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Le Mali enregistre à présent une forte incidence de paludisme avec un taux d’environ 191 pour mille. Cette incidence trouve en partie son explication dans une indifférence ou une négligence de la population face à la prévention de cette maladie. Les projections les plus optimistes indiquent que notre pays doit réaliser une incidence de 83 pour mille en 2021 au moment où les exigences des objectifs du millénaire pour le développement recommande ce taux pour 2015.

Et les statistiques cliniques indiquent que ce sont les enfants de 0 à 5 ans et les femmes enceintes qui sont les principales victimes de cette maladie. Avec 48 % des motifs de consultation, le paludisme est la première cause de mortalité (15 %) et de morbidité (13 %) au Mali.

Face à la persistance de cette maladie, l’ONG Alliance de meilleures pratiques pour le développement (AMPD) a profité de la commémoration du 25 avril, journée africaine de lutte contre le paludisme érigé cette année en journée mondiale, pour rappeler aux autorités et à l’opinion publique nationale l’urgence d’une mise en oeuvre conséquente des politiques et stratégies de lutte contre le paludisme.

A cet effet, l’alliance a tenu, le 30 avril, une conférence de presse sur le “droit des enfants à la vie contre le paludisme”. Organisé en partenariat avec le laboratoire pharmaceutique SANOFIS AVENTIS, cette conférence vise à indiquer des pistes cliniquement favorables à la prévention et à la lutte contre cette maladie. Le président de l’AMPD, Djigui Kéïta, a souligné que la lutte contre la pauvreté gagnerait bien dans la lutte contre le paludisme.

Il faut dire que le coût économique du paludisme sur le continent africain est très exorbitant. On estime que la maladie fait perdre à l’Afrique environ 12 milliards de dollars par an, alors qu’il est recherché une mobilisation annuelle de 3 milliards pour faire efficacement face à la lutte anti paludéenne.

Et la convention des nations unies relative aux droits de l’enfant que le Mali a ratifié en août 1990 exige aux Etats d’assurer dans la mesure du possible la survie de l’enfant et son développement. On estime que l’offre thérapeutique n’est pas la seule condition à remplir pour parvenir à la circonscription du paludisme. La volonté des population à un changement d’habitude de soin et d’hygiène est aussi sollicité.

Le conseiller au programme de lutte contre la maladie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Mali, Dr Massambou Sacko, a souligné qu’un traitement rapide contre le paludisme, surtout la forme grave, est très important pour la survie de l’enfant.

Seydou Coulibaly

08 Mai 2008