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C’était autre chose qu’une opération de secours, à l’instar de celle qui lui a fait débloquer 900 millions pour les partis politiques.

Si ces derniers sont la base institutionnelle de la démocratie, les PME-PMI en sont la base vitale, tant il est vrai que la démocratie économique est plus importante que la démocratie politique.

C’est elle qui crée la classe moyenne, gage de paix sociale, en procurant un travail suffisamment rémunéré à la majorité de la population laborieuse.

Mais la classe moyenne se plaît dans l’anonymat de l’informel, où elle se croit plus en sécurité. Dans le pays développés, elle a mis des siècles à se constituer et ce fut au prix de guerres interminables.

L’impôt et la taxe, payés aujourd’hui avec un beau civisme en Europe, sont le résultat de ces guerres.

La douane, les corsaires, la compagnie des Indes, tout cela rappelle une longue histoire faite à coups de canons, dont nos Etats, au seuil de la modernité, font aujourd’hui leur part.

Le Rail Da qu’on a échoué à dégager depuis plus de vingt ans, est le symbole de cette peur de se découvrir, de se faire enregistrer par les pouvoirs publics.

Son empire comprend tous ces commerçants, grands et petits, qui se soustraient au fisc par fraude, corruption ou violence, qu’ils soient importateurs-exportateurs ou détaillants, nationaux ou étrangers, comme l’atteste le procès en cours sur les exonérations.

En vérité, si ATT est l’homme du 26 mars, il est donc celui de la décentralisation et de la bonne gouvernance, ces deux concepts ayant été lancés en même temps que celui du multipartisme, en 1990.

Si, de 1992 à 2002, on a vu et même un peu trop vu le multipartisme, par contre, la décentralisation et la bonne gouvernance se font toujours attendre.

On se souviendra du soulagement de la population lors du départ du président Alpha, accusé d’avoir mal organisé les élections de 1997, ce qui lui avait valu le ressentiment d’une bonne partie de la classe politique regroupée sous le nom de Coppo.

Et il avait, en conséquence, dû renoncer à son projet de modification de la constitution destiné à lui donner la chance d’un troisième mandat.

Imaginé par ATT pour inaugurer le chantier de la bonne gouvernance, le consensus avait, en réalité, trouvé un terrain fertile, préparé par son prédécesseur.

Quant à la décentralisation, malgré les palmes dont certaines instances internationales ont couvert Alpha et son ministre Ousmane Sy, pour sa prétendue réussite au Mali, force est d’admettre qu’elle n’est pas vraiment effective, et qu’elle ne le sera que lorsque des ressources effectives seront mises à la disposition des communes.

Ce sont les taxes et impôts payés par les PME-PMI (dont les commerçants détaillants constituent la grande majorité) qui constitueront ces ressources.

En sortant de l’ombre pour venir toucher leur chèque, ils auront choisi de se faire enregistrer au registre de commerce et d’opérer légalement, au grand bénéfice de la société.

Celui qui ne prend pas de risque, leur a dit ATT, ne gagne pas”. Conseil d’ami et de bon citoyen à suivre.

I. KOITA

03 mars 2006.