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Quatre années, deux mois et 9 jours après son exil forcé à Dakar(Sénégal), l’ancien président de la république du Mali, Amadou Toumani Touré semble ravir la vedette des hommes politiques de tout bord. C’est ainsi les politiciens de la majorité et de l’Opposition ne cessent de demander son retour au pays. Ce qui n’a pas été du goût des partisans d’Amadou Haya Sanogo qui crient au complot et à l’exclusion et à l’ingratitude.

Depuis un certain temps et au nom de la paix et de la réconciliation nationale, les hommes politiques de tout bord ne cessent de demander le pardon des maliens à tous les anciens Chefs d’Etats et présidents de la république de 1960. Il s’agit de Modibo Keita, Général Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et surtout Amadou Toumani Touré qui avait été traité de tous les péchés d’Israël et d’être à l’origine de tous les malheurs que vit le Mali. Mais ce qui a été surprenant c’est le fait que le nom d’Amadou Haya Sanogo n’ait pas été mentionné et qui avait été pourtant traité d’héros pour avoir chassé ATT du pouvoir le 22 mars 2012. Ce qui n’a pas été du goût de ses partisans qui crient à l’exclusion. Pour eux la paix et la réconciliation tant espérées par les organisateurs sans Amadou Haya Sanogo, sont irréalisables. « Certes l’initiative de réconcilier les cœurs et les esprits après tant d’années de déchirures entre les hommes politiques qui continuent encore de raviver la haine entre les maliens est louable. Elle doit être encouragée, soutenue par tous ceux qui veulent que le Mali sorte de cette situation dramatique et honteuse afin de faire face aux vrais problèmes de développement et épris de paix et de justice.

Si les gens étaient sincères, il va de soi que Amadou Haya Sanogo que nous considérons comme un ancien chef d’Etat et qui a dirigé le pays du 22 mars 2012 au 16 avril 2012 doit être aussi concerné car quoi qu’on dise il a des partisans un peu partout au Mali comme les autres » déclare un de ses fidèles. Pour les fidèles partisans de Sanogo, sans le coup d’état du 22 mars 2012, plusieurs responsables nichés au sein de la majorité n’allaient goûter aux délices du pouvoir. Si les organisateurs veulent réellement prôner la réconciliation et la paix de tous les maliens conformément aux vœux du président IBK, cela passe nécessairement par la libération d’Amadou Haya Sanogo. En tout cas là où on a pu pardonner les autres présidents qui ont tous commis des fautes graves, rien ne peut justifier l’exclusion de l’auteur du putsch du 22 mars 2012.

Moussa Bamba

La Mutation du 31 Mai 2016