Partager

Pour amener les décideurs à s’engager dans la gestion de l’environnement et du développement durable, le Réseau de la société civile pour le changement climatique (Reso-climat Mali), un regroupement de 103 ONG et associations de développement lancera le 13 juin une initiative intitulé le « Pacte environnemental ». C’est un contrat moral entre les gouvernants et le peuple malien. En prélude à cet événement, le Reso-climat Mali a organisé une conférence de presse hier jeudi au Centre Djoliba.

Le « Pacte environnemental » qui sera lancé le jeudi prochain au CICB est un engagement entre les citoyens maliens et les décideurs actuels et aspirants à la gouvernance du pays. Il vise à amener les candidats à la présidentielle et aux législatives à manifester leur engagement par la signature publique d’un pacte. Il interpelle les candidats afin qu’ils fassent de l’environnement une priorité de leur projet de gouvernance.

Le Pacte ouvrira le débat en proposant aux candidats dix principes directeurs sur lesquels ils s’engagent. Il s’agit de : une économie vers une logique de durabilité, énergie, agriculture durable ou produire autrement, aménagement du territoire, contrôle des pollutions et des nuisances, pollueur payeur, biodiversité, santé, politique nationale et internationale.

Le Pacte veut que le président de la République du Mali prenne désormais publiquement l’engagement de faire de la gestion de l’environnement et du développement durable une priorité de l’action gouvernementale.

Les organisations de la société civile s’engageront à œuvrer dans la mise en place d’un partenariat avec le président de la République afin de l’appuyer et l’assister dans ses actions tout en jouant leur rôle de comité de veille au respect des engagements.

« Nous voulons que le prochain président du Mali puisse donner à notre pays une phase de renaissance économique et sociale. Là le développement durable devient un élément essentiel. Le Pacte environnemental permet aux différents candidats qui seront d’accord à signer un engagement moral sur l’essor de l’environnement, la gestion des ressources », a précisé Dr. Ibrahim Togola, président du Réseau de la société civile pour le changement climatique (Reso-climat Mali).

Dans son fondement initial, le Pacte environnemental vise un changement de comportement des décideurs sur les priorités environnementales qui impactent à la fois les populations, la société civile, les gouvernants, les politiques et administratifs avec comme témoin l’opinion internationale.

« Nous pensons que l’environnement est aujourd’hui négligé. Quand on parle d’environnement, on ne voit que le reboisement. Il est aujourd’hui nécessaire qu’on ait un engagement fort des décideurs politiques et administratifs. L’environnement et le développement durable sont la fondation de tout développement », a dit Dr. Togola.

Tout comme les autres pays de la planète terre le Mali de façon beaucoup plus aigüe fait déjà face à des crises environnementales et sociales se manifestant par les problèmes de développement classique (lutte contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire) auxquels sont venus se greffer les impacts négatifs des changements climatiques (sècheresses, précipitations incertaines, déforestations, utilisation inefficiente des terres, perte drastique de la biodiversité et des services éco systémiques, etc.). Pourtant, le Mali comme les autres pays de l’Afrique pauvre, est profondément tributaire des ressources naturelles pour sa croissance et son développement.

A travers, le Pacte environnemental, la société civile veut mesurer l’action gouvernementale. Pour Mohamoud Farka Maïga, chef de groupe adaptation, développement et économie verte, « le meilleur outil de mesure est le pacte que les aspirants à la gouvernance de notre pays doivent signer et s’engager sur l’honneur à le respecter. Le Pacte environnemental est un outil de suivi pour nous sur le plan de l’environnement ».

Sidiki Doumbia

08 Juin 2013