncés par des traîtres à l’ennemi.

Convoqué ce jeudi au commissariat du dit arrondissement, l’intéressé menacé d’expulsion doit s’expliquer avant une éventuelle reconduite à la frontière.

Cet acte n’est guère étonnant, car à en croire Jean Tiberi, maire UMP de l’arrondissement depuis des décennies, son employé n’a fait que son travail. Le Maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë a qualifié la situation d’indigne avant de demander une enquête administrative. Quant à Bruce Hortefeux ministre de l’Immigration, il a affirmé sur les antennes de nos confrères I Télé, que l’agent n’a reçu aucun ordre de la part de ses supérieurs pour dénoncer aux autorités compétentes les parents en situation irrégulière qui inscrivent leur progéniture à l’école.

Suite à cet évènement dramatique, des dizaines de personnes ont répondu présents à l’appel du Réseau éducation sans frontière RESF ( une association française), pour dénoncer ce qu’ils appellent une injustice à l’heure ou l’éducation des enfants demeure une priorité.

Le porte parole du RESF a demandé une sanction exemplaire à l’encontre de l’employé.Une requête soutenue par quelques rares habitants de cet arrondissement très huppé de la capitale française ou les étrangers ne sont pas les bienvenus, car il est majoritairement constitué de Français aisés ; la plupart de ses fonctionnaires ou de ses habitants sont de la droite ou de l’extrême droite.

Quant aux différents services comme la caisse d’allocation familiale CAF ou les services sociaux, beaucoup d’usagers d’origines étrangères que nous avons rencontré dénoncent des actes racistes à leur rencontre.

Nous avons pu recueillir les impressions d’un nouvel habitant du 5ème d’origine ivoirienne à sa sortie de la CAF « pour un immigré vivre dans le 5ème est un véritable calvaire, depuis mon déménagement ici toutes mes aides ont été coupées sans raison, l’agent du service m’a affirmé qu’on ne peut pas aider tout le monde et que c’était l’argent du contribuable français, oubliant que je travaille et que je paye mes impôts aussi, le fonctionnaire a même mis en cause toutes les prestations que j’avais perçues lorsque je vivais dans le 18 ème arrondissement, indiquant que je rembourserais toutes ces sommes quoi qu’il arrive », rétorque cet habitant en colère qui nous a parlé sous le couvert de l’anonymat craignant sans doute d’éventuels représailles.

Ces incidents sont loin d’être des cas isolés, les immigrés sont victimes de discrimination dans plusieurs secteurs notamment à l’embauche, ou certains postes leurs sont quasi inaccessibles, l’accès à un logement décent reste toujours un luxe pour la plupart d’entre eux. Pourtant ils constituent le moteur de l’économie française.

S.D

03 Novembre 2008