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Selon lui, il y a, certes, des poches de difficultés alimentaires à travers le pays, mais il n’y a pas de famine.  » La famine voudrait dire qu’il y a un manque d’aliment pour toute la population, or tel n’est pas le cas au Mali » a-t-il déclaré.

Pablo a salué la stratégie mise en place par le commissariat à la sécurité alimentaire pour limiter au maximum les dégâts.

Mieux, il a révélé que la réponse malienne a impressionné la communauté internationale qui ne cesse de se poser des questions sur les secrets de ce succès.

De son côté, Aguissa Bilal Touré, maire de Bourem Inaly, pour le compte des récipiendaires a salué les différentes activités initiées par l’état pour atténuer la souffrance des populations.

Cependant, il a estimé que les besoins sont loin d’être couverts, même s’il reconnaît que ce qui a été fait est réconfortant.

Néanmoins, Bilal Touré a engagé les responsables communaux de la région de Tombouctou à une gestion rigoureuse des stocks reçus afin d’assurer la pérennité des banques de céréales.

A l’instar des autres Etats de la bande sahélienne, la faible pluviométrie et l’agression l’année dernière des criquets pèlerins ont plongé le Mali dans un déficit céréalier de 347000 tonnes.

Dès les récoltes de la campagne agricole 2004-2005, le Système d’alerte précoce (SAP) a déclaré 103 communes en difficultés alimentaires et 83 autres en difficultés économiques. A l’époque, le SAP avait estimé que plus d’un million de personnes étaient concernées.

Les experts du SAP ont eu à formuler une série de recommandations, allant de la distribution gratuite à la mise en place de banques de céréales, en passant par les offres publiques de vente et les ventes d’interventions de l’OPAM.

Dès Novembre 2004, le gouvernement a décidé d’exécuter les recommandations du SAP malgré l’opposition de certains partenaires. Ce refus des autorités maliennes de se laisser dicter une conduite à tenir pourrait en grande partie expliquer le succès que tous saluent aujourd’hui.

Ainsi, pour sauver des milliers de vies, l’Etat a mis à contribution son stock national de sécurité alimentaire de 3500 tonnes et son fonds de sécurité alimentaire de 5,5 milliards de FCFA.

Aujourd’hui, s’il ne reste pratiquement rien du stock national de sécurité et du fonds national de sécurité, le Mali est parvenu à sauver ses populations d’un désastre avec le concours de partenaires qui sont mobilisés, à ses côtés.

Avec les pluies qui annoncent une campagne agricole plus prometteuse que celle de l’année dernière, l’Etat et ses partenaires doivent rapidement trouver une stratégie pour reconstituer le stock national de sécurité et le fonds national de sécurité.

En grande partie c’est ce dispositif qui a permis au Mali de franchir ce cap difficile.

Assane Koné
Envoyé spécial

1er septembre 2005.