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La marche des femmes du camp militaire de Kati, en début du mois de février sur le Palais de Koulouba, a été l’occasion pour le président de la République de prendre des mesures drastiques pour sécuriser l’accès du palais.

Pour l’accès au palais, des changements ont été opérés. «Rien ne sera plus comme avant», aime dire ATT à propos des situations inacceptables. Si le général président sortant a un problème avec son peuple, c’est celui de se faire prendre au sérieux sur parole.

Le pouvoir ATT aurait pris un sérieux coup suite à la marche des femmes de la garnison de Kati. Du coup, le pouvoir serait aux abois. Des réaménagements sont intervenus immédiatement. L’accès n’est plus comme avant. C’est-à-dire à l’époque, où il était une fois quarante quatre (44) partis politiques se sont sabordés pour soutenir le second mandat du général ATT.

Maintenant, les chefs de ces partis politiques candidats à l’élection présidentielle du 29 avril seraient pressés d’occuper le fauteuil présidentiel. Des sentiments de suspicion se sont installés entre les deux camps : «les auteurs du fameux coup d’État sont priés de sortir de la couverture des femmes pour livrer un combat à visage découvert, c’est-à-dire un combat d’homme à homme». Dès lors, le vin est tiré.

De nouveaux militaires chargés de la garde du couple présidentiel sont nommés. Tous les véhicules en direction du palais sont minutieusement fouillés. Au delà de 22 heures, aucun véhicule n’a accès au palais.
De sources concordantes, des militaires seraient arrêtés pour avoir incité les femmes du camp à marcher sur le palais. Nous ignorons le nombre. Le général Amadou Toumani, à quelques encablures de la fin de son mandat, dit être trahi par les hommes en qui il a fait confiance.
Lorsqu’on relit les rapports des services de renseignements français sur ATT, il ressort qu’il ne tient jamais parole, il est indécis et n’a jamais montré une grande capacité à diriger le Mali.

Cela se sent et se voit à travers les actes qu’il a posés durant ces dix ans. Voilà un Amadou Toumani Touré, plébiscité par son peuple il y a moins de neuf ans ; il reste pour les observateurs à l’extérieur du Mali, un modèle de chef d’État, mais pour ses concitoyens il s’agit véritablement de l’épreuve par Jésus portant la couronne d’épines sur le chemin de croix pendant 45 longs jours dont l’issue s’avère incertaine et périlleuse.

Le premier acte fut, pendant la transition, sa proposition de nommer à la primature l’ancien ministre du Plan du régime défunt. Cette proposition fut vigoureusement repoussée par le Mouvement démocratique. Autre acte qui montre qu’ATT a trahi les siens : il n’a jamais pris en compte le fait majoritaire. Où sont passés les treize (13) militaires membres du CTSP ?

Le 10 mars 2002, le général candidat s’est rendu à Sikasso pour solliciter leur suffrage. Élu, la région de Sikasso n’a récolté que des ennuis, à commencer par la privatisation de la CMDT.

J’ai l’impression que la région de Sikasso est le cheval de Troie des politiques. En 1994, l’Adema jette en prison des gens à Kartiasso (cercle de Yanfolila) pour non paiement de l’impôt (per capita) alors qu’il a fait sa campagne dans le Sud Mali, sur la suppression de cet impôt.
Il ne fait l’objet d’aucun doute que dans une République, la mise en place des seules institutions ne saurait garantir aux citoyens l’exercice des principes démocratiques.

Ce qui est déterminant, c’est le sens de la responsabilité et surtout le courage dont feront montre les hommes et les femmes chargés d’animer lesdites Institutions. Notre pays est un éternel candidat des Pays Pauvres (PPTE), terme utilisé par la Banque mondiale pour désigner les pays dont la balance de paiements est largement déficitaire.

Le bilan de la corruption est lourd : plus de 400 milliards de francs CFA détournés des caisses de l’État ces dix dernières années. L’alerte maximum du palais suffira- t-il à sauver le couple présidentiel sortant du climat délétère ?

Brin COULIBALY

20 Mars 2012