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En plus d’être la plus jeune d’une sélection nationale A du basket-ball malien, Salimata Dembélé reste aux yeux de nombreux observateurs un exemple d’engagement et de technicité. Une surdouée que les sportifs maliens gardent encore en mémoire.

Depuis 1985 qu’elle travaille à l’assurance Sabu Numan. Salimata Dembélé n’a cessé de gravir les échelons. Son diplôme obtenu au CFTQ la même année, lui a ouvert la porte de cette société.

En attendant de décrocher très bientôt un brevet de technicien supérieur en assurances, Sali travaille à la sous direction des agences régionales, qu’elle a regagné après avoir été pendant 5 ans (2 000 à 2005) sous-directrice, chargée des courtiers et du marketing.

Ces promotions s’expliquent par les nombreuses formations effectuées par l’ancienne internationale dans le domaine de l’assurance. Auparavant Sali avait fort judicieusement bénéficié du concours de Idrissa Bah et Mamadou Sanogo, deux dirigeants du Stade Malien à l’époque.

C’est dire que le sport a servi de tremplin à cette joueuse aux qualités difficilement égalables. Sali Dembélé reconnaît que le sport lui a procuré un important réseau relationnel qui fait sa fierté. Même si certains pensent qu’elle devrait avoir droit à plus de reconnaissance, pour avoir été l’une des joueuses les plus douées de sa génération.

Son ancien manager, Kandé Sy reconnaît ses qualités qui faisaient d’elle une forte personnalité sur un terrain : « elle avait le coup d’œil et une bonne vision d’ensemble de jeu ». _ A coup sûr, Sali Dembélé est l’une des meilleures basketteuses que le Mali indépendant ait connues.

A ses débuts en 1974, elle était parmi les plus talentueuses, et elle n’avait que 12 ans. Elle est née en 1962 dans le quartier populaire de Médina-Coura. Sa tendre enfance a été consacrée à l’apprentissage de la balle au panier via le mini-basket.

Sous l’impulsion de son oncle feu Amadou Sall, (un manager de référence), Sali Dembélé a commencé le basket à l’âge de 7 ans. Ce qui lui a permis de maîtriser les règles élémentaires et les techniques de base qu’elle a très vite maîtrisé.

Elle était devenu si doué que ses aînées ont très vite demandé ses service en 1974, année de sa première sortie officielle avec le Stade Malien son club.

Une année plus tard, à 13 ans, elle a intégré l’équipe nationale première. Elle a été la plus jeune joueuse à avoir évolué avec l’équipe nationale. Elle a, donc, très tôt commencé une carrière toute aussi longue que riche.

Sur les planchers du Mali et d’Afrique, elle a si brillé que certains n’hésitent pas à affirmer que le basket malien la regrette encore. Sali, selon de nombreux témoignages, avait la particularité d’être une joueuse qui forçait l’admiration par son style et son engagement. Elle captait à la fois la sympathie et l’admiration sur le terrain.

Par sa force de pénétration, Sali Dembélé avait le secret de remonter les balles de sa base jusqu’au panier adverse avec la plus grande efficacité au moment où ses pivots et ailières n’arrivaient pas à tirer leur épingle du jeu.

Au résultat, elle savait toujours réveiller ou faire tourner ses coéquipières au besoin. Joueuse polyvalente, elle a d’abord commencé à jouer ailière, mais par la force de sa maîtrise de balle, elle a été définitivement confinée au rôle de meneuse de jeu.

Et ses qualités techniques étaient surtout soutenues par une rage de vaincre. « Rarement je supportais une défaite, pour moi il fallait seulement gagner et je me sacrifiais pour çà », lance-t-elle.

Pour elle, ses progrès et ses résultats s’expliquaient par une perpétuelle envie de mieux faire, reconnaissant alors que le talent seul ne suffit jamais. En cela elle avait certainement la même conception que Adiara Diarra ou Aminata Coulibaly « Waraba 10 » qui sont avec elle les meilleurs exemples d’engagement sur un terrain, et qui constituaient également de véritables piliers dans leurs équipes respectives.

A elle seule, Sali Dembélé représentait plus de 50 % de son club qui souffrait d’une relative domination du Djoliba dames de la bonne époque avec Djenebou Sanogo et autres. Au même moment, le Stade Malien dominait les autres clubs du pays grâce à la personnalité de Sali Dembélé.

Celle-ci a aussi la particularité d’avoir appartenu à deux générations de l’équipe nationale et de son club. En équipe nationale, elle a côtoyé dans les années 1975, des joueuses comme Salamata Maïga et Pinda N’Diaye avec lesquelles elle a disputé le Championnat d’Afrique des nations.

Mais c’est surtout avec Lafia Diarra, Djenebou Sanogo, Niagalé Diallo ou Aïssata Kinto qu’elle garde ses meilleurs souvenirs en équipe nationale du Mali. On était en 1981, à Dakar au Sénégal, les Aigles du Mali, l’équipe la plus crainte de la compétition devait jouer contre les Zaïroises en demi finale.

Salimata Dembélé se souvient : « l’arbitrage partisan du Mauritanien Tatoum nous a privés de finale alors que nous méritions de l’emporter. Nous nous sommes inclinés à un point de différence après prolongation. Je n’ai pu alors retenir mes larmes ».

Le Stade Malien qu’elle a intégré en 1974, s’est par la suite reconstitué autour d’elle dans les années 1980 avec l’émergence des joueuses comme Kinto, Fanta Sy, Astan Coulibaly et Adam Coulibaly. L’équipe stadiste se reposait à l’époque principalement sur 2 ou 3 joueuses dont Sali Dembélé.

Alors que les autres clubs avaient un effectif étoffé, la tâche revenait à Sali de tenir les siennes à bout de bras pour leur permettre de tenir la confrontation. Sa retraite en 1985 était durement ressentie à la fois par le Stade Malien et par l’équipe nationale.

Car elle s’est retirée au moment où son club et les Aigles dames avaient encore besoin de ses services. Mais elle devait se plier aux exigences de la vie de couple. Son mariage en 1983 et la naissance de son premier enfant en 1984, ont amorcé la fin de sa carrière.

Puisque l’équipe nationale tenait encore à elle, Sali réapparaît en décembre 1984, alors qu’elle avait décidé de raccrocher dès sa 1ère maternité en août de la même année. Seulement, cette réapparition n’a pas duré, elle lui a juste permis d’évoluer quelques mois en participant notamment à un tournoi de l’amitié du Djoliba AC où elle a fini meilleure joueuse.

En 1985, à cause d’ennuis de santé, Sali a finalement mis un terme à sa carrière. Aujourd’hui l’ancienne internationale s’occupe de son foyer et de ses trois enfants.


Souleymane Diallo

25 octobre 2007.