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La cérémonie d’ouverture était présidée par Djigui Camara, le ministre guinéen du Plan et de la Coopération, président en exercice du Conseil des ministres de l’Observatoire économique et statistique en Afrique subsaharienne (Afristat). Elle s’est déroulée en présence de notre ministre des Finances, Abou-Bakar Traoré et des représentants des partenaires techniques et financiers de l’organisation.

Durant trois jours, les spécialistes venus des pays membres d’Afristat et d’Europe plancheront plusieurs thématiques, notamment l’analyse des réponses apportées aux questions d’opérationnalisation des concepts ; la pertinence et la complémentarité des dispositifs de collecte des données ; l’utilisation des statistiques du secteur informel par la comptabilité nationale. Ils devront, également, étudier les autres utilisations des statistiques du secteur informel et le rôle institutionnel des instituts nationaux de statistiques et des structures chargées de l’emploi.

Le secteur informel était antérieurement considéré comme un « accident » transitoire du processus de construction d’une économie moderne dans les pays en développement, dont l’Afrique. Mais progressivement, ce secteur a révélé toute sa dynamique d’extension et de renforcement de son rayon d’action. Le représentant du BIT, Condé Germain, a ainsi estimé que le secteur informel a de beaux jours devant lui. Il continuera de façon durable à occuper une part importante de la population active de notre continent, prévoit-il.

L’emploi informel, a révélé Germain Condé, englobe environ 48% de l’emploi non agricole en Afrique du Nord et 78% en Afrique subsaharienne. En outre, il est à l’origine de plus de 93% des nouveaux emplois créés en Afrique, comparativement aux performances du secteur moderne qui n’emploie qu’environ 10% des actifs sur le continent. En tant que tel, il constitue un important pourvoyeur d’emplois dans nos pays et contribue de manière remarquable à la création de la richesse nationale, constate Djigui Camara.


Prise de conscience.

Le contexte africain actuel, marqué par de nouvelles orientations en matière de politiques de développement, lui confère un rôle accru dans les stratégies de réduction de la pauvreté. Pour lui permettre de jouer pleinement ce rôle, la plupart des pays africains développent des politiques de promotion de l’emploi et d’appui aux acteurs du secteur.

Mais, la réussite de ces politiques est fortement subordonnée à une meilleure connaissance de la nature de ce secteur informel, de ses acteurs, de ses produits et de leur utilisation, ainsi que de son mode de financement et des modalités de sa contribution à la formation de la richesse nationale.

La prise de conscience de l’importance du secteur informel par les décideurs s’est traduite par de nombreuses initiatives aux niveaux international, régional et national. D’abord au plan international, les travaux réalisés par le BIT et le Groupe de Delhi ont abouti à la publication, cette année, d’un manuel sur les enquêtes, intitulé « Manuel on surveys of informal employement and informel sector« . Cet ouvrage s’attache à améliorer les dispositifs d’enquêtes et harmoniser les statistiques sur le secteur. Un chapitre entier de ce manuel est consacré au secteur informel et incorpore le Nouveau système de comptabilité nationale (NSCN).

Au plan régional et sous régional, les efforts déployés par la Commission économique de l’Afrique ont abouti à la création d’un groupe de travail sur le secteur informel dont le chef de file est l’observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne.

C’est dans le cadre de ce mandat, qu’Afristat, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers, a organisé cette rencontre pour approfondir la compréhension de la problématique de l’identification et les principaux déterminants du secteur informel. Cette rencontre fait suite à une première initiative du genre, organisée déjà à Bamako en 1997 sur le thème : « Le secteur informel et la politique économique en Afrique subsaharienne« .

Au sortir de ces assises, les actes du séminaire ont été publiés en français et en anglais.

La richesse et la qualité des contributions aux débats avaient alors permis de mettre en lumière d’importantes avancées dans le domaine et d’identifier les nombreuses zones d’ombre non encore élucidées.

Des orientations nouvelles pour approfondir la connaissance du secteur informel avaient été formulées. Suite à cette rencontre Afristat en partenariat avec DIAL a réalisé dans les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), des enquêtes sur le secteur informel. Celles-ci ont été précédées de la publication d’un recueil de concepts et de définitions sur le marché du travail et le secteur informel.

Pour le représentant du BIT, la croissance phénoménale du secteur informel au cours des dernières années a posé de nouveaux défis organisationnels, notamment, la problématique du « travail décent« . Dé son point de vue, les travailleurs de l’économie informelle ne sont pas plus protégés par le droit du travail que reconnus et organisés. Leurs conditions de travail sont précaires, avec des salaires parfois très faibles, leurs revenus incertains, a t-il constaté.
Cette situation interpelle aussi bien les pouvoirs publics que les organismes internationaux, impliqués dans l’organisation du travail. D’où l’intérêt du BIT de participer activement à cette rencontre qui prend fin demain.


A.O. DIALLO

23 Octobre 2008