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C’est Ali Diallo, lui-même, ancien président de parlement et acteur de premier plan du Pacte national en 1992 qui interpelle la France sur la question du Nord. Ce n’est donc plus la rue qui parle.

Au même moment, c’est un cadre Touareg et pas n’importe lequel car il s’agit du Directeur de l’Agence du Développement du Nord qui demande à Paris de clarifier son jeu à Kidal qu’il qualifie d’épicentre de toutes les rébellions. Plus que de l’agacement, c’est bien un procès. Et ce, quelques heures seulement après l’opération kamikaze et les deux obus contre les militaires maliens et étrangers de la capitale de l’Adrar.

Tout ceci, on s’en souvient, survient après la marche de Bamako contre la France accusée ouvertement d’arrière-pensées séparatistes. Paris serait totalement aveugle de tailler sur l’embonpoint du Mali une enclave touareg que n’accepteront ni l’Algérie ni le Niger et il le sait. Mais il ne trouve aucune grâce. Les thèses les plus folles circulent sur les mobiles éventuels de Paris , allant du plan d’Opa sur les richesses du Nord malien à l’obsession de revoir libre les otages français encore détenus au Sahel. A tout prix, y compris la scission du Mali ?

Ceux qui endurent l’adversité du climat saharien et qui ont risqué la vie de leurs soldats pour libérer le Mali, sont-ils capables d’un tel cynisme ? En tout cas, cent jours après l’investiture d’Ibk, Kidal reste le principal test de cohérence et d’efficacité du pouvoir malien d’une part et de la sincérité de la France d’autre part. Alors que les négociations dans le cadre de l’accord de Ouaga auraient dû être renouées depuis quarante jours. Le pouvoir malien doit être plus diligent. Cependant, la France, de son côté, doit savoir que ses justifications ne servent plus à rien. Pour tout le monde ici, elle est la clé de Kidal et il est attendu d’elle qu’elle ouvre les portes d’une paix durable.

Adam Thiam

Le Républicain du 18 Décembre 2013