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Le Projet d’appui au développement rural de Tien-Konou Tamani (PADER TKT) s’enlise dans un bourbier. Le financement du projet prévu par la BID est dans une impasse du fait du rejet par ce bailleur, des dossiers d’appel d’offres.

Le montage du projet a été théoriquement bouclé en 2009 avec la signature de l’accord de prêt. Après les études d’appel d’offres et la signature des contrats, le projet devrait être lancé en avril 2011. Mais il se trouve qu’aujourd’hui tous les dossiers ont été rejetés par le bailleur, en l’occurrence la BID, pour cause.

En effet, en lieu et place du Directeur général de l’Office riz de Ségou, habilité selon les normes, à passer les marchés, la tutelle l’en a subtilement dessaisi et en fait selon son bon vouloir. Résultat : le bailleur la BID les a purement cassés et a simplement suspendu son financement. Il s’agit d’un prêt de 4 milliards de Fcfa destinés au Projet d’appui au développement rural de Tien-Konou Tamani (PADER TKT).

La passation des marchés n’a pas été conforme aux pratiques en vigueur, de sorte que le ministère a pris l’habitude de se substituer au Directeur général de l’Office riz de Ségou, qui par ailleurs, n’a aucune maîtrise des dossiers. Aujourd’hui, l’Office riz de Ségou se trouve presque en cessation de paiement. La réalité est que la BID a rejeté tous les dossiers d’appels d’offres.

De ce fait, les quatre milliards du budget 2012, annoncés et adoptés par le Conseil d’administration, se révèlent n’être que bluff. Les fonds du PADER TKT ne seront pas mobilisés. La contrepartie malienne de financement a déjà servi à passer les marchés de véhicules non livrés depuis un an. Il semblerait que le ministre et le Directeur ont attribué ce marché à un de leurs amis qui est l’envoyé du ministre.

Concernant les dossiers d’appel d’offres, les travaux de réalisation de 1271 ha en maîtrise totale de l’eau dans le casier de Tien Konou, la réhabilitation du casier de Tamani pour 2 200 ha et le rééquilibrage du canal principal de Dioro sur 20,7 km, tous ces travaux ne pourront plus être réalisés avant 2013. Telles sont les conséquences de la mauvaise gestion du ministre délégué auprès du Premier ministre en charge du développement intégré de l’Office du Niger, Abou Sow et du Directeur fantoche qu’il a fait nommer à ce poste en tordant la main au Président ATT.

Ce Directeur n’avait jamais travaillé dans le domaine des aménagements hydro-agricoles, si ce n’est son petit séjour à l’Office riz de Ségou (ORS) où il a consacré l’essentiel de son temps à la politique, plutôt qu’au suivi de ses dossiers.

Au lieu de s’occuper de ce gros préjudice pour l’Etat malien, le ministre Abou Sow préfère être à l’Office du Niger où il a mis en place tout un système de gestion avec son ami directeur. Pour preuve, tous les marchés sont présidés ou négociés par son envoyé. A cet effet, 13 bâtiments ont été complètement réhabilités à NDébougou en villa de luxe, entièrement équipés de fauteuil en cuir, de réfrigérateur, postes téléviseur avec Canal satellite pour préparer une visite du Président Amadou Toumani, qui n’a jamais eu lieu. Cette facture est réelle à l’Office du Niger.

Aussi, un contrat de climatisation de tous les bâtiments de NDébougou a été passé avec les indications du ministre à travers son envoyé habituel. Actuellement, à l’Office du Niger se pose avec acuité un problème d’engrais pour les pépinières de la contre-saison. Les paysans se contentent d’acheter l’engrais D.A.P. à 26 000 Fcfa le sac et l’urée à 18 000 Fcfa. Cette situation est aussi une conséquence de l’affaire Diadié Bâ (une autre affaire où le ministre a tordu la main au chef de l’Etat) qui ne rend pas possible le paiement des cautions pour bénéficier des avantages de l’initiative riz. Ainsi, sera-t-on loin des 23 000 ha prévus pour être réalisés en contresaison à l’Office du Niger.

En outre, l’affaire pomme de terre pour laquelle on a fait trop de tapage finira par révéler les réalités de la propagande, la culture de la pomme de terre ne s’improvisant pas. Elle nécessite un système d’irrigation qui est particulier, différent de celui du riz.

Les résultats des 300 ha de prévision sont attendus. La visite du ministre délégué normalement en cours à l’Office du Niger a prévu 200 invités, au moment où la pomme de terre n’est pas arrivée à maturité dans la plupart des champs. Pourquoi n’arrêtons pas ce cirque jusqu’à la fin de la campagne, au moment des récoltes pour faire l’évaluation ?

Faute d’avoir mis un contenu à la mission, ce département fait de la vision d’ATT, en matière de développement intégré de l’ON, une coquille vide. Dans les différentes structures, sont nommés des responsables malléables à volonté. Le problème au niveau de l’attribution des terres reste encore entier. La publication de la liste de tous les détenteurs de titres à l’ON qui nous avait été promise en 2010 est restée lettre morte et tout ce système a été volontairement brouillé.

En cette période d’insécurité alimentaire, du fait de la faible pluviométrie et de l’insuffisance des terres aménagées, l’ambition du développement doit inciter au travail. Les actes posés par le ministre sont de coupables pratiques. A moins qu’il ne s’agisse d’un moyen pour se remplir les poches à moins de quatre mois avant la fin du régime.

B. Daou

Le Républicain du 24 Février 2012