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A moins trois jours seulement de l’élection du président de la République, des nuages sur la défaite des candidats du Front pour la Démocratie et la République (FDR) se dissipent peu à peu.

L’imminence de la réélection du président sortant, M. Amadou Toumani Touré a coupé le sommeil aux leaders et militants du Front créé le 25 février 2007. Pris de panique, des responsables du FDR ont tenu un point de presse le 24 avril dernier dans la salle Wa Kamissoko du Centre International de Conférences de Bamako. Les animateurs de ladite conférence de presse étaient entre autres Dr Mohamed El Madani Diallo, secrétaire général du FDR ; le Pr Abdoul Traoré dit Diop, l’un des vice-présidents du FDR ; Djiguiba Kéïta PPR, secrétaire à la communication et porte-parole du regroupement ; Me Harouna Keïta, avocat du FDR ; Toumani Djimé Diallo.

LA FUITE EN AVANT DES LEADERS DU FDR

Dans leur fuite en avant en prélude à leur débâcle électorale, le bulletin de vote et l’administration des bureaux de vote.

• D’ABORD LE FICHIER ELECTORAL

Bien avant le début des opérations de distribution des cartes d’électeurs à partir du 29 mars 2007, la Délégation Générale aux Elections (DGE) a convié les autorités compétentes que sont le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) plus les représentants des partis politiques pour procéder publiquement et de façon solennelle au verrouillage du fichier électoral. Après cet acte solennel, au FDR, on soutient mordicus que le fichier n’est pas verrouillé et qu’il faut corriger au fur et à mesure que des anomalies ont été constatées.

Certes, notre fichier électoral n’est pas parfait, comme toute oeuvre humaine d’ailleurs, mais nous disons qu’il est le fruit d’un travail d’équipe impliquant la responsabilité de tous les Maliens, mais en particulier les partis politiques dont ceux du FDR. En effet, le fichier électoral est issu des listes électorales établies à partir des données du cahier de recensement. Le chapitre III relatif aux conditions requises pour être électeur, en son article 32 stipule que “les listes électorales font l’objet d’une révision annuelle du 1er octobre du 31 décembre de chaque année”. Et nous savons tous que la révision annuelle des listes électorales se fait avec la pleine participation des partis politiques aux travaux des commissions administratives. Pour la révision de l’année 2006-2007, sur la centaine de partis politiques existant, 33 ont participé aux travaux.

Parmi ces trente et trois partis, quatre sont membres du FDR. Il s’agit du RPM, du PARENA, de la CDS et du RDR. Le Rassemblement Pour le Mali (RPM) est le deuxième parti après l’ADEMA à prendre part aux travaux. Sa participation est estimée à hauteur de 85%, tandis que la participation du PARENA aux travaux de révision annuelle des listes électorales est de 31% après le CNID, l’URD, le RPM et l’ADEMA. Les partis membres du FDR sont bien responsables du fichier électoral dont le Mali dispose aujourd’hui.

• ENSUITE LE BULLETIN UNIQUE

De 1992 jusqu’en 2007, ce sont des bulletins multiples qui étaient utilisés pour le choix des dirigeants du pays. Avec l’évolution du processus démocratique, l’usage de bulletins multiples a montré ses limites. Pour limiter les risques de fraude, d’achat de consciences et diminuer le coût des élections, l’utilisation de bulletin unique s’est imposée comme la seule alternative.

Tous les partis politiques ont adhéré à l’idée, pourquoi donc des partis membres du FDR se renient-ils maintenant ? La principale remarque notifiée par le FDR est l’absence de traçabilité en papier filigrane du bulletin de vote.

• DE L’ADMINISTRATION DES BUREAUX DE VOTE

Sur ce point, les responsables du FDR ont noyé le poisson dans l’eau en exhibant deux listes parallèles : l’une établie par les maires issus des partis membres du FDR et l’autre par les représentants de l’Etat. Comme s’ils ignorent la loi électorale, les conférenciers du jour ont soutenu qu’il fallait prendre en compte comme étant des présidents de bureau de vote, la liste établie par les maires en violation de l’article 82 chapitre X de la loi électorale.

Selon l’article 82, “le bureau de vote comprend un président et quatre assesseurs nommés sous la supervision de la CENI, quinze jours au moins avant la date du scrutin par décision du représentant de l’Etat dans le cercle et le District de Bamako”. Quelle aberration et quelle diversion de la part des responsables du FDR ?

LE FDR DEMANDE L’ANNULATION DU BULLETIN DE VOTE

Les responsables du FDR soutiennent que l’inscription : “ATT, un Mali qui gagne” viole l’une des dispositions de la loi électorale.
De ce fait, ils ont demandé l’annulation du bulletin de vote du candidat ATT avec ce slogan. Une correspondance aurait été adressée à toutes les institutions de la République dans ce sens. Les conférenciers n’ont pas cité l’article incriminé.

A trois jours de la date du scrutin, les agitations des responsables du FDR sont celles d’un combattant qui a perdu la bataille. Pour donner des explications à cette défaite, ils tentent d’inventer des prétextes. Ils ne comptent pas s’arrêter là, ils vont même jusqu’à demander qu’on change les règles du jeu en pleine bataille.
Cela est-il admissible ?

Pris de panique, le FDR se trouve aujourd’hui dans une logique de prise en otage du processus électoral. Il appartient à chaque acteur de prendre ses responsabilités.

Daba Balla KEITA

26 avril 2007.